Pourquoi l’écologiste qui s’engage se doit d’être Vert-e

Aux côtés du lieu commun qu'est la sempiternelle phrase "c'est l'atome ou la bougie", le militant vert se voit opposer un autre grand classique : pourquoi "l'écologie" devrait-elle s'intégrer dans la politique ? Pourquoi un parti Vert, plutôt que des partis tentés de vert ? L'écologie n'aurait ainsi pas sa place dans un monde gouverné par l'axe gauche-droite, l'écologie ne devrait pas se plier aux règles idéologiques de la sphère politique. Pour autant que l'idée d'une dépolitisation de l'écologie paraisse séduisante - tous les partis pourraient ainsi intégrer la perspective écologique dans leur programme - on se rend pourtant rapidement…

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Obama et la continuité de la politique US; révolution programmée ?

Obama est certainement ce qui arrive de mieux aux USA depuis Kennedy. Un souffle d’air frais, une intelligence réellement idéale et non de circonstance uniquement, une empathie qu’on avait jamais vu parmi les politiciens de ces cinquante dernières années. Diplômé en relations internationales et en droit, il a su marier ses années d’éducation avec un militantisme tout d’abord éloigné des querelles politiques. Il est atypique dans l’univers politique étasunien; mais est-ce pour autant qu’un homme seul peut changer un pays tout entier ?

En matière de direction d’un Etat, la démocratie a tendance à placer des espoirs bien trop élevés sur ses dirigeants. Les attentes dépassent la marge de manoeuvre d’un leader politique, soumis à des contraintes invisibles; un homme politique, même élu, doit composer avec la situation crée par son (ses) prédécesseur(s), un contexte économique (et les moyens hérités de celui-ci), des alliances de circonstances, les promesses lancées durant sa campagnes, l’état des relations avec ses partenaires, etc. C’est pourquoi, à l’arrivée, l’électeur est parfois déçu du résultat, il ne comprend pas le décalage entre la volonté affirmer de procéder à des réformes, et le peu d’action entreprises par celui-là même qu’il a élu.

Ainsi, on a tendance à user de ce lieu commun du « ils sont tous pareils », prélude à un « tous des pourris ». Cela pour bien souligner que la classe politique, dans son ensemble, est peu courageuse, et qu’à droite comme à gauche, le statu quo est privilégié. Bonnet blanc ou blanc bonnet, au nom du réalisme, on approche les relations internationales comme une longue suite d’évènements qui se répètent plutôt que comme des ruptures. Et très souvent, c’est à juste titre, les réformes étant par définition plus hasardeuses que le statu quo; dans le premier cas, qui en dehors des devins serait à même de prédire avec certitude les résultats ?
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Changement dans le temple du conservatisme

A la surprise générale, le tribun Christoph Blocher, leader officieux (mais non officiel) du parti d’extrême droite suisse dénommé UDC (pour Union démocratique du centre) et Conseiller fédéral helvétique n’a pas été réelu à ce poste. Le parlement lui a préféré Mme Eveline Widmer-Schlumpf, Conseillère d’Etat dans le canton des Grisons.

Malgré le succès sans précédent de son parti, qui a recueilli à peu de choses près 30 % des votes lors de l’élection parlementaire d’octobre dernier, celui qui en défend haut et fort les couleurs se retrouve éjecté de son bureau. Ministre de la justifice, futur président programmé de la Confédération en 2009, le voilà bouté dehors tel un mouton noir.
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UDC, et xénophobie suisse : et si la meilleure arme était l’humour ? Compte rendu manif à Genève

Sans dessus dessous. Voilà le constat du 8 octobre émit par le New York Times, qui explique que la Suisse, qui se targue de son consensus et son climat politique apaisé, ne correspond plus à l'image qu'elle a toujours cultivé. Un collectif de citoyens genevois a décidé le samedi 6 octobre dernier de brandir bien haut la bannière de l'humour, pour rappeler son attachement à des valeurs très différentes de celles prônées par le premier parti politique de Suisse, l'Union démocratique du centre (UDC). Un parti politique très bien représenté au niveau législatif, exécutif, et qui pourtant dénonce un "complot"…

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Redistribution des cartes en politique : les Verts s’imposent en Suisse romande

Lorsque l'analyste ou le journaliste commente un événement relatif au parti des Verts, il est de bon ton de débuter par un jeu de mots. Je sacrifierai toutefois à cette tradition, qui a tendance à infantiliser un parti qui n'a plus rien d'un débutant. En effet, les Verts se sont non seulement professionnalisés, pouvant prétendre aux élections législatives un peu partout en Europe, mais ils sont entrés par la grande porte dans des gouvernements européens (jusqu'à occuper le ministère des affaires étrangères en Allemagne, avec Joska Fischer), conquérant ainsi l'exécutif. Depuis les années 60 et la réflexions des scientifiques du…

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Elections de l’exécutif genevois : Khalil Gibran ou Paul Aymon ?

Je n'en avais pas du tout entendu parler, c'est pourquoi la surprise m'a cueillit avec une douceur inouïe. Un prophète est candidat à l'exécutif genevois ! Voilà à quoi ressemble sa candidature : sobre, mais chrétienne. Loufoque, mais engagée. Incompris, mais christique. Une croix, un "nom de parti" choc, un métier pas assez reconnu de nos jours, Paul Aymon n'y va pas par quatre chemins. Une interview bien faite pour connaître le bonhomme, et vous voilà au courant des dessous de l'affaire : le type est un doux dingue. Assez sympathique au premier abord... Oui, mais je n'ai pas pu…

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