La parole est d’or, le silence d’argent

C’est avec mes doigts que j’écris, avec mon cerveau que je réfléchis, mais la vrai révolution, elle est à chercher dans la langue. C’est avec elle que je communique avec l’autre, que je j’établis des ponts qui sont immédiatement empruntés par moi et par mes interlocuteurs.

Mes doigts sont sourds. Mon cerveau est muet. Ma bouche, elle, a la chance d’être connectée avec mon oreille. C’est un travail d’équipe: action et réaction. Je comprends, et je réagis en fonction. J’adapte, je précise, je compatis.

La parole révèle et crée. Le monde est non pas parce que la lumière fût, mais parce que la parole fut dite. Elle fut dite à quelqu’un. Un homme, une femme, était là pour écouter. Et recevoir. Et dire merci.
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Ergo Proxy

Pour savoir penser, il faut savoir voyager.

Ergo proxyMalgré l’affirmation « je pense donc je suis » de l’animé Ergo Proxy, ses prétentions philosophiques sont relativement limitées. Bien que tel un Rousseau, Ergo Proxy clame « c’est de l’homme que j’ai à parler » et que ses références aux philosophes occidentaux s’accumulent tout le long des 23 épisodes (Descartes bien sûr, mais Derrida, Lacan, Husserl, Platon, Rousseau, Sartre, et tant d’autres sont de la partie), le film d’animation japonais n’explore pas sérieusement les différents maîtres à penser qu’il mentionne, sauf Descartes bien entendu. Des hommages artistiques appuyés sont rendus à Michelangelo (son épitaphe, ses sculptures), le Cuirassé Potemkin (les escaliers en colimaçon interminables), 2001: A Space Odyssey (le plus grand raccord de l’histoire du cinéma, lorsque l’os portée vers le ciel devient vaisseau spatial). Ils sont légion à vrai dire, mais ils sont décoratifs et non explicatifs. Toutefois, loin d’être une pensée superficielle, si l’animé Ergo Proxy ose le syncrétisme c’est pour mieux rappeler que derrière toute la verbosité philosophique (la logorrhée?), un dénominateur commun nous unit tous : nous cherchons tous autant que nous sommes à grandir, évoluer, progresser.

Il est donc difficile de justifier une telle pièce maîtresse de l’animation japonaise qui a pour parti pris de n’accéder qu’en surface et émotionnellement à la pensée. Néanmoins, parce qu’Ergo Proxy est paradoxal, et reste une série bavarde, cumulant des références et des positions pour mieux les détruire, il paraît acceptable d’en décrypter les contours. L’arroseur est arrosé, certes, mais c’est le lot de toute oeuvre d’art qui utilise le support même qu’elle dénonce. Paradoxe, disions-nous. Il ne nous reste qu’à commettre l’impair d’être compliqué pour expliquer le simple.
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