Les chiffres du jour

Aujourd’hui deux chiffres marque l’actualité colombienne:

Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés HCR compte 3 millions de déplacés en Colombie, ce qui positionne le pays au premier rang mondial des déplacés. Pas de quoi être fier bien entendu, mais cela montre une certaine limite la politique militaire actuelle. Le nombre de déplacé a augmenté de manière exponentielle depuis la mise en place de la politique de sécurité démocratique. Un effet contraire criant, alors que la majorité des propriétaires de maison secondaire jouissent d’une meilleure sécurité pour partir en week-end, les plus pauvres sont toujours les premières victimes des combats, de l’existence des groupe armés illégaux… Et le plus étrange est que la majorité des déplacés le sont à  cause des activités paramilitaires. Comment c’est possible, alors que ceux n’existent plus… c’est une grande question à  laquelle ne répond pas le HCR. Il faut dire qu’elle n’est pas payée pour ça!

L’autre chiffre, qui a rien à  voir avec le premier et si vous trouvez un lien ce ne sera pas de ma faute… Le peso colombienne est la monnaie latino américaine qui s’est le plus réévaluée cette année, presque 17% face au dollar. Ce qui est énorme. Toutes les mesure du gouvernement pour essayer de freiner cette réévaluation équivaut à  faire pipi dans un violon. Et pourtant le gouvernement ce donne du mal, mais comme le taux de change colombien est un taux flexible et donc sujet aux fluctuations du marché il ne peut pas grand chose. Les investisseurs étrangers investissent beaucoup, beaucoup beaucoup… à  croire que l’économie colombienne est attrayante….

La banqueroute possible de Chiquita Brand

On se souvient tous du cas de Chiquita Brand, en tous cas on devrait… Cette multinational a marqué du sang colombien une grande partie de ses bananes. En 1997 elle versait 3 centimes de dollar aux paramilitaires par caisse de banane exportée de Colombie. La somme arrive presque à  2 millions de dollar. Largement de quoi s’acheter quelques fusils et un paquet de cartouches, que l’entreprise importait sans difficulté ni problème éthique. Les paramilitaires apportaient en échange la Sécurité, une sécurité toute relative car les paramilitaire de la région d’Uraba se sont plus chargé à  tuer des syndicalistes et à  protéger les route du narcotrafic que d’attaquer la guérilla. On compte entre 10 mille et 20 mille victimes des abus paramilitaires dans la région.

L’entreprise a finalement été jugée et condamnée a payé 25 millions de dollar d’amende… mais aucun centime de cette somme n’est jamais entrée en Colombie, tout est resté bien au chaud dans les caisses des États-Unis. C’est alors qu’un avocat Us, Paul Wolf a commencé a s’intéresser au cas. Ce défenseur des droits de l’homme a réussit a emmené ce cas, une nouvelle fois devant la justice des États unis masi cette fois au nom des victimes colombiennes. Il représente actuellement 1800 familles, toutes vivent dans des conditions de précarité total en partie due au conflit.

Il prétend des réparation d’environ 100 mille dollar par personne de manière négociée avec l’entreprise, selon lui c’est la seule option pour que l’entreprise survive, car un jugement (ou plutôt une série de jugement) pourrait emmener l’entreprise à  la banqueroute. Les preuve sont plus que suffisante pour démontrer la participation de Chiquita Brands dans le financement et le développement des paramilitaires et donc dans le conflit colombien.

Finalement, le jugement qui admettait la responsabilité Chiquita Brands et la condamnait à  25 millions de dollar d’amende sans rien verser aux victimes était un coup fatal à  l’entreprise. Il ne lui reste plus qu’à  réparer les victimes et celles-ci ont neuf années pour se faire connaitre et demander justice aux États-Unis.

Un résumé pessimiste

Ces derniers temps j’ai écrit une petite série de billets innocemment réparti, le but n’étant pas d’être pessimiste, ce n’est pas tellement mon habitude… pourtant…

Le bilan des années de gouvernement d’Uribe est toujours positif, la “quantité” de violence reste largement en dessous de ce qu’elle était avant son arrivée au pouvoir. Cependant le futur qui se profile à  l’horizon ne prédit rien de très bon.

