Un réalisateur qui a très mal débuté sa carrière avec la très mauvaise idée du Dogme 95. Heureusement, il a passé le reste de sa carrière à ne pas suivre ces préceptes idiots.

Saikaku ichidai onna

50 ans avant Dancer in the Dark, Kenji Mizoguchi osait un portrait de femme dévastée à qui la vie n’épargne aucune horreur. Mais là où Lars Von Trier s’arrête, trouvant dans la mort le facile échappatoire aux souffrances endurées, Mizoguchi va plus loin, explore avec férocité toutes les facettes du désespoir féminin dans Saikaku ichidai onna (La vie de O Haru, femme galante, mais les traductions de ce titre diffèrent parfois). Ce film, sans concession ni fioriture, recule paradoxalement là où Von Trier s’avance lourdement, sans finesse; le premier offre une vision d’ensemble qui fait mal à l’âme, alors que le second, drapé de pathos en prêt-à-porter, s’oublie dès les lumières allumées. La hauteur prise par le réalisateur nippon lui permettant un traitement incisif de la condition féminine sans atermoiements superflu. La distance de Mizoguchi évite le sentiment d’être pris en otage comme pour Von Trier, le film de ce dernier ne laissant d’autre choix pour le spectateur que celui d’être mécaniquement ému : beaucoup plus sincère et adroit, Kenji Mizoguchi tranche dans le vif avec une précision et un détachement chirurgicaux, pour qui l’ablation est permanente.

O Haru est une femme qui passera sa vie à chercher « l’amour sincère ». Mise sur cette voie dès son plus jeune âge par un homme de condition inférieure, avec qui elle a traditionnellement l’interdiction d’entretenir toute liaison, elle perdra tout en choisissant de s’adonner à cet amour impossible : une fois leur (courte) relation découverte, son amant lui laissera pour consigne de chercher à tout prix « l’amour sincère », avant d’être décapité par de hauts responsables veillant au respect des bonnes moeurs. Dévastée lorsqu’elle apprendra la nouvelle, O Haru se remettra péniblement de sa mort, gardant à l’esprit ses dernières paroles.
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Le dogme 95

Le « Dogme 95 » est reproduit ici dans son intégralité… Il a pour but de « s’élever contre le cinéma d’illusion ». Il présente une série de règles statutaires intitulées « Voeu de chasteté » :
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