Etre climatosceptique est dangereux et irresponsable

"Sapience n'entre point en âme malivole, et science sans conscience n'est que ruine de l'âme", écrivait Rabelais dans Pantagruel. Phrase avant-gardiste, teintée d'humanisme, mais qui a le mérite, comme il en est pour toute phrase symboliquement forte, de pouvoir être utilisée par tous. A la replacer dans son contexte, où Rabelais prévoyait plusieurs prières quotidienne dans l'éducation de son Gargantua, elle devient soudainement beaucoup moins sympathique. J'en garderai toutefois son interprétation contemporaine, issue des dérives humanistes que la science nous a parfois apportées, pour rappeler ceci : un scientifique ne s'extrait pas, par miracle, du débat politique. Lorsqu'il affirme détenir…

14 commentaires

Laissez travailler les Européens qui se lèvent tôt ! Tant que le soleil se lève, du moins.

Les débats autour de la fiscalité reprennent en Europe, après une bonne décennie de (relative) tranquillité. Tristement, à une décade d'écart, ce sont les mêmes rengaines autour de l'imposition. Car harmoniser la fiscalité, en Europe, c'est au moins aussi compliqué que d'avoir un embryon de constitution. Les droites veulent baisser les impôts directs, les gauches les stabiliser, voir les augmenter. Pourquoi ? Parce que les droites sont libérales : c'est à dire qu'elles espèrent qu'en diminuant les impôts directs (taxe sur le revenu), l'incitation à travailler se fera plus vive. En effet, lorsqu'on voit le résultat en espèces sonnantes et…

7 commentaires

Le prix de l’essence…

… et ses réactions stupides.

Le prix de l’essence atteint des records, bien qu’en termes relatifs, il est encore bien en deçà des années 70, lors des crises pétrolières. Il devient cher de se déplacer, cher de se chauffer, et même si pour l’instant, cela ne s’est pas répercuté en inflation, ça ne devrait pas tarder avec le prix actuel.

Le symptôme est visible, et les causes connues : entrée de l’Inde et de la Chine dans les pays massivement consommateurs de pétrole (pression de la demande), peur de la raréfaction de la matière première (toujours pression sur la demande), vaguement une raréfaction de l’approvisionnement, avec l’Irak devenu simple petit exportateur depuis 1991 (phénomène renforcé depuis 2003, raréfaction de l’offre), et plus récemment le cyclone Katrina qui dévaste des rafineries dans le sud des USA (toujours raréfaction de l’offre). Ces 2 derniers phénomènes sont toutefois à relativiser, puisque l’Arabie saoudite ne cesse d’augmenter son exportation de brut, et peut combler quelques déficits passagers. Toutefois, ce n’est pas parce que aujourd’hui la pétromonarchie peut augmenter sa production et obtenir un résultat, que demain ce sera le cas. Ses capacités productives sont quasiment au maximum, et elle ne pourra pas, quelques soient les gémissements occidentaux, quelques soient les pressions exercées par les USA, aller au-delà.

Conclusion ? Le prix de l’essence va augmenter. L’offre peut encore augmenter, l’Irak peut à nouveau redevenir un grand pays exportateur, mais il faut se rappeler qu’au faîte de sa gloire, le pays ne dépassait pas le 10 % de la production mondiale. L’Arabie saoudite, c’est près de 25 %, et elle est en panne. Donc l’offre aura beau monter d’un chouillat, elle ne comblera pas les problèmes matériels de surplus de demande et psychologique de crainte du consommateur. L’essence, plus que jamais, va être chère.
(suite…)

13 commentaires

Fight Club

(message original du 03-12-1999 @ 01:00:00)

Rien que de repenser à ce film, un sentiment de malaise renait en moi.

David Fincher, avec son acteur fétiche Brad Pitt et avec Edward Norton sous sa houlette fait vraiment ici des merveilles.

Rarement un film m’aura autant bouleversé et « pris aux tripes ». Un film de tous les superlatifs, qui incontestablement a des qualités artistiques, tant au niveau de la réalisation, du scénario (adaptation du roman), de l’éclairage, de la photo, des SFX (bluffants), des qualités techniques qui laissent pantois d’admiration. Il est difficile de refermer la bouche et d’essuyer le filet de…, enfin, de refermer la bouche, tant on reste contemplatif devant ce pur chef d’oeuvre.

Film de la décennie, film du siècle, la question ne se pose pas en ces termes. Mais c’est certainement un film marquant, qui fera référence plus encore que ne l’a fait Seven, tant des innovations scénaristiques et techniques sont apportées ici; le reste, c’est au spectateur qu’il appartient de le juger…

A noter Meat Loaf (le chanteur du tube à succès « anything for love ») dans un rôle plutôt atypique.

Une ambiance terrible, glauque s’impose à votre esprit dès le début du film. Le désespoir insupportable auquel doit faire face le narrateur de l’histoire (son nom ?), un cadre menant une vie monotone, dénuée d’intérêt. Un désespoir dépeint avec une exactitude troublante, voire dérangeante, la perception de la société par la x-generation.

Sa seule passion, son mobilier IKEA, dont il dévore les catalogues comme d’autres fantasment sur Playboy. C’est par son besoin de posséder, par son matérialisme qu’il essaie de combler son vide affectif. Mais rien y fait, il souffre d’insomnies chroniques et désespère.

C’est par hasard qu’il tombe sur des gens aussi désorientés que lui, mais que des maladies aussi diverses qu’étonnantes empêchent de s’intégrer à la société comme tout un chacun. Cette découverte, qui le fait réaliser que sa souffrance n’est pas isolée, et surtout que des gens souffrent plus encore que lui-même, il va l’exploiter, s’en repaître. Le tout est dépeint avec un cynisme rare, un humour noir assez déstabilisant. L’immersion dans le film étant totale à ce moment du film, il est trop tard pour pouvoir prendre du recul; on s’identifie à ce vautour, ce charognard des grandes villes.

Ses insomnies cessent jusqu’à la rencontre de Marla, une paumée marginale qui vampirise tout comme lui la douleur d’autrui. Subitement, il prend conscience de son hypocrisie, et les faux semblants ne lui sont plus d’aucune aide.
(suite…)

1 commentaire