En terme de sécurité Mancuso annonce que les paramilitaires se réarment et ont recommencé leur lutte pour le pouvoir local. En réalité ils n’ont jamais cessé complètement d’exister (suffit de voir les vagues de déplacés) mais il existe de forte chance que la violence augmente à  nouveau. Les cultures de la palme africaine est un des nouveau business de cette mafia.

De la même manière les assassinats et les nouvelles menaces contre l’opposition, contre les syndicalistes et contre les défenseurs des droits de l’homme ne présagent rien de bon dans ce sens. Les groupes auto proclamés “paramilitaires de nouvelle génération” ont commencé leur labeur de “nettoyage”.

En terme d’économie les résultats ont beau être excellent (7% de croissance du PIB en 2007), le futur ne s’annonce pas grandiose. La crise économique aux Etats Unis affecter de plein fouet l’économie colombienne. Sans compter que le traité de libre échange a toute les chances de ne pas passer, ce qui ne devrait pas favoriser les exportations vers ce pays. Le problème est l’énorme dépendance de la Colombie envers les USA. Le gouvernement Uribe n’a, à  aucun moment, cherché la diversification de ses alliés commerciaux. il faut ajouter à  cela qu’il n’y a toujours eu aucun changement structurel, aucune volonté de redistribution à  l’horizon… ce qui n’arrange pas vraiment nos affaires.

De plus, sauf changement de politique de la part du gouvernement la banque centrale devrait perdre son autonomie, ce qui peut permettre de cacher une éventuelle crise pendant quelque temps mais en accentuant les conséquences futures de celle-ci

De la même manière la presse a perdu son esprit critique et dépend totalement du pouvoir exécutif. La politique de sécurité démocratique avait déjà  des malheurs au départ et la liberté de la presse n’a jamais été au top, même si ce n’est pas tout à  fait pour les mêmes raisons…

Alors comme on ne change pas une équipe qui perd, il faut être sûr qu’elle perde (il parait que c’est un dicton marseillais…) Uribe va surement rester encore quelques années au pouvoir. Le parti du président fait les démarches pour changer la constitution et lui n’a rien contre.

La mort annoncée du TLC

Le Traité de Libre Échange (TLC en espagnol) a été négocié il y a quelque temps déjà  entre la Colombie et les États Unis. Mais malgré de longues négociations et de multiples campagnes ce traité est resté bloqué au Congrès des États Unis. La raison en est simple, depuis que la majorité est démocrate, le gouvernement Bush a un peu de mal à  faire passer la pilule Uribe.

Les démocrates critiquent fortement la Colombie et son manque de respect des Droits de l’Homme, particulièrement les assassinats de syndicalistes (17 sont morts depuis janvier). Bien sûr on peut douter de la bonne volonté des congressistes US, mais de la même manière on peut douter du bien fondé du TLC qui met en avant l’exportation de la palme africaine… Nouvelle recette miracle de la mafia colombienne.

Donc partons du principe de bonne foi autant d’un côté que de l’autre, le TLC est bon et les congressistes démocrates sont soucieux de la vie des gens à  l’étranger (enfin pas des citoyens US).

Bush vient de soumettre à  votation le TLC. Au sénat il ne devrait pas avoir de problème, mais au Congrès la réponse est presque garantie négative. La majorité est démocrate et cette majorité suit de manière générale les avis qu’émet la présidente. Cette dernière a annoncé qu’il était bien trop tôt pour soumettre ce traité et qu’elle allait tout faire pour le freiner…

De plus Clinton et Obama se sont tous les deux prononcés contre le TLC avec la Colombie. Bien sûr on peut y voir de l’opportunisme, c’est juste avant les primaires en Pennsylvania, un état qui a été fortement touché par la mondialisation mais quand même…

Ajoutons à  cela l’erreur historique d’Uribe de répondre à  Obama après ses déclarations. Uribe a voulu défendre la Colombie des attaques de ce dernier, l’accusant de ne pas connaitre la Colombie. Une touche d’orgueil de trop (comme d’hab) qui ne devrait pas trop plaire aux démocrates.

