Mushishi

Une poésie aussi vieille que le monde Qu'est-ce qu'un Mushishi ? La raison dirait "c'est un expert en Mushi". Mais la poésie, qui s'éloigne du rationnel pour rejoindre l'âme, expliquerait que "c'est un maître qui fait tomber des cornes qui poussent à causes de mots d'oreilles". A cheval entre les deux mondes, entre le logique et l'impensable, l'expérimental et l'imaginaire, l'explicatif et le contemplatif, Mushishi est un anime - aussi nommé "japanime", pour film d'animation japonais - qui vogue d'une rive à l'autre sur le Nil de la vie. Au coeur de Mushishi on trouve l'essence de l'existence, propulsée par…

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Cloverfield, easter eggs et histoire complète

Après m’être extasié sur le bijou venu des profondeurs Cloverfield, quelques bonus. Le film a été décortiqué, analysé, théorisé dans tous ses replis. Voici quelques bonus cachés (easter eggs), images et interview qui me paraissent indispensables pour compléter le film. Ne seront pas recensées les nombreuses fausses pistes, dessins, tags dans la rue, faux sites web qui ont été lâchés en pâture au fil des mois.

La mythologie du film

0. L’attaque

cloverfield tagruato logoTout commence avec l’attaque d’un station off-shore dans l’Atlantique. La station Chuai 1)D’après le nom de l’empereur Chuai ? de la holding agro-alimentaro-médico-spaciale Tagruato a été attaquée par les éco-terroristes de Tidowave. Ces fous furieux, originaires de France, expliquent sur leur blog que Tagruato détruit le fond des océans, qu’aussi forte que soit Mère Nature, elle a besoin d’un coup de main.

La station est à quelques centaines de miles de New York, et pourrait avoir pour objectif, en croisant cette informations avec les activités pharmaceutiques décrites sur la page web de l’entreprise, de récolter des ingrédients au fond de la mer pour développer des produits alimentaires ou pharmaceutiques.
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Notes de bas de page   [ + ]

1. D’après le nom de l’empereur Chuai ?

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Requiem for a dream

Hallucinant. C’est le meilleur terme pour définir le deuxième long-métrage de Darren Aronofsky, réalisateur de Pi et The fountain. Un film laboratoire, où toute une palette d’effets de raccords, d’esthétiques visuelles, de mises en scènes sont expérimentées. On aurait pu avoir du Godard, mais au final on a du Lynch. Aussi torturé, fantasmagorique et artistique que ce dernier : un régal pour les sens, mis à mal par un simple film.

Si Requiem for a dream est aussi réussi, c’est parce que son assemblage combine le meilleur du monde onirico-cinématographique. Une musique prenante, une scénario haletant, un montage ravagé, des acteurs au goût d’opiacés. Tout dans le film est construit autour du rêve de la vie, un rêve que l’on mène de bout en bout les yeux ouverts. Bien que Requiem for a dream traite des individus qui choisissent de fermer les yeux sur ce rêve, se réfugiant soit dans un futur impossible, soit dans un passé rassurant.

Mettant sur le même plan l’addiction à la l’héroïne et à la télévision, Aronofsky n’y va pas par quatre chemin : nous voilà embarqués dans une société aux éléments qui fuient la morne réalité qu’elle a à leur offrir. Le fils, Harry Goldfarb, croulant sous le poids du devoir (ne pas décevoir sa mère, remplacer son père, épater son amie), va se lancer dans le trafic de stupéfiants. Quant à la mère, Sara, elle explique dans une scène – malheureusement trop didactique – combien elle se sent seule, combien la vie n’a plus rien à lui offrir. Tous les deux feront le choix, par des chemins a priori diamétralement opposés – le conventionnalisme télévisuel, le révolutionnisme opiacé – d’oublier leur triste existence, dénuée de tout but.
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Rich and strange

Un homme égoïste, Fred, s'ennuie dans sa vie monotone. Heureusement pour lui, le voilà qui hérite d'un paquet d'argent, ce qui lui permettra de voir du monde. La trame est simple, tout comme le film. Filmé sans beaucoup d'imagination, les scènes se succèdent dans une longueur habituelle chez Hitchcock; sauf que là, on trouve le temps long, on est peu intéressé par les découvertes (Paulo) cohelosques du héros. Il va jusqu'au bout du monde, se détachant progressivement de sa vie qui a aussi peu de couleurs que le film, et se rendra compte que ce qu'il cherchait était sous son…

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Spellbound

Une maison de fou pour présenter la psychiatrie; Hitchcock, qui s'intéresse comme un damné à cette discipline encore relativement peu connue du grand public à cette époque, et construit le film brique après brique telle une séance sur le divan. La symbolique est une merveille : de la femme débauchée (la sublissime Rhonda Fleming), jouant aux jeux de cartes et nymphomane, il passe à la psychorigide (Ingrid Bergmann), incapable d'aimer, qui est la psychiatre. L'une et l'autre sont opposées dès les premières images du film, mais Hitch ne suivra que la seconde, puisqu'après tout elle a réussi sa vie. Les…

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Big Fish

Dans tout mensonge, il existe une part de vérité.

Jouons franc jeu : il m’est totalement impossible d’être calme, objectif ou dans un état mental serein requis pour l’écriture d’un commentaire cinématographique qui se voudrait neutre sur Tim Burton. Complètement déjanté, il fait partie de cette clique de réalisateurs qui, depuis Eisenstein, n’ont cessés de développer le vocabulaire et la grammaire du 7ème art. Il a compris, aux côté des Fritz Lang, Kubrick ou Welles, que le cinéma n’est pas simplement un montage de photographies superposées les unes sur les autres. Il existe un cadrage, oui, mais les interstices calés entre les scènes sont des univers que « quelques uns » ne savent exploiter; Burton fait partie des « quelques autres », raison pour laquelle il restera, sans doute, parmi les quelques 50 ou 100 réalisateurs qui auront marqués le XXème siècle, le siècle du cinéma. Souvent subversif, anti-conventionnel, sensible, il fait voyager un spectateur qui oublie à chaque fois combien il va cruellement souffrir, lors de l’immanquable retour à la réalité de fin de projection; le monde semble si monochrome, en comparaison, et manque tellement de merveilleux.
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Idiocracy

Lorsque le réalisateur de Beavis & Butt-head - série animée culte de MTV - se lance dans la réalisation de son deuxième film (après Office Space), on se demande si ce diable de Mike Judge va enfin s'affranchir définitivement du format court. On s'interroge sur les capacités à dépasser le pipi-caca du cinéaste. Le résultat est plutôt mitigé, à l'image de sa série phare qui, raillant la stupidité humaine et médiatique, n'en passait pas moins sur la chaîne teenager MTV. Inconsistant, emplit de contradiction, Idiocracy n'en colle pourtant pas moins de manière stupéfiante à l'évolution des moeurs et des médias,…

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Godfather: Part III, the

A chaque épisode du Parrain correspond une nouvelle génération du XXe siècle : si dans le premier nous sommes dans l'après-guerre, les sixties hantent le deuxième épisode alors que dans le dernier, ce sont les années golden boys qui crèvent l'écran. A chaque nouvel épisode correspond également une génération d'acteurs : Marlon Brando (Vito Corleone) dans le premier, Al Pacino (Michaele Corleone, qui joue également dans la première partie) et Robert De Niro (Vito Corleone jeune) dans le second, et enfin Andy Garcia (Vincenzo Mancini-Corleone) dans le dernier. Enfin, ce sont trois types de violences différents qui sont abordés tout…

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