Nouvelle section

Une nouvelle section under heavy construction, celle de cinéma. Je compte créer une page pointant directement sur une base de donnée perso (une réplique mise-à-jour en live de l'imdb), donc ça prendra du temps (on verra mon envie). Julien, si t'es toujours intéressé, sache que tout est prêt pour recevoir tes critiques... :)

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Thin Red Line, the

La croix de guerre, la médaille de la bravoure, et quantité d'autres décorations de mérite sont les symboles qu'on nous assène, sans remords, dans les films de guerre. Oui, parce que la guerre c'est avant tout une histoire d'homme, de courage, de fierté, d'honneur. L'image de guerrier vaillant, le fusil droit comme un "i", partant défendre sa patrie est une espèce d'idéal commun qu'on veut nous faire avaler. Des hommes comme Mallick, ou Peter Kosminsky (Warriors, 1999) tentent de voir…

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Matrix Reloaded

On peut souvent entendre que pour connaître la qualité d’un homme, il faut voir ce qu’il a dans le pantalon. Ca choque, et pourtant on a l’habitude de faire la même chose avec les films, et de regarder ce qu’ils ont dans les effets spéciaux.

De ce côté-là, Matrix Reloaded se rapproche des tous grands, car le seul poste « SFX » dans la rubrique comptable est griffonné d’un $100’000’000. Ahem, il y a parfois des choses indécentes en ce bas monde.

La suite de l’équivalent des chocs pétroliers des années 70 dans le cinéma était, il faut l’avouer, déjà condamnée avant sa sortie. Au contraire de ce qu’on pouvait entendre après l’une des autres trilogies, Lord of the Rings (LOTR), peu s’attendaient à être aussi émerveillés avec la séquelle du révolutionnaire Matrix. Il faut dire que le premier volume avait déclenché un raz-de-marée, que le temps nous permettra de comparer ou nom avec la troisième grande trilogie de ce début de siècle, j’ai nommé Star Wars.

La triple comparaison n’est pas ici gratuite : chaque triptyque contient une proportion ahurissante d’effets spéciaux, chacun a une cohorte de zélés fidèles, chacun se veut comme une oeuvre majeure de cinéma.

Mais la relation s’arrête à cela, du moins avec Star Wars; peut-être parce que ce dernier est déjà la suite d’une autre trilogie, ce sont bien les premiers épisodes de LOTR et de Matrix qui ont déchaînés les foules et accessoirement fait couler beaucoup d’encre. Les deux (trois) réalisateurs ont fait le choix de sortir les deux derniers épisodes à une très courte échéance. Mais poussant la scission plus loin, Matrix se veut a connotation philosophique, et LOTR seulement contemplatif.

Matrix première mouture fût une innovation technique sans précédent dans le monde de l’info-cinéma et dans l’esthétique cinématographique. Utilisant une technique française, précédemment testée dans un clip de Daft Punk, les 360° virtuels se sont incrustés dans nos rétines, mais dans nos consciences aussi. De nombreux films y feront référence, l’utiliseront, la parodieront. L’esthétique elle-même, d’un teint verdâtre, les combats, intronisant enfin les cascades hong-kongaises et ouvrant la grande porte à une multitude de films de genre (notamment Tigres et dragons), bref, détracteurs ou amateurs, il faut avoir l’honnêteté de l’avouer, quelques furent les défauts de Matrix, il y eu un avant, il y eu un après. Ce qui prétendent le contraire sont aveuglés par un idéologie boiteuse, et se mentent à eux-mêmes.

Malheureusement, le deuxième opus se révèle une copie en ce qui concerne l’esthétique, ou l’innovation technique. Les frères Wachowski se reposent sur leurs lauriers ? Peut-être, mais au moins ils gardent une certaine cohérence avec leur premier film. Les cascades sont identiques, les combats pareils, sauf peut-être que le super-héros Neo peut maintenant voler; il ne lui manque plus que les collants et la cape rouge, et la ressemblance est telle que je me suis vraiment attendu à le voir faire tourner la Terre, pour remonter dans le passé… à la mort de sa douce. Ce n’est pas une attaque gratuite, je l’ai vraiment pensé (bien qu’un court instant), vu le nombre énorme de clins d’oeils (hommages, diront certains) faits à quantité d’autres films.

