EU and Russia: Triumph of the Weak Will

Here is an article Oksana Chelysheva sent me few days ago. How embarrassing it is for European people.

Stanislav Dmitrievsky, 06.09.2008 (translated from Russian and abridged)
http://www.kasparov.ru

Yesterday, I was asked to formulate my suggestions to European politicians who will take part in the next OSCE meeting on the human dimension. The question I was asked was: « What should European politicians do to defend civic society, civic and political activists in Russia? »

I find it very hard to formulate my recommendations. In response, I would like to pose my own question: « What are European politicians prepared to do? Is Europe prepared to give up some of its comfort for the sake of defending, –not just in words but in deed,– the great principles of freedom enshrined in its constitution? »

I have asked this question many times in recent years. There is no direct answer, yet it seems I know the answer. The latest EU resolution on the conflict between Russia and Georgia testifies that the current generation of European leaders lack not only the readiness to defend their declared « democratic values, » but also an elementary sense of self-preservation.

There is nothing but words. A mountain of words, with which Europe tries to hide its own fear of real action. A paralysis of responsibility. A triumph of the weak will.
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Nos pires peurs deviennent réalité

Oksana Chelysheva est une journaliste et défenseuse des droits de l’homme, dans la lignée d’Anna Politkovskaïa. Le monde sait combien il est dangeureux aujourd’hui de s’opposer au pouvoir du Kremlin; il faut avoir à l’esprit en lisant les lignes suivantes, combien chaque mot met en danger Mme Chelysheva, en pleine ligne de de mire du pouvoir dictatorial russe.

Nos pires peurs deviennent réalité, – Les autorités attaquent en justice ceux qu’elles détestent

par Oksana Chelysheva, depuis le site finrosforum.fi

Le 20 mars 2008, les autorités de Nizhny Novgorod et Arzamas ont lancé une nouvelle vague de raids dans les bureaux de la Fondation de Nizhny Novgorod pour promouvoir la tolérance et dans les habitations de nombreux opposants au pouvoir.

La Fondation pour promouvoir la tolérance est une Organisation non gouvernementale (ONG) russe, qui a été fondée pour continuer le travail de la Société d’amitié russo-tchétchène – aujourd’hui interdite. Cette dernière a toutefois été officiellement (ré)ouverte et enregistrée en Finlande.

La police a confisqué tous les ordinateurs des bureaux de la Fondation. Le bureau a été séquestré. Elle a aussi confisqué le téléphone portable de Stanislav Dmitrievsky, conseiller de la Fondation et président de la Société.

De plus, la police a mené des fouilles dans les appartements de nombreuses personnes associées à la coalition d’opposants « l’Autre Russie » : Ilya Shamazov, Yuri Staroverov, Yevgeni Lygin, Yelena Yevdokimova, Yekaterina Bunicheva et Igor Voronin à Nizhny Novgorod, ainsi que Dmitry Isusov et Maxim Baganov à Arzamas.

Ilya Shamazov, Yelena Yevdokimova et Yury Staroverov font tous partie du personnel de la Fondation.

Après avoir terminé les recherches dans l’appartement de Baganov, les autorités l’ont inculpé pour violation de l’article 282.2 du code pénal (« extrémisme »). Beganov a été interrogé à 3h30 le 20 mars. La police a confisqué son passeport.

Dmitrievsky a demandé au Comité d’investigation de découvrir les raisons de ces raids de masse. Quand j’ai joint Dmitrievsky, il rentrait à peine du Bureau régional du procureur, se rendant dans les locaux du Comité contre la torture de Nizhny Novgorod.

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Si les Russes veulent l’autocratie, qu’ils l’aient – entre stéréotypes et réalités

A un journaliste français qui lui demanda si en éradiquant le terrorisme tchétchène, il ne risquait pas d’éradiquer la population tchétchène elle-même, Vladimir Poutine répondit « si vous voulez devenir un islamiste radical et êtes prêt à vous faire circoncire, je vous invite à Moscou. Nous avons un pays multi-confessionnel, nous avons des spécialistes de cette question et je vous recommande de pratiquer cette opération de façon à ce que rien ne repousse ». Cela se passait lors d’un sommet Union européenne-Russie à Bruxelles, le 11 novembre 2002, en présence d’un Romano Prodi qui peine à cacher son dégoût, et qui pourtant ne pourra condamner l’incident – il « doutera » que Poutine ait réellement proféré ces paroles. A en voir son air médusé, il semble pourtant qu’il ait très bien compris les propos du président russe.

La vidéo de Poutine est disponible. (Malheureusement, on ne voit pas suffisamment Prodi sur ces images)

A côté d’une telle déclaration, la polémique autour du « casse-toi sale con » du président Sarkozy peut sembler inutile. On devrait plutôt s’offusquer du fait que Jacques Chirac, l’ancien président français, ait remis à Poutine la plaque de Grand-Croix de la Légion d’honneur, argumentant devant les journalistes qu’il n’était « pas question de lier » le problème des droits de l’homme en Russie aux relations économiques avec ce pays, en particulier dans le domaine de l’énergie. « Ce sont deux sujets qui n’ont pas de rapport », avait-il expliqué. Quand on sait avec quel empressement Nicolas Sarkozy a félicité Medevev lors de sa récente « élection », on se demande si les journalistes sont capables de discernement dans le choix de leurs sujets.

La 7ème journée du Festival des droits humains était consacrée à la Russie. Un pays qui, selon Mme Oksana Chelysheva, journaliste et militante des droits de l’homme, « fait quotidiennement l’objet de meurtres, extraditions, tortures et condamnations arbitraires ». La liberté d’expression est un vain mot, les journalistes n’ont pas la possibilité d’informer l’opinion publique : « nous ne pouvons pas faire la lumière sur les violations commises par le gouvernement, il nous est impossible de travailler ». La police est extrêmement violente, et l’usage de la force démesurée. Ainsi, lors d’une marche de protestation contre le pouvoir en mars 2007, 10’000 hommes lourdement armés étaient déployés dans la cité russe de Nizhny Novgorod (la troisième ville du pays), avec pour mission la surveillance de 200 manifestants réclamant plus de liberté. A cinquante contre un, on se demande de quoi le Kremlin a-t-il aussi peur.

Les attentats du 11 septembre ont été un prétexte pour restreindre les libertés fondamentales aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, pour envahir l’Afghanistan et l’Irak, c’est une histoire bien connue en Occident. Ce dont on parle moins, c’est à quel point ces attentats, que Poutine a condamné avec la plus grande fermeté, ont été utiles à son administration pour faire taire l’opposition russe. Avec le même résultat que la croisade occidentale, pour Chelysheva : aucune diminution de l’extrémisme, qui au contraire s’en est retrouvé légitimé par celui qui déclarait qu’il irait « buter les terroristes tchétchènes jusque dans les chiottes » (sic).
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