Saikaku ichidai onna

50 ans avant Dancer in the Dark, Kenji Mizoguchi osait un portrait de femme dévastée à qui la vie n’épargne aucune horreur. Mais là où Lars Von Trier s’arrête, trouvant dans la mort le facile échappatoire aux souffrances endurées, Mizoguchi va plus loin, explore avec férocité toutes les facettes du désespoir féminin dans Saikaku ichidai onna (La vie de O Haru, femme galante, mais les traductions de ce titre diffèrent parfois). Ce film, sans concession ni fioriture, recule paradoxalement là où Von Trier s’avance lourdement, sans finesse; le premier offre une vision d’ensemble qui fait mal à l’âme, alors que le second, drapé de pathos en prêt-à-porter, s’oublie dès les lumières allumées. La hauteur prise par le réalisateur nippon lui permettant un traitement incisif de la condition féminine sans atermoiements superflu. La distance de Mizoguchi évite le sentiment d’être pris en otage comme pour Von Trier, le film de ce dernier ne laissant d’autre choix pour le spectateur que celui d’être mécaniquement ému : beaucoup plus sincère et adroit, Kenji Mizoguchi tranche dans le vif avec une précision et un détachement chirurgicaux, pour qui l’ablation est permanente.

O Haru est une femme qui passera sa vie à chercher « l’amour sincère ». Mise sur cette voie dès son plus jeune âge par un homme de condition inférieure, avec qui elle a traditionnellement l’interdiction d’entretenir toute liaison, elle perdra tout en choisissant de s’adonner à cet amour impossible : une fois leur (courte) relation découverte, son amant lui laissera pour consigne de chercher à tout prix « l’amour sincère », avant d’être décapité par de hauts responsables veillant au respect des bonnes moeurs. Dévastée lorsqu’elle apprendra la nouvelle, O Haru se remettra péniblement de sa mort, gardant à l’esprit ses dernières paroles.
(suite…)

3 commentaires

Dans la peau d’une blonde

C’est l’histoire d’un mec…

commençait Coluche. Eh bien non, ce n’est pas l’histoire d’un mec, mais d’une nana. Une femme, qui se trouve être une amie, qui se présente à un entretien d’embauche. Jusque là, rien de bien exceptionel : travailler pour manger, voilà la condition humaine résumée de manière pas très originale.

Le problème, c’est que cette femme est une femme. En plus d’être une femme femme, c’est une femme blonde. Des cheveux décolorés à la californienne, une vraie blonde (enfin, pour ce que j’en sais, aussi), qui doit subir gags, moqueries, épithètes peu glorieux depuis 5-6 ans. Depuis qu’il est à la mode de chercher la blague ridiculisant le plus cette minorité capillaire. Je ne critique pas, je participe aussi au mouvement.

Si se moquer des blondes est relativement neuf, sous-estimer ou déconsidérer les femmes est une nouveauté bourgeoise. Mai 68 et tout le mouvement féministe ont-ils changé cela ?
(suite…)

4 commentaires

Cerveau de la taille d’un poil

Les poils sous les bras. On peut classer selon le QI, la taille, le poids, les réalisations scientifiques, la femme, les enfants, le salaire, and so on. Mais selon les poils sous les bras ? Franchement, je n'y avais jamais pensé. Grâce à David (toujours à l'affût des bons plans), j'ai découvert avec stupeur qu'un groupe néo-marxiste féministe s'était lancé dans cette catégorisation un poil osée. Il faut le voir pour le croire : écologie libidinale. Toute la "théorie" sur…

0 commentaire