L’échec principal de Matrix 2, c’est de ne pas avoir su nous faire oublier la première édition. Nous n’attendions pas de nouvelles techniques à couper le souffle, mais nous rebâcher ad nauseum les mêmes combats, les mêmes effets à tout bout de champs, c’en est réellement lassant. A certains moments, on ne comprend même plus pourquoi les protagonistes se battent, si ce n’est pour faire (beaucoup) bosser les boîtes de SFX. La scène où Neo se bat face à l’armée d’agents Smith aurait pu être délectable (et tendre vers un Being John Malkovitch), mais elle est bêtement longue. C’est simple, le film dure plus de 2h, et les bons deux tiers sont consacrés aux bagarres. Pour un peu, on en regretterait Bruce Lee.
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Jeux d’enfants

(message original du 05-10-2003 @ 19:52:43)

Peut-on mourir d’amour ? L’amour est-il si puissant que seule la mort peut réunir les âmes aimées ? Question banale a priori, maintes et maintes fois traité, avec à chaque fois une réponse différente

Yann Samuell répond pour sa part un oui vibrant. Et non pas à travers une histoire d’un amour qui voudrait des déclarations enflammées ou une tendresse débridée, mais plutôt personnifié par des défis que vont se lancer deux enfants, Julien et Sophie.

Tout commence lorsque Julien découvre que sa mère est malade, gangrenée par un cancer. Immédiatement, à la manière d’une « Amélie Poulain », Julien sombre dans un univers rêveur, où seul lui décide de la réalité. La référence est si forte, que Samuell ne peut s’empêcher d’utiliser les techniques et les effets spéciaux qui sont propre au film de Jeunet (mais ce sera la seule ressemblance avec Amélie Poulain). Julien va croiser par hasard sur son chemin Sophie, une Polonaise brimée par ses camarades, et lui offrir son amitié en lui donnant ce qu’il a de plus cher, un boîte métallique offerte par sa mère.

Sophie, loin d’accepter immédiatement la main tendue, va mettre au défi Julien : un déclic se fait entendre, l’engrenage qui les mènera à des actes destructeurs pour eux et pour leur entourage s’est mis en branle. Les « cap, pas cap » vont dorénavant ponctuer leur existence.

Commençant par de banales jeux d’enfants (faire pipi devant le proviseur, dire des gros mots) on voit bien qu’il y a là plus que des enfantillage, mais une vraie passion qui s’élabore entre les deux. On pourra voir ainsi Sophie, lors de l’enterrement de la mère de Julien, chanter « la vie en rose », chanson primordiale dans la vie de Julien (elle lui rappelle sa mère, justement), devant une assistance outrée, pensant certainement que seule la tristesse est de mise à un tel moment. Julien, lui, retrouve le sourire, Sophie étant dorénavant la seule personne sur Terre capable de lui procurer de la joie.

L’âge venant, les jeux continuant, l’amour enfantin doit logiquement déboucher sur une tendresse et un attachement plus adulte. C’est ce que l’on voit émerger à la fin de l’adolescence, lorsque Sophie se décide à se déclarer à Julien. Mais celui-ci, toujours pris dans le jeu, manquant certainement de maturité, ne souhaite que continuer à se lancer des défis avec son amie d’enfance; mal lui en prend, Sophie va finir par le quitter, et l’idylle en gestation s’arrête là.
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Fight Club

(message original du 03-12-1999 @ 01:00:00)

Rien que de repenser à ce film, un sentiment de malaise renait en moi.

David Fincher, avec son acteur fétiche Brad Pitt et avec Edward Norton sous sa houlette fait vraiment ici des merveilles.

Rarement un film m’aura autant bouleversé et « pris aux tripes ». Un film de tous les superlatifs, qui incontestablement a des qualités artistiques, tant au niveau de la réalisation, du scénario (adaptation du roman), de l’éclairage, de la photo, des SFX (bluffants), des qualités techniques qui laissent pantois d’admiration. Il est difficile de refermer la bouche et d’essuyer le filet de…, enfin, de refermer la bouche, tant on reste contemplatif devant ce pur chef d’oeuvre.

Film de la décennie, film du siècle, la question ne se pose pas en ces termes. Mais c’est certainement un film marquant, qui fera référence plus encore que ne l’a fait Seven, tant des innovations scénaristiques et techniques sont apportées ici; le reste, c’est au spectateur qu’il appartient de le juger…

A noter Meat Loaf (le chanteur du tube à succès « anything for love ») dans un rôle plutôt atypique.

