Jeux d’enfants

(message original du 05-10-2003 @ 19:52:43)

Peut-on mourir d’amour ? L’amour est-il si puissant que seule la mort peut réunir les âmes aimées ? Question banale a priori, maintes et maintes fois traité, avec à chaque fois une réponse différente

Yann Samuell répond pour sa part un oui vibrant. Et non pas à travers une histoire d’un amour qui voudrait des déclarations enflammées ou une tendresse débridée, mais plutôt personnifié par des défis que vont se lancer deux enfants, Julien et Sophie.

Tout commence lorsque Julien découvre que sa mère est malade, gangrenée par un cancer. Immédiatement, à la manière d’une « Amélie Poulain », Julien sombre dans un univers rêveur, où seul lui décide de la réalité. La référence est si forte, que Samuell ne peut s’empêcher d’utiliser les techniques et les effets spéciaux qui sont propre au film de Jeunet (mais ce sera la seule ressemblance avec Amélie Poulain). Julien va croiser par hasard sur son chemin Sophie, une Polonaise brimée par ses camarades, et lui offrir son amitié en lui donnant ce qu’il a de plus cher, un boîte métallique offerte par sa mère.

Sophie, loin d’accepter immédiatement la main tendue, va mettre au défi Julien : un déclic se fait entendre, l’engrenage qui les mènera à des actes destructeurs pour eux et pour leur entourage s’est mis en branle. Les « cap, pas cap » vont dorénavant ponctuer leur existence.

Commençant par de banales jeux d’enfants (faire pipi devant le proviseur, dire des gros mots) on voit bien qu’il y a là plus que des enfantillage, mais une vraie passion qui s’élabore entre les deux. On pourra voir ainsi Sophie, lors de l’enterrement de la mère de Julien, chanter « la vie en rose », chanson primordiale dans la vie de Julien (elle lui rappelle sa mère, justement), devant une assistance outrée, pensant certainement que seule la tristesse est de mise à un tel moment. Julien, lui, retrouve le sourire, Sophie étant dorénavant la seule personne sur Terre capable de lui procurer de la joie.

L’âge venant, les jeux continuant, l’amour enfantin doit logiquement déboucher sur une tendresse et un attachement plus adulte. C’est ce que l’on voit émerger à la fin de l’adolescence, lorsque Sophie se décide à se déclarer à Julien. Mais celui-ci, toujours pris dans le jeu, manquant certainement de maturité, ne souhaite que continuer à se lancer des défis avec son amie d’enfance; mal lui en prend, Sophie va finir par le quitter, et l’idylle en gestation s’arrête là.
(suite…)

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