Die Hard 4

Quand les geeks se font botter le derrière La série des Die Hard avait toujours été jusqu'ici une référence en matière de films d'action. Sorti une année après le très réussi Leathal Weapon (l'arme fatale). Le personnage John McLane était une invention qui allait se décliner à l'infini : héros désabusé, sauvant la population comme d'autres passent l'aspirateur, mais à la vie privée complètement manquée. Difficile de reprendre son souffle lors des Die Hard; ça allait vite, très vite même…

1 commentaire

Ce que Saakachvili ne nous dit pas sur CNN

Olga Ivanova est stagiaire au New York Times. Dans une tribune, traduite en français ci-après par le courrier international, elle s’indigne du traitement médiatique biaisé du conflit russo-géorgien. Elle est de parti pris, évite de parler du refus de négocier russe, cette arrogance traditionnelle des pays qui n’ont pas besoin de négocier. Mais dans le matraquage médiatique tout sauf objectif qui entoure l’affaire géorgienne, les interviews accordées par Saakachvili et passées en boucle par tous les médias occidentaux, un peu de partialité de l’autre camp ne peut que faire du bien :
(suite…)

0
0

0 commentaire

Cloverfield, easter eggs et histoire complète

Après m'être extasié sur le bijou venu des profondeurs Cloverfield, quelques bonus. Le film a été décortiqué, analysé, théorisé dans tous ses replis. Voici quelques bonus cachés (easter eggs), images et interview qui me paraissent indispensables pour compléter le film. Ne seront pas recensées les nombreuses fausses pistes, dessins, tags dans la rue, faux sites web qui ont été lâchés en pâture au fil des mois. La mythologie du film 0. L'attaque Tout commence avec l'attaque d'un station off-shore dans…

2 commentaires

Rambo

Rambo, aka Rambo IV. Nouveau concentré de violence, idéal pour les adeptes du Moloko de Clockwork orange (Orange mécanique) ? Certainement pas. C'est que derrière le dernier opus de la série, se cache une critique et un regard désabusé sur la guerre, sur l'homme. Après des deuxième et troisième épisode de la série qui portaient aux nues la force brute ? Positif. C'est que derrière la caméra, se cache cette fois-ci Sylvester Stallone, que seuls ceux qui n'ont jamais lu…

0 commentaire

Wanted

Ou : Lorsque qu’un faiseur de vampires russes s’essaie à l’univers des comics

wanted affiche choose your destiny

Timur Bekmambetov avait déjà réalisé Nochnoy dozor (aka Nightwatch). Puis Dnevnoy dozor (aka Daywatch). Il aime les histoires fantastiques, et il le fait savoir au monde entier. La Russie a beau être nostalgique de son glorieux passé impérialiste et s’y réessayer, si l’on veut faire du cinéma a budget, c’est chez l’Oncle Sam que ça se passe; Bekmambetov, dont les canines ont été remarquées outre-pacifique, a signé une adaptation facho-esthétisée qui plaira beaucoup au fans de jeux vidéos, nourris à la Wolfenstein [1]. Scènes aux discours que Joel Schumacher applaudirait des deux mains, l’invraisemblable divertissement a du mal a cacher son coeur malade, même si il palpite à 400 pulsations/minutes.

Pourtant, ça commence plutôt bien : Wesley Gibson (James McAvoy) végète dans un univers inspiré de Fight Club, où il achète des capotes à un son meilleur ami, un meilleur ami qui s’empressera de les utiliser avec sa fiancée. Sur une table (clin d’oeil appuyé) Ikéa. Il est cocu, et il le sait. Mais il se fout de tout. Son âme est vide, plus rien ne l’atteint vraiment; et de se rappeler Edward Norton, le regard creux, faisant des photocopies. Est-ce un hasard que McAvoy ressemble tant au fluet acteur de Fight Club ? Univers carcéral transposé dans un monde de gratte-papier, le début promettait. Mais la suite déçoit. L’histoire qui suit est en effet du pur jus hollywoodien dans ce qu’il a de moins intéressant : des sauts au-dessus de trains, voitures, immeubles, explosions à la Matrix, et, nouveautés esthétisante, balles qui peuvent suivre des trajectoires courbées. On se demande comment est-ce qu’on faisait des films avant l’arrivée du numérique.