Le congrès a maintenant 90 jours pour voter le TLC, et il n’y a presque aucun doute possible le TLC ne passera pas. Il faudra donc recommencer les négociations et il est presque impossible que cela se fasse avant les élections présidentielles… Si les démocrates gagnent, cela risque d’être plus difficile… et si Obama gagne, la bourde d’Uribe devrait prendre une ampleur inespérée.

La Banque Centrale va perdre son indépendance!

billet-de-10000.jpgLa Banque Centrale colombienne, Banco de la Republica, est dirigée par un comité de direction composé de 7 membres: le ministre de l’économie, le gérant de la Banque et 5 autres directeurs. Ces 7 personnages décident ensemble le chemin que doit prendre l’économie colombienne, ou plutôt la politique monétaire, politique des crédits et de change du pays.

Les statut de la Banque Centrale on été écrits en tenant compte de la Constitution de 1991 et permettent au président en place de nommer 2 des 5 directeurs, garantissant l’indépendance de la Banque. La constitution de 1991 qui limitait le mandat du président à  une seule période de 4 ans a été changée par le gouvernement d’Uribe, lui permettant un second mandat.

Ce changement de constitution n’a pas eu d’effet ni sur les autres articles de la constitution ni sur les organismes qui dépendent de cette constitution, malgré une initiative de l’opposition. Les statuts de la Banque Central sont donc restés identiques et le président Uribe a déjà  nommé son troisième directeur, mettant déjà  en péril l’indépendance de cette identité. Mais le plus grave est à  venir il est sur le point de pouvoir en changer quelques autres, ainsi il obtiendrait la majorité absolue dans le comité dirigeant de la Banque.

Il ne reste donc que quelques mois d’indépendance à  la Banque Centrale Colombienne… et hop un petit bout de démocratie qui s’en va discrètement.

PS: pour ceux qui veulent lire un peu sur l’importance de l’indépendance des Banques Centrales dans les démocratie je ne peux vous recommander la bible en la matière: Arend Lijpart, Patterns of Democracy, chapitre 13. Comme il le dit lui même, on a souvent tendance à  sous estimer l’importance de cette indépendance mais lorsque  la Banque Centrale est indépendante et forte elle peut jouer un rôle critique dans le procédé politique.

L’autre côté de la St Valentin

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En Colombie la St. Valentin est la date la plus importante de l’année pour l’industrie florale. Le 14 février représente 12 % des affaires annuelles. C’est environ un million et demi de caisses de rose qui s’envole pour le reste du monde. Pour que tout fonctionne les employés doivent doubler leur temps de travail pendant un mois. Les grosses entreprises embauchent environ 100 mille employés temporaires pendant ce même mois.

L’industrie floral représente 6,6 % du PIB colombien, et les fleurs colombiennes sont, parait-il, réputées pour leur qualité et leur résistance.

Davos, une solution pour le monde !!!

Depuis le Blog du Temps à  Davos

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Tout en haut du centre des congrès, sur un grand mur, les participants du forum de Davos viennent s’exprimer graphiquement (à  l’aide d’un artiste) pour trouver des solutions au prolème du monde. “Sustainability oscars” en forme de carotte, une curieuse représentation de la “supply chain” (gestion de la chaîne logistique)…

Et sinon le futur économique est sombre: L’oracle de Davos
Nouriel Roubini:

On dit souvent que lorsque l’économie américaine éternue, le reste du monde attrape un rhume. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, les Etats-Unis ont une pneumonie!

Et depuis le blog du Figaro:
Je n’aime pas le forum économique social:

e n’aime pas le Forum économique, je crois que cela ne sert à  rien. Ils parlent beaucoup sans qu’on sache vraiment ce qui se passe concrètement

ou encore: Joseph Stiglitz: “les loisirs ont une valeur”

La mesure conventionnelle de la croissance à  travers le produit intérieur brut (PIB) ne permet pas de mesurer le bien être et en plus peut conduire à  prendre de mauvaises mesures de politique économique. Il faut prendre en compte bien d’autres choses, comme l’environnement, les loisirs ».

L’environnement est un bon exemple pour comprendre cela : « les pays émergents ont le sentiment qu’ils sont plus riches grâce à  la croissance, mais leur environnement se dégrade très vite ». Il estime que la qualité de vie est aussi un facteur très important : « Les Américains travaillent plus et plus longtemps que les Français et les Européens. Cela compte. Pour les économistes, les loisirs ont aussi une valeur que le PIB ne mesure pas »

Uribe est passé par là  bas, mais j’ai encore rien trouver sur ses soi-disantes déclarations historiques.

