Articles qui ont été publié ou auraient pu l’être. La valeur informative devrait être supérieure aux autres billets.

Et parfois c’est le style qui compte.

L’épicier turc : Ankara et l’UE

erdogan portrait avec drapeau turque et européenIl est difficile de trouver un sondage qui ne reflète pas dans son résultat la peur de l’épicier turc, futur bouc-émissaire des débats qui vont entourer les négociations d’adhésion d’Ankara à l’Union européenne (UE). Cette caricature ne sera qu’un fac-similé, mais remis au goût du jour, du désormais célèbre « plombier polonais« .

Les négociations entre les deux parties doivent débuter le 3 octobre prochain. La France, à travers son président, semble depuis longtemps réticente à une « entrée précipitée » - 1 -Les négociations avec Ankara ont débuté en 1987. Deux obstacles majeurs minent les tractations entre l’UE et la Turquie : le premier concerne la reconnaissance de l’Etat de Chypre, qui est encore plus problématique depuis que la partie indépendante de l’île est devenue membre de l’Union (en mai 2004), le second la reconnaissance du génocide commis sur le peuple arménien commis par le pouvoir Ottoman lors de la 1ère Guerre mondiale. Deux reconnaissances soit, mais chacune d’entre-elle implique des conséquences bien différentes.
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Notes de bas de page   [ + ]

1. Les négociations avec Ankara ont débuté en 1987.

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Le retour du plombier polonais masqué : il est en Suisse

Votation sur l’accord bilatéral UE-Suisse : Cachez-moi ce plombier que je ne saurais voir

La Suisse s’apprête à voter le 25 septembre 2005 sur l’extension au dix nouveaux membres de l’Union européenne (UE) de la libre circulation des personnes, l’un des volets l’accord bilatéral Suisse-Union Européenne. Sur de nombreux points, l’émotion provoquée par les arguments d’opposition (de droite ou de gauche) n’est pas sans rappeler ce que vient de vivre la France le 29 mai dernier : on y discute beaucoup de plombier polonais.

Face à des discours aux senteurs xénophobes consécutifs aux débats populaires sur le Traité établissant une constitution pour l’Europe (TECE) en France, la réaction de l’office du tourisme polonais à Paris a été exemplaire. Tournant en dérision les dires des détracteurs du traité, elle pouvait même rassurer par son audace. Mais après tout, les Polonais ont eux aussi connu des débats teintés de peur de l’étranger, et ce peu avant son adhésion à l’UE. Peur de perdre la main sur le marché national de l’électricité, peur de devoir assumer le rôle de gardien des frontières européennes, peur de l’immigration ukrainienne, les arguments qui ont fusé de part et d’autre n’atteignaient pas des sommets.

Toutefois, si le débat sur l’Europe, qu’il soit français ou polonais, trouve pour terreau commun la peur, il serait maladroit de penser pouvoir évacuer cette frayeur sans s’y attarder : le malaise est plus profond qu’on ne le croit, il contamine tous les débats européens aujourd’hui. Même les pays hors UE, comme la Suisse.

La Confédération helvétique a pour image bien ancrée dans l’inconscient collectif d’être un eldorado banquier; ce que l’on a tendance à oublier, c’est que si le pays possède le deuxième PIB par tête d’habitant le plus élevé au monde (après le Luxembourg, chiffre 2001 Banque Mondiale), il a aussi dans un de ses cantons un taux de chômage que l’on pourrait cyniquement qualifier d’eurocompatible : 7,5 % à Genève, l’un des deux poumons économiques du pays.

Avec son marché du travail difficile, la crainte de l’ouvrier polonais domine les débats lorsque l’on parle d’Europe dans le montagneux pays. Simple effet boule de neige ou réelle angoisse ? La persistance, la virulence des propos entendus çà et là sont autant d’indices que l’inquiétude n’est pas que passagère. Le parti de l’Union Démocratique du Centre (UDC), première force politique du pays, s’est hissé à cette place à coups de formules expéditives stigmatisant les étrangers, la criminalité galopante, le libéralisme économique débridé.
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