Sarkozy, les promesses n’engagent que ceux qui les croient

En ces temps de raz-de-marée d’affaires, il y aurait beaucoup à écrire, à éclairer. Des torrents de mots à noircir pour se désoler de combien la France de Sarkozy est devenue arrogante, corrompue, égoïste, maladroite : elle se permet par exemple de reprendre une Europe qui s’inquiète de la politique en matière de Roms de l’Hexagone – et des « objectifs » chiffrés d’expulsion – en lui rappelant que « la France est souveraine, et n’a pas de leçon à recevoir ». Elle est incapable de réformer les retraites, mais excelle dans la réforme fiscale – qui oubliera le « bouclier » instauré en pleine crise économique ? Le chef de l’Etat, il est vrai, n’a aucun scrupule à ouvertement profiter des largesses de ses amis fortunés, à s’insulter comme un charretier avec ses administrés à une foire, à user des forces policières pour retrouver le scooter de son fils (hier) et à saisir les services secrets pour retrouver la source indiscrètes des attaques à son ministre Woerth.

La liste est longue, même pour une homme qui n’a jamais caché son arrivisme, son ambition et sa traîtrise. Il a été élu en tout état de cause. Son parcours et ses actions parlaient d’elles-même.

Il y a trois ans pourtant, le président Sarkozy avait surpris. Non seulement par la stratégie politique inventive et couronnée de succès qu’il allait mettre en oeuvre – il éjecte du spectre tous ses ennemis, de l’extrême droite à la gauche extrême -, mais aussi par son discours d’investiture, au soir des résultats de la présidentielle. Le 16 mai 2007, voici ce que déclarait le nouveau président français, reproduis ci-après. Et si les promesses n’engagent que ceux qui les croient, force est de constater qu’un seul point a été respecté : défendre l’identité française.

Chacun jugera si, dans les 15 à 20 mois (en comptant sa campagne de réélection) qu’il a encore à disposition, le président peut rectifier le tir. Lisez plutôt.
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Obama commence à gagner… contre McCain

Barack Obama ne gagne pas seulement des délégués. Il ne raffle pas seulement les super-délégués. Il provoque en plus des défections au sein des adversaires : cinq personnes, et aujourd'hui le responsable de la stratégie publicitaire, ont déjà déserté le camp de McCain, leur admiration pour Obama devenu incompatible avec leur tâche de défendre McCain. McKinnon, le responsable en question, avait déclaré, lors des joutes primaires républicaines, alors que l'avenir d'Obama était encore incertain : "[...] Je crois [que Barack Obama] est honnête et indépendant, et, si il est élu, je pense qu'il enverra un grand message au pays et…

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John McCain, the international relations expert

La course à la présidentielle étasunienne bat sont plein, et les augures sont plus indécis que jamais; Obama et Clinton pour les démocrates, McCain, Romney et Huckabee pour les républicains. Avec un léger avantage pour Clinton chez les « bleus », et un avantage conséquent pour McCain chez les « rouges ».

On nous présente ces élections comme celles du changement : les USA en ont soif, et les 3 candidats qui sont le plus en avance sur la course à l’investiture seraient Obama, Clinton et McCain. Tous les trois, à leur façon, représenteraient une fracture avec l’ère Bush, sur le point de s’achever.

En dehors de la saine naïveté qu’il y a de croire à ce genre de rupture radicale, qui pourrait toutefois être à la mesure du tremblement de terre provoqué par l’arrivée de Zapatero et la défaite de son rival Aznar, il convient rappeler qui est McCain : le plus expérimenté en politique des trois candidats, fin connaisseur des relations internationales, modéré, volà comment on nous le présente. Vraiment ?

Une petite vidéo pour nous rafraîchir la mémoire, montrant un McCain pas si fin qu’on veut bien le croire, où l’on se demande où est passé sa diplomatie fruit d’une expérience plusieurs fois décennale :
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Sarkozy : qui passe au premier coup n’aura pas droit à un second essai

Cette majorité est la plus jeune et la moins « conservatrice » de toutes celles que nous avons eues depuis 1958. Elle sera facile à mobiliser. Elle n'attend que cela. (...) Mais le volontarisme de M. Sarkozy (...) devra répondre aux attentes qu'il a lui-même suscitées et dont tant de garçons et de filles, interrogés dans la nuit de samedi à dimanche, ont montré combien elles étaient fortes (...) Certains jeunes, même, se laissaient emporter par une sorte de délire psychédélique, qui rappelait les utopies de leurs aînés au cours d'un autre joli mois de mai. C'est là le défi,…

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Pourquoi la France va changer le 6 mai 2007

Les élections présidentielles françaises vont être une rupture pour l'Hexagone. Les deux candidats en lice, à gauche comme à droite, sont les représentants d'un nouveau discours, d'une nouvelle façon de faire la politique, et brisent des tabous qui, jusque-là, étaient la règle. Quitte à en perdre l'âme française. Pourquoi peut-on parler de rupture ? Tout d'abord, parce que la population le souhaite. Que ce soit en raison de la peur des immigrés, du chômage, des délocalisations, la France traverse sa plus grande crise existentielle depuis mai 68. Raison pour laquelle Bayrou a obtenu un score aussi important (plus de 18%…

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nous sommes tous des imbéciles

Je vois en ce moment vomitif par excellence, peut-être trois périodes différentes dans les relations d'après-guerre avec les USA. La première concernerait les "USA grandpa", qui dans une lancée idéaliste wilsonnienne, totalement à eux-même, nous offrent un parapluie nucléaire, se lancent dans l'aide (parfois cyniques, parfois typiquement réaliste) de tous les pays succeptibles d'adhérer au monde libre, en apportant démocratie et économie de marché. C'est la période Kennedy "Ich bin ein Berliner", moraliste et idéaliste comme seuls les Etats-uniens peuvent y croire, qui court jusqu'aux attentats du 11 septembre. Car si la chute du Mur est un moment unique dans…

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