Une ambiance terrible, glauque s’impose à votre esprit dès le début du film. Le désespoir insupportable auquel doit faire face le narrateur de l’histoire (son nom ?), un cadre menant une vie monotone, dénuée d’intérêt. Un désespoir dépeint avec une exactitude troublante, voire dérangeante, la perception de la société par la x-generation.

Sa seule passion, son mobilier IKEA, dont il dévore les catalogues comme d’autres fantasment sur Playboy. C’est par son besoin de posséder, par son matérialisme qu’il essaie de combler son vide affectif. Mais rien y fait, il souffre d’insomnies chroniques et désespère.

C’est par hasard qu’il tombe sur des gens aussi désorientés que lui, mais que des maladies aussi diverses qu’étonnantes empêchent de s’intégrer à la société comme tout un chacun. Cette découverte, qui le fait réaliser que sa souffrance n’est pas isolée, et surtout que des gens souffrent plus encore que lui-même, il va l’exploiter, s’en repaître. Le tout est dépeint avec un cynisme rare, un humour noir assez déstabilisant. L’immersion dans le film étant totale à ce moment du film, il est trop tard pour pouvoir prendre du recul; on s’identifie à ce vautour, ce charognard des grandes villes.

Ses insomnies cessent jusqu’à la rencontre de Marla, une paumée marginale qui vampirise tout comme lui la douleur d’autrui. Subitement, il prend conscience de son hypocrisie, et les faux semblants ne lui sont plus d’aucune aide.
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Les invasions barbares

(message original du 16-11-2003 @ 01:48:59)

En francophonie, l’accent le plus méprisé est sans conteste le québécois. C’est presque devenu un sport national que de vanner les expressions et autres accent de la Belle-Province.

Pour dépasser ces a-priori somme toute assez primaires, le cinéma est un outil absolument formidable; la force que dégage de ce média, lorsqu’il est bien maîtrisé, est un défi à toute la méfiance que se construit notre espèce vis-à-vis de ce qu’elle ne connaît pas, ne comprend pas.

Les invasions barbares parlent de ce qui est commun à l’être humain : la superficialité, la spiritualité, l’amitié, la paternité, la vanité, l’amour et surtout la mort. On tente donc plus de rapprocher que d’éloigner.

Car les barbares, faut-il le rappeler, sont les étrangers, l’alter : on n’aime pas ce qui est différent, et est différent ce qu’on ne connaît pas. Des images chocs, distillées dans film comme de la nitroglycérine dans un jus de fruit trop doux, nous posent la question de savoir ce que nous comprenons réellement du monde qui nous entoure.

Il y a de nombreuses manières de tenter la quête du Pourquoi : les femmes, la lecture, l’action politique. D’autres de baisser les bras : la drogue, l’hédonisme. C’est une question de choix, mais un choix dans les limites des possibilités offertes par notre enfance, notre éducation. De toute manière, rien ne nous aide vraiment à trouver la raison de notre existence, ni même ne nous rapproche d’une solution à cette quête immémoriale; Denys Arcand semble d’ailleurs nous dire que l’on cherche le sens de la vie ou non, tout n’est que temporisation, on ne fait que repousser notre adieu à ce monde.

La religion, une réponse ? En socialiste convaincu, rationaliste acharné, le protagoniste principal (Rémy Girard) rejette la foi chrétienne aux oubliettes de l’histoire; tant mieux, l’attentat du 11 septembre, montré de près, est une histoire de religion. Ou du moins, la religion sert de faire-valoir, comme toujours depuis deux mille ans.
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Cube

(message original du 17-10-2003 @ 04:04:35) Un homme apparaît dans une salle, apeuré, et nous fait comprendre que l'endroit dans lequel il se trouve n'est pas aussi reposant qu'une semaine balnéaire. D'ailleurs, ça ne manque pas, il va se faire hacher menu dans la seconde qui suit, une centaine de fils à couper le beurre le réduisant en apéricubes pas exactement appétissants. J'ai jamais aimé les rouges, d'ailleurs, et maintenant je sais pourquoi. Les dés sont jetés, le décor se…

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American Beauty

(message original du 15-02-2000 @ 01:00:00) Beaucoup d'avis et de critiques ont déjà été fait sur ce long métrage. Mais tous passent, à mon avis, à côté de la vraie force du film. Un long-métrage qui me semblait trop américanisé, car porté aux nues par les critiques outre-Atlantique, qui raffolent en général plutôt des blockbusters dénués de sens. Mais dans les faits, rien à voir. Le centre névralgique du film, sa pièce maîtresse, n'est en rien une critique de la…

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