Le monde des pétroglyphes de Checta

Je me suis toujours vu comme un individu rationnel et scientifique. La science, dans ma philosophie, est une approche méthodologique du monde. Le monde est constitué de causalités qui nous sont externes, et nous ne pouvons que les approximer. Aristote ou Descartes, par exemple, sont bien trop théistes pour moi. Pour Aristote, le fait d'être est un don du divin, la forme est créée. Pour Descartes, c'est la pensée qui est le fait d'un dieu. Mais pour les deux philosophes,…

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Les Qeros, un peuple descendant des Incas mais plus pour longtemps
Photo de Leif Steiner (instagram.com), série Portraits of humanity

Les Qeros, un peuple descendant des Incas mais plus pour longtemps

Trouver une communauté autochtone relève de la gageur dans deux des trois régions péruviennes. L'Amazonie péruvienne, la selva comme disent les Péruviens, abrite plusieurs communautés, tels les fameux Shipibos. La costa quant à elle, la côte ensablée et désertique, recèle bien des trésors archéologiques mais ne comporte aucun groupe d'indigènes. Et enfin, la troisième région, qui coupe en deux le Pérou avec un couteau haut de six mille mètres : la Sierra des légendes oubliées, des hauts plateaux qui se…

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La cosmovision des Bribris du Costa Rica

Dans le sud-est du Costa Rica, débordant un peu sur le Panama, vivent une dizaine de millier de Bribris. Il s’agit d’un peuple autochtone qui a le souvenir de l’invasion espagnole, et dont l’évènement ravageur a été incorporé dans les histoires que les anciens racontent. Les Bribris ont beaucoup changé depuis l’époque des Conquistadors et de la colonisation : la plupart d’entre eux ont un téléphone portable et débattent de comment utiliser (la maigre) manne touristique. Mais certains jeunes sont…

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Les Kogis, ou comment survivre face à la modernité lorsqu’on valorise la tradition

« Lorsque vos scientifiques étudient la terre ou l’eau, c’est uniquement pour en tirer des bénéfices. Lorsque nous les étudions, c’est pour mieux les comprendre et les aider. Vos hydrologues et géologues nous tuent et tuent la Terre Mère ! », me lance dans le noir de la nuit un représentant du peuple kogi, dont je discerne à peine les traits. Me voilà propulsé émissaire de la civilisation occidentale auprès d’un peuple autochtone colombien, mandataire de compagnies d’extractions mortifères que…

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Le chant pour celui qui désire vivre

Qu’est-ce qui rassemble le phoque, l’ours et le loup ? Tous les trois vivent dans les parties nordiques de notre planète, et tous les trois sont les seuls moyens de subsistance des Inuits, peuple présenté dans la trilogie de Jorn Riel, « le chant pour celui qui désire vivre ». Trois épisodes que 500 ans séparent chacun, partant des confins des premières migrations inuits vers le Groenland, jusqu’à notre époque mystèrophobe. Un peu à la manière du monde de Corto Maltese, d’Hugo Pratt, la modernité avec son savoir arrogant a enterré les légendes, les peurs et les exploits d’hommes dont le courage n’avait d’égal que leur goût pour la liberté. La liberté, c’est ce que ce chantent sans faiblir les Inuits depuis des générations, et que nous conte Jorn Riel, explorateur de temps à jamais révolus. A travers « Heq », « Arluk » et « Soré », il explore les mythes et légendes inuits, nous faisant voyager dans le peuple inuit, nous dépeignant un tableau d’hommes et de femmes forts et fragiles à la fois, des légendes qui nous confrontent à notre modernité. Il prend pour cadre une arène de jeu que peu d’entre-nous pourrons jamais voir : le nord du Canada et surtout le Groenland, terre de découvertes et d’aventures. Une analyse pour ceux qui ont eu la chance de parcourir le triptyque glacé.

Les Inuits – « hommes », dans cette langue – sont paradoxalement emplis de tabous, et pourtant aussi libres que l’ours qui hiberne, le loup qui prend son temps pour choisir sa proie, ou le phoque qui cherche le trou idéal pour reprendre sa respiration. Lorsque le voyage est difficile, le voyageur s’arrête et se transforme en sédentaire. Lassé par une vie trop confortable, au bout d’un mois, d’une année et d’une décade, il reprend le chemin du nomadisme. Il mange quand il le peut, chasse, vie et meurt. Il aime, inconditionnellement, mais sans être esclavagiste : il a une, deux ou trois femmes, tout dépend de sa capacité à entretenir ses concubines. Si elles sont mal traitées, elles vont voir ailleurs. Si un autre homme désire l’une d’entre elles, l’affrontement est inévitable. Car la violence est omniprésente, générée par la mouvance des choses; comme les glaces groenlandaises, tout se redéfinit à chaque hiver, à chaque précipitation. Neigera-t-il, ne neigera-t-il pas ? De cela, les esprits décident, l’homme se contentant de faire ce que l’instant et l’instinct lui conseillent de faire. Sa seule responsabilité, c’est lui-même, rien n’est écrit.
(suite…)

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