Requiem for a dream

Hallucinant. C’est le meilleur terme pour définir le deuxième long-métrage de Darren Aronofsky, réalisateur de Pi et The fountain. Un film laboratoire, où toute une palette d’effets de raccords, d’esthétiques visuelles, de mises en scènes sont expérimentées. On aurait pu avoir du Godard, mais au final on a du Lynch. Aussi torturé, fantasmagorique et artistique que ce dernier : un régal pour les sens, mis à mal par un simple film.

Si Requiem for a dream est aussi réussi, c’est parce que son assemblage combine le meilleur du monde onirico-cinématographique. Une musique prenante, une scénario haletant, un montage ravagé, des acteurs au goût d’opiacés. Tout dans le film est construit autour du rêve de la vie, un rêve que l’on mène de bout en bout les yeux ouverts. Bien que Requiem for a dream traite des individus qui choisissent de fermer les yeux sur ce rêve, se réfugiant soit dans un futur impossible, soit dans un passé rassurant.

Mettant sur le même plan l’addiction à la l’héroïne et à la télévision, Aronofsky n’y va pas par quatre chemin : nous voilà embarqués dans une société aux éléments qui fuient la morne réalité qu’elle a à leur offrir. Le fils, Harry Goldfarb, croulant sous le poids du devoir (ne pas décevoir sa mère, remplacer son père, épater son amie), va se lancer dans le trafic de stupéfiants. Quant à la mère, Sara, elle explique dans une scène – malheureusement trop didactique – combien elle se sent seule, combien la vie n’a plus rien à lui offrir. Tous les deux feront le choix, par des chemins a priori diamétralement opposés – le conventionnalisme télévisuel, le révolutionnisme opiacé – d’oublier leur triste existence, dénuée de tout but.
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