Le continent des milles plaisirs et que soit on adore, soit on déteste. Il n’y a pas de place pour le juste millieu, tout est extrême en Afrique.

Se découvrir raciste après avoir été au service des droits humains

Après 18 mois passés dans 5 pays très différents d'Afrique subsaharienne (Kenya, Ethiopie, Cameroun, Côte d'Ivoire, Togo), il ne m'est plus possible de me voiler la face: je suis raciste. Ce constat horifiant est à la mesure de ma surprise. Soyons honnêtes, après 10 ans à oeuvrer à l'amélioriation des droits humains universels depuis sa capitale, Genève, avec des missions et collaborations régulières avec la société civile, les institutions et les gouvernements du monde entier, ce type de révélation détonne et étonne. J'ai longtemps combattu le racisme, mais j'ai réalisé que moi-même j'étais atteint de cette pathologie. Voici mon bref…

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C’est toi qui l’a voulu

C’est au milieu des souris qui dévorrent les miettes de pain rassi que j’ai eu la mauvaise idée de laisser traîner, et quelques fourmis qui parcourent l’écran comme de mauvais pixels, qu’une vague de nostalgie me prends. Les chiens de garde aboient au dehors, seule la pluie les interrompt. Quelques cafards se rappellent à mon bon souvenir de temps à autre, et mes habits séchés au soleil sentent la lessive bon marché. Est-ce qu’il s’agit là de lignes de plaintes, que je terminerai par un @SwissConfederation ? C’est en fait tout le contraire. Mes réflexions, mes voyages, mes discussion, et mes intuitions me poussaient à le faire. Recommencer à zéro, pour plus d’humilité. Restreindre mon train de vie, qui n’avait rien d’exhubérant, mais que je ressentais malgré tout comme de l’opulance. Travailler dans un nouveau combat perdu d’avance, non parce que je pense pouvoir le gagner, mais parce que si ne mène pas la lutte de toutes mes forces, la honte recouvrera mes derniers instants de lucidités. Expérimenter enfin l’Afrique, elle qui m’a tant donné, et à qui je ne pourrai jamais rembourser ma dette.
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Des géants décimés pour une poignée d’ivoire, les dessous du braconnage d’éléphants au Kenya

La Tanzanie en 6 ans a perdu 60% de ses éléphants. Si par conséquent rien n’est fait, il ne reste que 4 courtes années pour pouvoir voir des éléphants dans ce pays. La pauvreté, l’appât du gain mâtiné de corruption et l’ignorance forment le triptyque dévastateur menant à la ruine de la mégafaune en Afrique. Tous les pays africains, même les plus soucieux de préserver leur richesse naturelle, sont aujourd’hui confrontés au fléau du braconnage. Afin de mieux appréhender la réalité de la lutte pour sauvegarder ce qu’il reste de la vie sauvage en Afrique, je suis parti pour deux semaines afin de participer à un programme au Kenya de soutien aux Rangers. J’y ai rencontré des héros parfois inconscients des dangers auxquels ils font face, car pour une poignée de dollars ils risquent leur vie pour protéger les derniers géants de la savane. Une rencontre passionnée, marquée de respect pour des gens qui risquent tout sans avoir des moyens à la hauteur de leur tâche.

Elephant braconné dans le parc de Tsavo, KenyaLes éléphants disparaissent de l’Afrique, mais pour la plupart d’entre nous cela ne reste que des chiffres qui se soustraient. Car on ne prend conscience de la valeur d’un éléphant que lorsqu’on voit le cadavre de l’un de ces mastodontes. Un immense sentiment de gâchis se mêle à l’odeur insupportable de la putréfaction. Tout ça pour ça ? 5 tonnes ou plus de viande qui ne seront pas même consommées, des mouches qui s’activent avec frénésie, et l’on remarque à peine la défense manquante de l’éléphant trépassé. Pour quelques kilos d’or blanc (environ 2’000 dollars le kilo sur le marché, mais le prix de vente peut atteindre 30 fois cette somme !), les vrais rois de la jungle se font mettre à mort. Car les braconniers, soucieux d’opérer rapidement, tuent la plupart du temps les éléphants pour une seule défense. Ce n’est que s’ils pensent ne pas avoir été repérés par les rangers qu’ils reviennent par la suite sur le lieu de leur méfait pour s’emparer de la défense restante. Les scrupules, les regrets appartiennent au monde de ceux qui observent les éléphants évoluer sans un bruit dans leur milieu naturel, émerveillés que de si grands animaux puissent se déplacer en silence. C’est cet univers, fermé aux braconniers vénaux, que les rangers du Kenya s’acharnent à préserver.

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Lost Highway prend temporairement ses quartiers en Afrique

Je ne m'attendais pas à être ensorcelé par l'Afrique. Et je m'attendais encore moins à ce qu'un journal reprenne l'un des messages lâché sur ce blog, mon article sur le prince Asrafo. La vie réserve parfois des surprises. C'est donc un petit journal, comme il en existe des milliers au Togo, appelé "le Républicain" qui a eu la bonne idée de publier "Surprise à Togoville", ma rencontre avec l'héritier du trône. Il faut savoir qu'en Afrique de l'Ouest, presque chaque quartier a son propre journal. Les rues sont remplies de gamins qui vendent des légions de journaux, souvent très engagés.…

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De la liberté en Afrique totalitaire

Au cours de ma découverte de l'histoire européenne, on a eu coutume de m'expliquer que l'individualisme européen fût le fruit du - notamment - siècle des Lumières. Que durant le XVIIIème siècle, période foisonnante d'idées et d'humanisme, que les nobles idéaux des droits de l'homme et de liberté face à l'arbitraire ont contaminé une région soumise jusque-là à l'absolutisme, qu'il soit de caractère religieux ou politique. Ces idées m'ont alors enthousiasmé, me présentant un monde manichéen d'avant, où l'homme était réduit à l'état de serf, et un monde d'après, où il était enfin libre - de se battre, mais libre…

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TourismAfrica – Ambiance de la brousse

TourismAfrica 2006, c'est un événement consacré à la promotion du tourisme en Afrique, qui a lieu à Genève du 10 au 15 septembre 2006. Salon pour les professionnels, les ministères du tourisme viennent présenter leur destination à des investisseurs potentiels, à des organismes internationaux à la recherche d'aide (expertise ou finance) à fournir. Première édition du salon, c'est également une nouveauté dans le genre : il n'existait pas, jusqu'à ce mois de septembre, d'évènement consacré à cette thématique. Peut-être parce qu'il n'est pas toujours facile de travailler avec l'Afrique : hésitations, désistements à la dernière minute, la tâche peut sembler…

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