Pourquoi l’écologiste qui s’engage se doit d’être Vert-e

Aux côtés du lieu commun qu’est la sempiternelle phrase « c’est l’atome ou la bougie« , le militant vert se voit opposer un autre grand classique : pourquoi « l’écologie » devrait-elle s’intégrer dans la politique ? Pourquoi un parti Vert, plutôt que des partis tentés de vert ? L’écologie n’aurait ainsi pas sa place dans un monde gouverné par l’axe gauche-droite, l’écologie ne devrait pas se plier aux règles idéologiques de la sphère politique.

Pour autant que l’idée d’une dépolitisation de l’écologie paraisse séduisante – tous les partis pourraient ainsi intégrer la perspective écologique dans leur programme – on se rend pourtant rapidement compte qu’un tel idéal ne saurait se réaliser sans idéologie. Et cela pour deux raisons, que je ferai brèves.

1/ L’écologie n’embrasse pas tous les partis politiques
Tout d’abord, prenez l’extrême-droite UDC: niant le réchauffement climatique (le seul parti à le faire), la ligne du parti national consiste à rejeter systématiquement tout argumentaire écologique. La droite et le centre démocratiques, quant à eux, ne se sont ralliés à ces thématiques que très timidement et très récemment – et avec beaucoup de bémols. Mais ce début de mutation n’est que la conséquence, précisément, de la pression des forces politisés – les Verts et apparentés. Les écologistes des premiers âges ont refusés d’attendre que la société politique se mette sagement à l’heure verte : ils ont choisi de faire entrer le débat pleinement dans l’arène, forçant les autres à suivre, et les résultats ne font que leur donner raison. L’histoire démontre qu’en se politisant, l’écologiste a eu raison. Le passage d’un monde industriel à un monde éco-industriel n’avait rien de naturel, et la pression politique était – et est toujours – vitale.

2/ L’écologie embrasse toutes les sphères de l’individu et de la société
D’autre part, lorsqu’on parle d’écologie, on se réfère à une vision globale et intégrée de l’existence de l’individu et de la société. Préférer le vélo, voire les transports publics, aux bagnoles. Se poser des questions sur le bien-fondé de l’achat d’un nouveau téléviseur haute-définition – en ai-je vraiment l’utilité ? – ou sur les standards écologiques de l’achat – satisfait-il les normes en vigueur ? Ce ne sont que quelques thèmes très simples. Et pourtant déjà se dessinent des actions lourdes de conséquences : chercher à aménager le territoire, redistribuer les ressources de l’État de manière éthique et équitable, forcer les entreprises à se conformer aux labels écologiques, effectuer un travail de sensibilisation convaincu autour du credo « un seule Terre », etc. Économie, social, relations internationales même – tout passe sous le microscope écologique. L’écologie, c’est l’art de bien vivre; ça tombe bien, la politique c’est l’art de faire du bien à la société! Les deux étaient faits pour bien s’entendre.

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Il paraît donc difficile de soutenir que l’écologie devrait rester en dehors du monde politique : la réussite auprès de l’agenda de certains partis voisins et la prise en compte d’une vision intégrée de l’action politique nous démontrent combien les premiers écologistes (s’éclairaient-ils à la bougie, vêtus de peaux de bêtes ?) ont eu raison de chercher à mieux vivre.

Et vous, souhaitez-vous mieux vivre ? La réponse se fera dans les urnes ce week end.

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