Critiques de films. J’essaie de les rendres intéressantes.

Mushishi

Une poésie aussi vieille que le monde Qu'est-ce qu'un Mushishi ? La raison dirait "c'est un expert en Mushi". Mais la poésie, qui s'éloigne du rationnel pour rejoindre l'âme, expliquerait que "c'est un maître qui fait tomber des cornes qui poussent à causes de mots d'oreilles". A cheval entre les deux mondes, entre le logique et l'impensable, l'expérimental et l'imaginaire, l'explicatif et le contemplatif, Mushishi est un anime - aussi nommé "japanime", pour film d'animation japonais - qui vogue d'une…

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Ergo Proxy

Pour savoir penser, il faut savoir voyager. Malgré l'affirmation "je pense donc je suis" de l'animé Ergo Proxy, ses prétentions philosophiques sont relativement limitées. Bien que tel un Rousseau, Ergo Proxy clame "c'est de l'homme que j'ai à parler" et que ses références aux philosophes occidentaux s'accumulent tout le long des 23 épisodes (Descartes bien sûr, mais Derrida, Lacan, Husserl, Platon, Rousseau, Sartre, et tant d'autres sont de la partie), le film d'animation japonais n'explore pas sérieusement les différents maîtres…

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Sunshine

Dany Boyle auteur inconstant, réalisateur erratique, ça ne fait aucun doute. Que les mêmes mains soient capables de mouler à la fois the Beach et 28 days later, c'est au mieux surprenant. Mais en se penchant avec plus d'attention ces réalisations, on retrouve un même membrane commune : un certain mysticisme, des questionnements riches prenant hauteur et intelligence, bien que parfois noyés dans un fatras de scènes d'action illisibles. Au demeurant belles, ces scènes, mais qui desservent le propos. Et…

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In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale

dungeon siege burt reynoldsPeut-on être de mauvais goût et insipide à la fois ? Cela n’a aucun sens, pas vrai ? Ca tombe bien, car la dernière oeuvre d’Uwe Boll, défiant toute logique, réussit un tel exploit . Uwe qui ? Mais si, allons, Uwe Boll, c’est BloodRayne (1,2,3 et bientôt 36, pourquoi pas) Alone in the Dark, House of the Dead, Postal , ou encore Far Cry qui sort cette année 2008. Un réalisateur boulimique de travail, qui tourne avec la cadence d’un metteur en scène nippon. Il s’est spécialisé dans les adaptations de jeux vidéos, les enchaînant les unes derrière les autres, s’attirant les foudres de fans en désaccord avec sa « vision », respectant il vrai assez peu – voire pas du tout – la base de ses sources. De tout manière, la critique, le teuton n’en a cure : à ceux qui lui reprochent la mauvaise qualité de ses productions, il les défie de venir le rejoindre sur un ring de boxe. Infantile, le réalisateur allemand serait amusant s’il ne se prenait pas tant au sérieux. Et si, accumulant les films commerciaux, il n’avait pas obtenu un chèque de 60 millions de dollars pour adapter le jeux vidéo Dungeon siege. Ce qui lui a permit de réunir une belle brochette d’acteurs, à l’image de John Rhys-Davies (inoubliable Gimli du Seigneur des anneaux), Ron Perlman (Hellboy, Alien 4), Kristanna Loken (mauvaise déjà dans BloodRayne), Ray Liotta (Les Affranchis, Identity) ou Burt Reynolds. Un tel buget, de tels acteurs, et tout ça pour Boll, c’est une blague ?
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L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Alors que la dernière Frontière américaine s’est effondrée, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l’un des grands criminels de la fin du XIXe siècle, l’inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs héros. Comment un bandit et assassin accède-t-il à un tel statut ? Vu à travers les yeux de celui-là même qui mettra fin à ses jours (mais non à son mythe), une tentative d’explication d’Andrew Dominik dans l’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, qui signe là une oeuvre magistrale, contemplative et sensuelle. Un régal, que le jeu des acteurs, la maîtrise des images (Dominik a été régulièrement comparé à Terence Mallik, c’est dire) assaisonnent pour donner toute sa saveur à ce film hors normes. Il n’est pas dit, après ce long-métrage, qu’on puisse dépoussiérer sans crainte un tableau, ou lire sans paranoïa les titres d’un journal.

jesse james cropfieldJesse James était plus connu à son époque que le président des Etats-Unis. Sudiste convaincu – les Nordistes lui ont fait subir mille maux – il se lance dans les attaques de banques et de trains. Avec pour justification première l’idée de représailles contre le nouveau gouvernement, il ne s’embarrasse plus par la suite d’aucune justification. Un homme troublé, aux motivations vénales et au goût exacerbé pour la violence, mais un homme avant tout. Dans une ouverture lyrique, poétique sur la duplicité et la faiblesse, on découvre le hors-la-loi le plus célèbre du pays évoluant dans son milieu. Il aime ses enfants, mais leur ment. Il aime tuer, mais ne rechigne en rien à prendre du bon temps avec les commerçants de sa ville, dans laquelle il vit sous une fausse identité. Le regard dans le lointain, Jesse James (Brad Pitt) se demande pourquoi la Création l’admire tant; si sa reconnaissance était justifiée, pourquoi souffrirait-t-il autant ? Le spectateur s’interroge, avec lui, sur une Création parfois incompréhensible. Bardés d’émotions dès les premières secondes, il s’engouffre dans des temps lointains, l’époque des mythes et des légendes, un monde de gangster sur fond de plaines désertes.
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The prestige

abracadabra, regardez ma main, je suis deux

Lorsqu’un film est prenant, c’est une splendide baffe. Lorsqu’il est intelligent, c’est un aller-retour sans appel. Que se passe-t-il alors lorsqu’un réalisateur réussi le tour de passe-passe d’orchestrer ce que connaît de mieux le langage cinématographique à la baguette d’une palpitante intrigue ? The Prestige laisse pantois devant tant d’ardeur et d’audace. Et nos joues ne le remercient pas.

