Le pays des milles merveilles qui s’étalent à l’infini de la Sierra Nevada de Santa Marta à l’Amazonie. C’est bien l’El Dorado recherché par les Espagnols, mais ils ne savaient pas où regarder.

Les peintures rupestres d’El Raudal du Guaviare en Colombie

Si vous n'avez jamais entendu parler du département du Guaviare, en Colombie, ne vous le reprochez pas. Il n'y a pas à ma connaissance d'agence de voyage qui mette cette région à son menu, car elle souffre encore d'une sombre réputation. Les Colombiens la craignent, résultat d'une cinquantaine d'années de guerre civile. Et ils ont en partie raison, car il convient de faire attention, du moins lorsqu'on se rend au centre du département du Guaviare. Les seuls Colombiens que l'on y rencontre, à peu d'exceptions près, sont venus à la recherche de travail. La Serranía La Lindosa S'arrêter à cela…

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Sur les hasards de la route de la cocaïne et de la révolution

Guaviare coucher de soleilIl existe deux manières de partir à la rencontre d’un pays. La première, la plus commode, est de se référer aux nouvelles et aux chiffres. La Colombie est à l’origine de 70% de la production de cocaïne mondiale. Fin août 2019, d’anciens leaders des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont déclaré vouloir reprendre les armes pour poursuivre le plus long conflit interne des Amériques. La Colombie souffre de ces deux maux qui s’enchevêtrent toujours plus intimement, c’est un fait indéniable. La deuxième manière de rencontrer un pays, c’est de s’y rendre. La Colombie, c’est une richesse culturelle, naturelle, et humaine hors normes. Mais lorsqu’on se rend dans les tréfonds de l’âme torturée du pays, on découvre aussi, hors des sentiers battus, la complexité de la réalité de la coca et la révolution. C’est une réalité, mais comme toujours, elle aime à se cacher : les chiffres et les nouvelles pour la présenter en masquent sa complexité.
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Les Kogis, ou comment survivre face à la modernité lorsqu’on valorise la tradition

« Lorsque vos scientifiques étudient la terre ou l’eau, c’est uniquement pour en tirer des bénéfices. Lorsque nous les étudions, c’est pour mieux les comprendre et les aider. Vos hydrologues et géologues nous tuent et tuent la Terre Mère ! », me lance dans le noir de la nuit un représentant du peuple kogi, dont je discerne à peine les traits. Me voilà propulsé émissaire de la civilisation occidentale auprès d’un peuple autochtone colombien, mandataire de compagnies d’extractions mortifères que j’ai passé ma vie à combattre. Le coup est rude, mais je suis familier du processus sociologique à l’œuvre. Je…

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