Obama et la continuité de la politique US; révolution programmée ?

Obama est certainement ce qui arrive de mieux aux USA depuis Kennedy. Un souffle d’air frais, une intelligence réellement idéale et non de circonstance uniquement, une empathie qu’on avait jamais vu parmi les politiciens de ces cinquante dernières années. Diplômé en relations internationales et en droit, il a su marier ses années d’éducation avec un militantisme tout d’abord éloigné des querelles politiques. Il est atypique dans l’univers politique étasunien; mais est-ce pour autant qu’un homme seul peut changer un pays tout entier ?

En matière de direction d’un Etat, la démocratie a tendance à placer des espoirs bien trop élevés sur ses dirigeants. Les attentes dépassent la marge de manoeuvre d’un leader politique, soumis à des contraintes invisibles; un homme politique, même élu, doit composer avec la situation crée par son (ses) prédécesseur(s), un contexte économique (et les moyens hérités de celui-ci), des alliances de circonstances, les promesses lancées durant sa campagnes, l’état des relations avec ses partenaires, etc. C’est pourquoi, à l’arrivée, l’électeur est parfois déçu du résultat, il ne comprend pas le décalage entre la volonté affirmer de procéder à des réformes, et le peu d’action entreprises par celui-là même qu’il a élu.

Ainsi, on a tendance à user de ce lieu commun du « ils sont tous pareils », prélude à un « tous des pourris ». Cela pour bien souligner que la classe politique, dans son ensemble, est peu courageuse, et qu’à droite comme à gauche, le statu quo est privilégié. Bonnet blanc ou blanc bonnet, au nom du réalisme, on approche les relations internationales comme une longue suite d’évènements qui se répètent plutôt que comme des ruptures. Et très souvent, c’est à juste titre, les réformes étant par définition plus hasardeuses que le statu quo; dans le premier cas, qui en dehors des devins serait à même de prédire avec certitude les résultats ?
(suite…)

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Pour en finir avec le 11 septembre, le président du 12 septembre

Le 30 septembre dernier, Thomas Friedman s'est fendu d'un éditorial qui, sans représenter à lui seul tous les Etasuniens, donne une bonne idée de la remise en question qui agite aujourd'hui bien des esprits au pays de l'Oncle Sam. Il est temps de se rappeler que les USA sont une démocratie si forte, qu'elle est capable de nourrir une opposition en son sein. C'est également une démocratie qui partage tant de nos valeurs, qu'il serait malvenu d'en rester éloigné. Les…

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Une fois n’est pas coutume

C'est pas dans l'habitude de ce blog, mais j'ai reçu coup sur coup deux démonstrations scientifiques que Bush et Berlusconi n'ont ni les bonnes manières, ni l'intelligence de l'espèce humaine. Il me siérait d'avoir quelque chose sur Blair l'Anglais. Ou sur Barkozy le Français. Je sais, je sais, tout cela ne vole pas très haut, mais le club des B(etas) agace la planète depuis quelques temps déjà, et si certains ont déjà tiré leur révérences, et que d'autres feraient bien…

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President Bush was right

(extrait d'un énervement gratuit, qui fût suivit par d'autres plus longs) Je repense souvent à ce site où j'ai eu l'exquis privilège de m'empoigner avec de nombreux rédacteurs-commentateurs, qui tentaient de m'expliquer que ce faisait Bush était bien, beau, grand, et en avance sur son temps. Que je n'étais qu'un sale gaucho, que la sécurité c'est vachement important, que les médias sont tous à gauche, et que je sous-estime le danger de l'extrémisme islamique. Il n'y a guère plus grand…

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La torture rend sourd

Il existe deux types de personnes susceptibles de se rendre sur un plateau télé : les étudiants (et post-étudiants qui n'ont toujours pas trouvé de boulot) à la recherche de temps à tuer, et les retraités à la recherche d'une occupation. La première catégorie se trouve principalement sur les émissions nocturnes, alors que la seconde accompagne les programmes se levant avec les coqs. A chacun sa chasse gardée. Me rangeant moi-même dans la première catégorie (paragraphe b, même), j'ai chaussé…

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L’Irak face à la guerre civile : « je vous l’avais bien dit »

A un enfant qui, malgré les mises en garde parentales, se serait renversé la casserole d'eau bouillante sur les genoux, on lancerait un "on vous l'avais bien dit". Dans le cas de l'Irak libéré de Saddam Hussein par les USA et pourtant en pleine guerre civile, il serait malavisé de faire montre d'un tel paternalisme. Il n'empêche : les nombreuses mises en garde des intellectuels arabes réfugiés en France, des spécialistes moyen-orientaux, des politiciens opposés à l'invasion de l'Irak, avaient…

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La peur de l’Occident se cristallise – murs de séparations

La Chambre des Représentants US a voté le jeudi 15 décembre au soir une loi autorisant la construction d'un mur - ou plutôt de cinq portions de murs - séparant les USA de leur voisin mexicain. Cela, officiellement pour des raisons de sécurité, mais l'interprétation du Figaro qui y verrait des raisons identitaires n'est pas à négliger. A ne pas négliger non plus : cette loi, à confirmer encore par le Sénat pour être définitivement adoptée, est la première à…

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Les fourberies de monsieur Sca-Bush

Il ne se passe plus une semaine depuis le mois de septembre sans que l'administration au pouvoir à Washington ne fasse parler de ses malversations. Mon amie m'a demandé avec beaucoup d'espièglerie s'il s'agissait de septembre 2001... :) L'ouragan Katrina a eu au moins le mérite de permettre à l'opinion publique étasunienne de se pencher sur ses travers, et surtout sur les travers de ses élus. Bien qu'on ait vu ça et là des attaques absurdes à l'encontre du président…

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