On peut remonter au Club de Rome. On peut remonter à Élisée Reclus. Toutefois, ce qui m’intéresse le plus sur ce sujet, ce n’est pas de regarder en arrière, mais de réfléchir à ce que l’on peut faire maintenant. C’est un engagement constant depuis vingt ans.

Laissez travailler les Européens qui se lèvent tôt ! Tant que le soleil se lève, du moins.

Les débats autour de la fiscalité reprennent en Europe, après une bonne décennie de (relative) tranquillité. Tristement, à une décade d'écart, ce sont les mêmes rengaines autour de l'imposition. Car harmoniser la fiscalité, en Europe, c'est au moins aussi compliqué que d'avoir un embryon de constitution. Les droites veulent baisser les impôts directs, les gauches les stabiliser, voir les augmenter. Pourquoi ? Parce que les droites sont libérales : c'est à dire qu'elles espèrent qu'en diminuant les impôts directs (taxe…

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Ni de droite ni de gauche, les Verts ? Pas si simple…

Par manque de temps - et peut-être de motivation - je n'ai pas pu faire paraître dans l'une des éditions du HEI Comet un débat qui me tenait à coeur, à savoir si l'écologie était de droite ou de gauche. Sous la forme de débat, j'aurais souhaité démontrer que bien que non partisanne par définition, la politique écologiste implique une sensibilité politique ancrée à gauche. Récemment, le Secrétaire général du parti des Verts suisses s'est fendu d'un article que j'ai…

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Redistribution des cartes en politique : les Verts s’imposent en Suisse romande

Lorsque l'analyste ou le journaliste commente un événement relatif au parti des Verts, il est de bon ton de débuter par un jeu de mots. Je sacrifierai toutefois à cette tradition, qui a tendance à infantiliser un parti qui n'a plus rien d'un débutant. En effet, les Verts se sont non seulement professionnalisés, pouvant prétendre aux élections législatives un peu partout en Europe, mais ils sont entrés par la grande porte dans des gouvernements européens (jusqu'à occuper le ministère des…

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La grippe aviaire déplume l’homme

L'Europe, après l'Asie, vit un psychodrame depuis maintenant quelques semaines. La grippe aviaire, à l'origine de pas beaucoup plus d'une centaine de morts en 5 ans, est à en croire les quotidiens, la prochaine apocalypse : si les millénaristes se sont trompés pour l'an 2000, on a l'impression que ce n'était que de cinq petites années. On pouvait lire ainsi dans le Temps de vendredi dernier, les propos d'un éditorialiste n'ayant pas froid aux yeux : sans se démonter, il…

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Le prix de l’essence…

… et ses réactions stupides.

Le prix de l’essence atteint des records, bien qu’en termes relatifs, il est encore bien en deçà des années 70, lors des crises pétrolières. Il devient cher de se déplacer, cher de se chauffer, et même si pour l’instant, cela ne s’est pas répercuté en inflation, ça ne devrait pas tarder avec le prix actuel.

Le symptôme est visible, et les causes connues : entrée de l’Inde et de la Chine dans les pays massivement consommateurs de pétrole (pression de la demande), peur de la raréfaction de la matière première (toujours pression sur la demande), vaguement une raréfaction de l’approvisionnement, avec l’Irak devenu simple petit exportateur depuis 1991 (phénomène renforcé depuis 2003, raréfaction de l’offre), et plus récemment le cyclone Katrina qui dévaste des rafineries dans le sud des USA (toujours raréfaction de l’offre). Ces 2 derniers phénomènes sont toutefois à relativiser, puisque l’Arabie saoudite ne cesse d’augmenter son exportation de brut, et peut combler quelques déficits passagers. Toutefois, ce n’est pas parce que aujourd’hui la pétromonarchie peut augmenter sa production et obtenir un résultat, que demain ce sera le cas. Ses capacités productives sont quasiment au maximum, et elle ne pourra pas, quelques soient les gémissements occidentaux, quelques soient les pressions exercées par les USA, aller au-delà.

Conclusion ? Le prix de l’essence va augmenter. L’offre peut encore augmenter, l’Irak peut à nouveau redevenir un grand pays exportateur, mais il faut se rappeler qu’au faîte de sa gloire, le pays ne dépassait pas le 10 % de la production mondiale. L’Arabie saoudite, c’est près de 25 %, et elle est en panne. Donc l’offre aura beau monter d’un chouillat, elle ne comblera pas les problèmes matériels de surplus de demande et psychologique de crainte du consommateur. L’essence, plus que jamais, va être chère.
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Esprit critique qui part en fumée

Mes amis Vincent et Yann en ont déjà débattu par blog interposés. Un peu à l’image de maîtres de château rivaux, les voilà qui se tiraient dessus à boulets rouges, séparés de plus milliers d’électrons de distance.

Les débats entre fumeurs et non-fumeurs sont en règle générale relativement stériles. Chacun défendant son pré carré, ou plutôt son espace d’air carré, il est difficile pour chacun d’entre eux de prendre du recul. Quoi que, je trouve que Vincent fût capable d’une certaine modération, bien que pas IMHO de relativisation.

Pourquoi me relancer là-dedans ? Et d’abord, dans quel camp suis-je ? Qui vais-je donc défendre, à la fin, puisque c’est un débat si polarisé ? Peut-être aucun des deux, puisque le débat est relativement stérile. Ou peut-être justement les deux, puisque je suis un ancien fumeur.

Pas si ancien fumeur que ça : cela doit remonter à deux mois, maintenant. Le prix des cigarettes (j’ai renvoyé les foutus économistes et théories foireuses de l’inélasticité-prix de la demande à étudier des choses plus scientifiques), le souffle quasi-inexistant, marre de ma dépendance sont quelques unes des très nombreuses raisons. Aujourd’hui, il peut m’arriver de fumer une ou deux cigarettes les semaines fastes : ce n’est plus que du concentré de plaisir, et non la réponse à un manque. Ca change tout.

Je regarde depuis d’un autre oeil les fumeurs attablés dans un bistrot, des volutes de brume sèche tentant de me happer dans le cercle de ceux qui sont aujourd’hui considérés non grata. On n’en veut plus. Étonnant retour aux sources pour la cigarette : démarrant sa consommation de masse dans les années 40-50 grâce notamment à Hollywood et l’image de rebelle véhiculée par l’industrie cinématographique, elle finira sa course en représentant toujours le même symbole. Les ados ont encore plus de raisons de s’enfumer, maintenant qu’ils savent que c’est vraiment interdit. Une publicité dont n’avait pas besoin l’industrie du tabac.
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Chronique d’une mort annoncée

- Je comprends pas, professeur, pourquoi n'ont-ils rien fait ? - Vous ne comprennez pas, ou vous ne voulez pas comprendre ? Personne n'était prêt à renoncer à son mode de vie, et l'on était dans une période où le paradigme néo-libéral était à son apogée. Persuadés que l'économie était le ferment des peuples, que comme le disait Montesquieu "le commerce adoucit les moeurs", on ne voulait pas changer de direction. - Pourtant, dès les 25 dernières années du 20ème…

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