On peut remonter au Club de Rome. On peut remonter à Élisée Reclus. Toutefois, ce qui m’intéresse le plus sur ce sujet, ce n’est pas de regarder en arrière, mais de réfléchir à ce que l’on peut faire maintenant. C’est un engagement constant depuis vingt ans.

Le lithium au Salar d’Uyuni, l’une des plus grandes merveilles du monde menacée

On pourrait croire que pour se rapprocher des cieux, les sommets montagneux seraient nos meilleurs escaliers, que leurs phalanges dressées retenant les nuages dans leur course offriraient aux alpinistes un spectacle unique de l'union du haut et du bas, entre Ouranos et Gaïa. J'ai découvert qu'il n'en n'est rien : le lieu le plus approprié pour assister à l'enfantement de Chronos et du temps est le Salar d'Uyuni, en Bolivie. Recouvrant de sel une surface de 10'500 km2, le plus…

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L’initiative des multinationales responsables, quand l’hypocrisie et l’ignorance sont des arguments

Les quelques partis politiques qui s'opposent à l'initiative des multinationales responsables peinent à trouver des arguments valides pour contrecarrer les initiants, qui font campagne depuis des années sur le sujet, sont soutenus par des PME, des multinationales, des hommes et femmes politiques couvrant tout le spectre de l'échiquier politique. Pourquoi est-il difficile de s'opposer à cette initiative ? Parce que seuls un déni de la réalité et un cynisme sans faille animent les détracteurs. J'ai eu l'occasion d'échanger avec des…

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L’environnement n’a pas besoin d’être géré

Ceci est une réponse à l'article très profond et bien informé écrit par Stephen Corry, The best conservationists made our environment and can save it. Stephen est le directeur de la formidable ONG Survival International. Il possède une expertise de terrain et une approche philosophique approfondie des peuples autochtones. Il ne tombe pas dans le piège du romantisme du 19e siècle ou du rousseauisme du 18e siècle. Il a développé une philosophie personnelle sur la façon dont la modernité peut…

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La cosmovision des Bribris du Costa Rica

Dans le sud-est du Costa Rica, débordant un peu sur le Panama, vivent une dizaine de millier de Bribris. Il s’agit d’un peuple autochtone qui a le souvenir de l’invasion espagnole, et dont l’évènement ravageur a été incorporé dans les histoires que les anciens racontent. Les Bribris ont beaucoup changé depuis l’époque des Conquistadors et de la colonisation : la plupart d’entre eux ont un téléphone portable et débattent de comment utiliser (la maigre) manne touristique. Mais certains jeunes sont…

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Plaidoyer pour un activisme à tout âge

Je ne cesse de m'interroger face à ces hommes (et certaines femmes) blancs, d'un certain âge, qui se moquent de la jeunesse qui manifeste avec vigueur sur cinq continents pour le climat. Après tout, j'en suis un moi-même, je devrais mieux les comprendre, ces grincheux qui cherchent à percer la moindre contradiction de l'adolescence, qui pourtant en comporte déjà foison, sans avoir à en rajouter une couche supplémentaire. Leur cynisme est si éreintant qu'il m'en fait perdre parfois mon objectivité.…

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Les Kogis, ou comment survivre face à la modernité lorsqu’on valorise la tradition

« Lorsque vos scientifiques étudient la terre ou l’eau, c’est uniquement pour en tirer des bénéfices. Lorsque nous les étudions, c’est pour mieux les comprendre et les aider. Vos hydrologues et géologues nous tuent et tuent la Terre Mère ! », me lance dans le noir de la nuit un représentant du peuple kogi, dont je discerne à peine les traits. Me voilà propulsé émissaire de la civilisation occidentale auprès d’un peuple autochtone colombien, mandataire de compagnies d’extractions mortifères que…

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Des géants décimés pour une poignée d’ivoire, les dessous du braconnage d’éléphants au Kenya

La Tanzanie en 6 ans a perdu 60% de ses éléphants. Si par conséquent rien n’est fait, il ne reste que 4 courtes années pour pouvoir voir des éléphants dans ce pays. La pauvreté, l’appât du gain mâtiné de corruption et l’ignorance forment le triptyque dévastateur menant à la ruine de la mégafaune en Afrique. Tous les pays africains, même les plus soucieux de préserver leur richesse naturelle, sont aujourd’hui confrontés au fléau du braconnage. Afin de mieux appréhender la réalité de la lutte pour sauvegarder ce qu’il reste de la vie sauvage en Afrique, je suis parti pour deux semaines afin de participer à un programme au Kenya de soutien aux Rangers. J’y ai rencontré des héros parfois inconscients des dangers auxquels ils font face, car pour une poignée de dollars ils risquent leur vie pour protéger les derniers géants de la savane. Une rencontre passionnée, marquée de respect pour des gens qui risquent tout sans avoir des moyens à la hauteur de leur tâche.

Elephant braconné dans le parc de Tsavo, KenyaLes éléphants disparaissent de l’Afrique, mais pour la plupart d’entre nous cela ne reste que des chiffres qui se soustraient. Car on ne prend conscience de la valeur d’un éléphant que lorsqu’on voit le cadavre de l’un de ces mastodontes. Un immense sentiment de gâchis se mêle à l’odeur insupportable de la putréfaction. Tout ça pour ça ? 5 tonnes ou plus de viande qui ne seront pas même consommées, des mouches qui s’activent avec frénésie, et l’on remarque à peine la défense manquante de l’éléphant trépassé. Pour quelques kilos d’or blanc (environ 2’000 dollars le kilo sur le marché, mais le prix de vente peut atteindre 30 fois cette somme !), les vrais rois de la jungle se font mettre à mort. Car les braconniers, soucieux d’opérer rapidement, tuent la plupart du temps les éléphants pour une seule défense. Ce n’est que s’ils pensent ne pas avoir été repérés par les rangers qu’ils reviennent par la suite sur le lieu de leur méfait pour s’emparer de la défense restante. Les scrupules, les regrets appartiennent au monde de ceux qui observent les éléphants évoluer sans un bruit dans leur milieu naturel, émerveillés que de si grands animaux puissent se déplacer en silence. C’est cet univers, fermé aux braconniers vénaux, que les rangers du Kenya s’acharnent à préserver.

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Virunga, SOCO, complicité des banques

(English version of the letter to UBS is available here)

Le parc des Virunga est le plus ancien parc naturel d’Afrique. Il abrite les derniers gorilles des montagnes, des pêcheurs qui vaquaient en toute quiètude à leurs activités, et foule d’animaux en voie d’extinction, comme les éléphants. Je ne saurais trop conseiller le documentaire « Virunga », un documentaire qui fait figure de manifeste de combat pour une région où les convoitises de l’entreprise pétrolière « SOCO International » sèment la mort et la corruption, et augmente le braconnage des espèces animales menacées.

L’une des manières de venir en aide à cette région qui n’a franchement pas besoin d’aide extérieure pour avoir des problèmes, c’est d’écrire systématiquement à tous les actionnaires de « SOCO International ». La liste intégrale est disponible ici. Ma banque faisant partie de ces actionnaires, voici ce que je lui ai écrit ce jour. N’hésitez pas à vous en inspirer, mais ce type d’action a déjà mené l’Eglise d’Angleterre à réagir (oui, elle fait partie des actionnaires!). A vous de jouer.
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