Prague, capitale impériale

Il est presque aussi difficile d'entendre parler tchèque au centre ville de Prague, que d'obtenir un sourire d'un indigène. On ne saurait dire qui de l'héritage communiste ou de la mentalité slave est le plus responsable du manque de courtoisie en Bohème. Le résultat est assurément une absence de sens commercial et d'égards pour les touristes, qui malgré tout ne se privent pas de visiter une si ensorcelante cité. On est tenté de fuir les lieux touristiques, de se mettre à l'ombre d'une ruelle peu fréquentée, imaginant que l'absence de visiteurs étrangers rendra le Tchèque plus aimable, que loin des…

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La solennité en concentré

Theresienstadt était l'un des innombrables villages qui fût transformé en ghetto il y a de cela sept décennies. Avec son propre camps de concentration, une forteresse de l'époque des Habsbourg, il répondit aux critères de salubrité voulus par les geôliers à la brune chemise : typhus principal compagnon de chambrée des prisonniers, une toilette pour 100 à 600 locataires forcés, pas de matelas, pas de nourriture; en comptant les pertes consécutives aux déportations vers Auschwitz, une personne sur mille survivait à un tel séjour. La petite localité tchèque, située à quelques 60 Km de la capitale, garde en l'état l'ancienne…

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Big Fish

Dans tout mensonge, il existe une part de vérité.

Jouons franc jeu : il m’est totalement impossible d’être calme, objectif ou dans un état mental serein requis pour l’écriture d’un commentaire cinématographique qui se voudrait neutre sur Tim Burton. Complètement déjanté, il fait partie de cette clique de réalisateurs qui, depuis Eisenstein, n’ont cessés de développer le vocabulaire et la grammaire du 7ème art. Il a compris, aux côté des Fritz Lang, Kubrick ou Welles, que le cinéma n’est pas simplement un montage de photographies superposées les unes sur les autres. Il existe un cadrage, oui, mais les interstices calés entre les scènes sont des univers que « quelques uns » ne savent exploiter; Burton fait partie des « quelques autres », raison pour laquelle il restera, sans doute, parmi les quelques 50 ou 100 réalisateurs qui auront marqués le XXème siècle, le siècle du cinéma. Souvent subversif, anti-conventionnel, sensible, il fait voyager un spectateur qui oublie à chaque fois combien il va cruellement souffrir, lors de l’immanquable retour à la réalité de fin de projection; le monde semble si monochrome, en comparaison, et manque tellement de merveilleux.
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Lost Highway prend temporairement ses quartiers en Afrique

Je ne m'attendais pas à être ensorcelé par l'Afrique. Et je m'attendais encore moins à ce qu'un journal reprenne l'un des messages lâché sur ce blog, mon article sur le prince Asrafo. La vie réserve parfois des surprises. C'est donc un petit journal, comme il en existe des milliers au Togo, appelé "le Républicain" qui a eu la bonne idée de publier "Surprise à Togoville", ma rencontre avec l'héritier du trône. Il faut savoir qu'en Afrique de l'Ouest, presque chaque quartier a son propre journal. Les rues sont remplies de gamins qui vendent des légions de journaux, souvent très engagés.…

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Surprise à Togoville

Il m'aura fallut attendre le dernier jour sur le continent africain pour découvrir, ou plutôt entrevoir, le coeur de l'Afrique. Un coeur si vieux, qu'il bat depuis les premiers baobabs. Un coeur si sage, qu'il ne se gonfle qu'à valve mesurée. L'âge et la sagesse, qui sont associés si souvent dans l'inconscient collectif africain, je l'ai rencontré en la personne d'un jeune homme de 25 ans peut-être, héritier du trône de Togoville, descendant du roi Mlapa. Car comme je l'ai compris au cours de notre trop courte discussion, le fils hérite du savoir du père, le petit-fils de l'arrière-grand-père. La…

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Le Matin, un journal qui tient le cap

Le Matin est le magazine de boulevard suisse : large, rectiligne, il fonce tête baissée en direction du populaire, du nauséabond, sortant de temps à autre presque par hasard une affaire digne d'intérêt, mais en règle générale s'intéressant à mettre en avant les seins d'Angelina Jolie plutôt que les avancées du processus de paix israélo-palestinien. Peter Rothenbuehler, le rédacteur en chef du quotidien, s'est enorgueillit à plusieurs reprises que son journal ne faisait pas dans le trash, ce qui avait prémuni l'Helvétie de toutes vélléités de presse ordurière. Des dérives constatées en France, en Espagne ou en Angleterre ; notre…

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Godfather: Part III, the

A chaque épisode du Parrain correspond une nouvelle génération du XXe siècle : si dans le premier nous sommes dans l'après-guerre, les sixties hantent le deuxième épisode alors que dans le dernier, ce sont les années golden boys qui crèvent l'écran. A chaque nouvel épisode correspond également une génération d'acteurs : Marlon Brando (Vito Corleone) dans le premier, Al Pacino (Michaele Corleone, qui joue également dans la première partie) et Robert De Niro (Vito Corleone jeune) dans le second, et enfin Andy Garcia (Vincenzo Mancini-Corleone) dans le dernier. Enfin, ce sont trois types de violences différents qui sont abordés tout…

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Le chômage après 60 ans : schizophrénie à la suisse

Etre âgé de 50 ans ou plus, et pointer au chômage; une maladie endémique à laquelle nos sociétés occidentales peinent à répondre. Elles empruntent même un chemin qui pourrait empirer les symptômes visibles, puisqu'elles se résolvent progressivement à augmenter l'âge de la retraite (l'Italie et le Danemark l'ont déjà fait ces dernières années, la Suisse, l'Allemagne, l'Angleterre et l'Espagne y songent). Forcer les individus à rester plus longtemps encore sur le marché du travail, alors que les entreprises les tiennent déjà pour trop vieux à 50 ans ? Les experts de la question du chômage comptent ainsi les quinquagénaires parmi…

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