Foreign Policy se charge chaque année de publier une étude sur les pays qui pourrait éventuellement un jour s’effondrer… Les académiciens s’amusent même à faire à un classement. C’est chouette les classements, on peut comparer. Alors voilà , la Colombie arrive en 33e position des pays à risque. Les premier sont bien sûr Soudan et Irak, vient ensuite la Somalie etc.. les classiques.
Pour leurs études ils prennent en compte une douzaine d’indicateurs, la politique, la démographie, les droits de l’homme etc. La Colombie se porte très bien économiquement mais pour le reste c’est pas très joli. Elle vient en tête du pire en Amérique du Sud, son voisin le Venezuela ou même la Bolivie viennent loin derrière. Le conflit, bien sûr, est l’explication mais aussi et probablement encore plus, la corruption du congrès, la présence de diverse mafia chez les militaires (chez les hauts gradés), les liens de l’Etat avec les paramilitaires… Beaucoup d’éléments qui pourraient s’améliorer sans même résoudre le conflit. A croire que certains n’ont pas trop envie que ça change.
Raul Reyes, un personnage tout petit, loin d’être con, vociférant toute les banalités du monde depuis son estrade. C’était courant 2001, en Europe. A l’époque je connaissais pas grand chose de la Colombie, j’y avais déjà mis les pieds mais la situation me paraissais encore assez floue. Pourtant ça m’intéressais, alors j’ai été à cette conférence, gratuite en plus. Mes potes colombiens m’ont fait sortir au moment où le public commençait a râler…”ça chauffe, on se casse”…