La crise et le reste…

Les temps sont durs, on passe de scandale en scandale; Uribe prépare son 3e mandat, la collecte de signature pour un referendum commence aujourd’hui. Quant à  Chavez il transforme sa vie en mandat, et bien sûr les relations entre les deux sont un peu tendues.

La crise entre Chavez et Uribe a déjà  des effets sur l’économie, la bourse colombienne a commencé sa descente et les actions des entreprises qui exportent en Venezuela sont en pleine chute (-10% dans certains cas). Les spéculateurs colombiens ont étrangement de difficultés pour trouver des devises venezueliennes. Bref la situation est toujours dans le flou, Chavez continue a s’enflammer comme à  son habitude. Le gouvernement colombien s’est un peu clamé, et commence à  chercher des nouveaux marchés… La colère et l’excentricité des chefs d’État n’est jamais bonne pour les affaires.

Pour l’instant, en Colombie c’est Piedad Cordoba, la sénatrice mandatée par le gouvernement colombien pour aller discuter avec les FARC, qui paye les pots casés. Elle est à  moitié accusée de trahison et est menacée de mort. Ce n’est pas impossible qu’elle doivent devoir quitter le pays, la France lui a d’ailleurs proposé de l’accueillir.

Et le reste? … à‡a commence à  aller mieux. Mes copines Marie & Marie sont restées collées à  La Paz avec une fièvre typhoïde pendant plus d’une semaine, mais là  ça va mieux. C’était pas joyeux-joyeux, alors un peu d’encouragement leur fera pas de mal. Malgré tout elles repartent aujourd’hui en direction du Salar d’Uyuni. Alors bon courage les Marie, on est avec vous…

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Et en parlant de voyage, Roberto, un lecteur devenu depuis peu blogueur, part pour quelques mois d’aventure en Amérique du sud. Il rate la Colombie, c’est dommage mais au moins il garde le meilleur pour revenir une autre fois!

Et moi, bin on m’a menti! alors que le semestre est fini et que j’allais crier “vive les vacances” comme il y a 6 mois, que je rêvais de quelques mois de glandouille on vient de me changer mes dates et je dois écrire une connerie de 20 pages (en anglais, les salauds!) pour dans 3 semaines. J’aurais envie de dire “Zobi” mais la dernière fois que j’ai dis ça j’étais en 3º et j’ai pris deux jours complets de colle, depuis je me dis que ça doit être un gros mot!

Sinon n’oubliez pas le concours de Dul.

Uribe, une fois encore.

uribe-para-siempre.GIFTout le monde l’a déjà  dit, redit et répété. Cette fois c’est le Foreign Affairs qui s’en charge. Et le Foreign Affairs c’est n’est pas vraiment un rapport d’ONG, ni des soi-disantes révélations d’une reine de beauté déchue. Uribe passe de plus en plus mal aux USA, ses crises et ses accusations injustifiées font tache dans la bouche d’un président. Il faut dire que d’attaquer la court suprême n’a pas été une bonne idée, l’indépendance de la justice est fondamentale dans une démocratie. De même ses accusations contre des dirigeants de grandes ONG d’avoir des liens avec les FARC n’ont pas tellement plus. Il faut dire que s’attaquer à  Amnesty International de cette façon ce n’était pas très fin.

La liste de ses bourdes est longue, je crois que sur ce blog vous en trouverez pas mal. Le grand problème est que la Colombie (et pas seulement Uribe) a besoin d’échanges commerciales avec les USA, c’est un de ses principal partenaire. Une rupture serait une catastrophe pour l’économie, encore instable de la Colombie. Une autre erreur de ce gouvernement est de ne pas avoir cherché à  diversifier ses partenaires économique, comme le Chili l’a fait par exemple.

Et les USA sont (de toute évidence) capable d’utiliser l’arme économique, le chapitre Samper (président de 94-98) qui a eu des liens avec les narco trafiquants en est une preuve (de plus). Cet épisode est un des plus sombre de la Colombie et explique en partie la pire crise économique de l’histoire colombienne en 1999. Si les USA n’aime plus Uribe et veut le faire partir c’est la Colombie tout entière qui souffre.