the prestige applaudissezLe 5ème long-métrage de Christopher Nolan était attendu. Réalisateur de l’OVNI Memento et du plus classique mais ô combien réussi Batman Begins – capable de nous faire oublier les deux précédents commis par Schumacher -, le moins que l’on puisse dire c’est que Nolan épate. Aime l’esbroufe. Se joue de nous. Court derrière les artifices. Il aime le cinéma, et partage avec talent sa passion de la mise en scène. La scène, le mot est lâché : magie et cinéma se conjuguent de concert sur les planches, et seront inextricablement liées le film durant dans une allégorie appuyée, qui aurait encore gagné en force si elle n’était pas aussi explicite. Qu’importe, sont au rendez-vous les ingrédients les plus imposants du 7ème art, ne faisons pas la fine bouche.

L’histoire rassemble Hugh Jackman (The Fountain, X-Men, Van Helsing) et Christian Bale (American Psycho, Batman 5 & 6), deux magiciens qui se livrent un duel sans merci pour s’épater l’un l’autre. Le film s’ouvre en les montrant patauger dans une petite salle, ne maîtrisant pas tout à fait les rouages artistiques et spectaculaires de la magie, et se poursuit en narrant l’histoire de l’ascension – et de la chute – de ces deux meilleurs ennemis, qui iront de traîtrises en roublardises pour assouvir leurs appétits de reconnaissance, recourant au chantage, au kidnapping, à la prostitution de sa concubine – et ce n’est qu’un bref aperçu sommaire : dans cette course à la lumière des projecteurs, il n’y a pas de seconde place. Le suspense est omniprésent, on se demande quel sera le prochain pion sacrifié pour soumettre l’adversaire.

L’ambiance est froide et les décors sombres, le Londres dans lequel évoluent les protagonistes est sale, mal entretenu, les portes décrépites, une matérialisation de notre imaginaire collectif sur ce que pouvait être une ville industrielle au XIXe siècle, portée par son développement inégal. Les prises de vues sont parfois tellement serrées que se dégage une atmosphère de huis-clos, on plonge dans cet univers de turpitude où rien n’est épargné. Un univers d’obsédés et de perfectionnistes, gangrené par le secret, détruit par l’ambition. Est-ce ainsi que Nolan voit le cinéma ?

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Die Hard 4

Quand les geeks se font botter le derrière

die hard voiture fonçant sur helicoptèreLa série des Die Hard avait toujours été jusqu’ici une référence en matière de films d’action. Sorti une année après le très réussi Leathal Weapon (l’arme fatale). Le personnage John McLane était une invention qui allait se décliner à l’infini : héros désabusé, sauvant la population comme d’autres passent l’aspirateur, mais à la vie privée complètement manquée. Difficile de reprendre son souffle lors des Die Hard; ça allait vite, très vite même : Willis en miettes dès le début, la série tournait au survival movie rapidement. L’humour était omniprésent, le feu d’artifice prenait place dans un déluge d’effets spéciaux. Et pourtant, il y avait un petit quelque chose qui faisait que le spectateur y croyait, qu’il se délectait avec vice de la succession de cascades et explosions. Le scénario était travaillé, ainsi que le personnage principal.

Autant le dire toute de suite, Die Hard 4 ne cumule pas ces qualités. L’idée de présenter Willis héros vieillissant et dépassé par la modernité, en 2007, c’est éculé. Et la série des Leathal Weapon, avec son excellent Mel Gibson, le faisait déjà il y 20 ans. Avec plus d’humour. Par ailleurs, la trame générale (le terrorisme informatique), pour aussi intéressante qu’elle soit dans un monde déjà confronté à ce type de terrorisme d’Etat (qui a dit Russie ?), est ridicule. Télécharger les données des fonds de pensions de tous les Étasuniens ? Splendide, mais une fois que c’est fait, on en fait quoi ? On ne comprend pas en quoi le « coup » peut se solder par un enrichissement. On ne comprend pas pourquoi quelqu’un que personne n’a écouté et s’est par la suite « patriotiquement » révolté, a pu concevoir le système informatique de sauvegarde d’une attaque terroriste. D’ailleurs, il dénonce un mauvais système, alors qu’il le crée lui-même ? Difficile de voir où veut en venir Len Wiseman.

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Rambo

Rambo et son coutelasRambo, aka Rambo IV. Nouveau concentré de violence, idéal pour les adeptes du Moloko de Clockwork orange (Orange mécanique) ? Certainement pas. C’est que derrière le dernier opus de la série, se cache une critique et un regard désabusé sur la guerre, sur l’homme. Après des deuxième et troisième épisode de la série qui portaient aux nues la force brute ? Positif. C’est que derrière la caméra, se cache cette fois-ci Sylvester Stallone, que seuls ceux qui n’ont jamais lu une de ses interviews assimilent à ses rôles de composition. Il n’a rien d’une brute sans cervelle et il le prouve – si besoin était – à nouveau.
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