(suite…)

Références

  1. Wolfenstein est le premier jeu vidéo « FPS », pour First Person Shooter, pour « jeu où je tire sur tous ce qui bouge ». Son histoire est plutôt controversé, car si le « scénario » du jeu mettait en action un tueur de nazis, certaines images semblaient en faire l’apologie.[]
0
0

0 commentaire

Cloverfield

Excellent film aux contradictions cohérentes : faire The Blair Witch Project avec 30 millions de dollars. Faire une publicité sans précédent pour un film vendu comme étant tourné caméra à l’épaule, et sans stars. Ou encore, faire un film de monstres et donner la parole non à ses preux combattants, mais à quelques obscurs et terrifiés fuyards. Filmer la guerre de Troie en se concentrant sur les galériens.

cloverfield tête de la statue de la liberté

Cloverfield se nourrit admirablement de toutes ses contradictions. Après tout, à ceux qui dénoncent les mensonges sur le réalisme du film (lumière et son trop réussis pour un film amateur, balancements exagérés), son budget démesuré pour un film de ce genre, on peut objecter qu’ils ont perdu de vue ce qu’était le cinéma; un total reformatage de la réalité. Une invention. Chercher ce qui est vrai ou faux là-dedans, alors même que le cinéma ne cherche qu’à réinventer la réalité, cela n’a aucun sens.

On peut ainsi critiquer la crédibilité de telle ou telle scène (le spectateur ne s’est pas senti assez immergé pour y croire), mais certainement pas la manière, la technique ou les moyens utilisés. Tout est artificiel, au cinéma; c’est peut-être la plus grande réussite du 7ème art que de s’être créé des détracteurs l’accusant d’irréalisme dans sa phase de production.

(suite…)
0
0

8 commentaires

Obama commence à gagner… contre McCain

Barack Obama ne gagne pas seulement des délégués. Il ne raffle pas seulement les super-délégués. Il provoque en plus des défections au sein des adversaires : cinq personnes, et aujourd'hui le responsable de la stratégie publicitaire, ont déjà déserté le camp de McCain, leur admiration pour Obama devenu incompatible avec leur tâche de défendre McCain. McKinnon, le responsable en question, avait déclaré, lors des joutes primaires républicaines, alors que l'avenir d'Obama était encore incertain : "[...] Je crois [que Barack…

3 commentaires

Les naturalisations par le peuple ne sont pas démocratiques

Le 1er juin prochain, le peuple suisse s’exprimera si il désire que doter les communes de la possibilité de voter sur la naturalisation d’un étranger. Actuellement, le processus de naturalisation implique un examen administratif pointilleux par les autorités de la personne souhaitant obtenir le passeport à croix blanche. L’initiative lancée par l’Union démocratique du centre (UDC, extrême droite suisse), a toute les chances d’être acceptée par le peuple, selon les sondages. Ce qui mettrait la Suisse dans une situation délicate, car en plus d’avoir dans sa législation une loi contraire aux droits humains (l’égalité de traitement ne serait plus assurée), cette loi serait contraire aux engagements internationaux, notamment la Convention européenne sur les droits de l’homme (CEDH); il ne fait aucun doute que toute personne qui activerait les mécanismes de la Cour européenne gagnerait contre une commune qui lui refuserait la naturalisation par le biais des urnes. En effet, l’initiative précise que tout recours est impossible; une telle disposition est illégale au sens du droit international.

Cette initiative, illégale dans son application, pose toutefois un défi aux partis suisses; comment, en effet, combattre une loi qui veut accorder plus de pouvoir au peuple ? Comment justifier qu’un parti qui demande plus de démocratie, refuse d’accorder des pouvoirs au peuple ? Cela requiert de se poser les bonnes questions, et aborder le fond, et non seulement la forme : qu’entend-on par « démocratie », où commence-t-elle où se termine-t-elle ? Quelques tentatives d’explication.

Le texte

L’initiative populaire soumis au peuple a la teneur suivante :

La Constitution fédérale du 18 avril 1999 est modifiée comme suit :
Art. 38, al. 4 Cst. (nouveau)
4 Le corps électoral de chaque commune arrête dans le règlement communal l’organe qui accorde le droit de cité communal. Les décisions de cet organe sur l’octroi du droit de cité communal sont définitives.

Cette initiative fait suite aux deux recours perdus en 2003 devant le TF par les communes qui naturalisaient leurs étrangers par votation populaire. L’initiative, si elle passe, permettrait aux communes le libre choix de la procédure de naturalisation; soit elles poursuivent leur pratique administrative, soit elles choisissent de recourir au vote des citoyens pour décider de qui ferait un bon Suisse, et qui ne le serait pas.
(suite…)

0
0

0 commentaire