Le Traité de Libre Echange est probablement pas près d’être signer, les négociations ont été prolongées jusqu’en février, pendant ce temps Uribe continue ses bourdes, il attaque, une fois encore la cour suprême. Apparemment, il apprend pas.

Il lui reste pourtant un thème, qui pourrait sauver son image international, pour un petit moment en tout cas, l’échange humanitaire. Si I. B. et les 3 étasuniens sont libérés, on oublierait un peu ses crises et ses liens avec les paramilitaires. Il lui faut faire un petit effort, pas évident, mais avec l’aide de son ami Chavez c’est peut-être possible. Un grand dilemme pour Uribe… l’intérêt du pays, ou ses rancoeurs personnelles contre une guérilla qui a tué des membres de sa famille.

l’économie colombienne s’emballe!

Depuis quelques temps les instances économiques colombiennes se préoccupent de la situation. Le dollar a littéralement chuté, passant en dessous de la barre des 2000 pesos. L’inflation s’est légèrement élevée. La Banque centrale préoccupée par l’inflation prit les premières mesures, augmentant le taux que les banques doivent garder en stock lorsque vous déposer de l’argent sur votre compte. Une mesure faite pour limiter les crédits.

Le gouvernement s’est quant à  lui préoccupé pour la chute du dollar (ou la montée du pesos comme vous voulez). Le “lobby” des exportateurs étant relativement présent et puissant. Très vite le gouvernement s’est accordé pour lui donner un subside, pour lui permettre de continuer à  être compétitif sur le marché mondial. à‡a a du sens, sauf si la mesure s’éternise, ce qui, malgré tout, est largement probable.

Ensuite on a eu droit à  une limitation des investissements étrangers, plus ou moins le même jour qu’un journal de business US disait que la Colombie était un des pays en voie de développement les plus intéressant pour investir. C’est vous dire l’effet…

Bref le dollar continu à  baisser. Le stress commence à  monter, aussi vite que la bourse fait des sienne. Les critiques s’élèvent, les mesures sont inefficientes, et la même question revient, que faire?

Les économistes, tous plus diplômé les uns que les autres commencent à  entrer en scène. Il faut faire ci, ça ou sou… cependant rien de bien novateur sous les tropiques. La réévaluation, pourquoi pas? laissez courir le pesos jusqu’à  ce qu’il stabilise, et profiter de ce que peut apporter la réévaluation… un payement de dette par exemple. Même le FMI s’en mêle: la réévaluation n’est pas synonyme de ralentissement économique. Ce qui n’est pas faux, simplement le FMI n’est pas vraiment l’institution qu’on écoute le plus, surtout en Amérique Latine.

C’est là  qu’est sorti une proposition qui retiendra mon attention: la dollarisation. Dans mon esprit la dollarisation était plutôt la solution ultime en cas crise désespérée, type Equateur. Mais pas forcement, pourquoi se limiter. L’idée de la dollarisation est simplement de remplacer la monnaie nationale par le dollar. L’Equateur, El Salvador, Panama sont des pays dollarisés. L’expérience au niveau macroéconomique n’est généralement pas une catastrophe, cela facilite les exportations et l’intégration dans le marché mondial, réduit les coûts de transaction. Bref beaucoup de petits avantages qui favorisent les grandes entreprises. Dans les défauts on compte, entre autres, la perte d’indépendance de la politique monétaire, la perte d’un symbole national et bien sûr, le plus important, des problèmes pour les petits.

Même si ce n’est pas pour tout suite l’idée est présente dans quelques esprits. De plus, les grands économistes de ce monde le voient comme quelque chose presque inévitable. Cependant avant d’imaginer une dollarisation de la Colombie voire même du continent il faudrait peut-être renforcer le partenariat avec le sub-continent, savoir s’associer avec une région plus ou moins similaire à  l’économie du pays. Avoir une politique monétaire commune avec (ou plutôt imposé par) les Etats-Unis ne me semble pas vraiment être la meilleure idée pour un pays avec une économie en construction. Mundell a gagné un prix Nobel pour dire ce genre de truc il y a quarante ans… c’est sûrement pas pour rien!