D’un mur à l’autre

Après le mur de Berlin, aujourd’hui curiosité historique, le mur Israélien, jugé illégal, voici le mur étasunien… Le congrès US a adopté, le 29 septembre dernier, à  une très large majorité le texte autorisant la construction du mur, et Mr Bush a promulgué mercredi 4 octobre une loi pour le financer.

Alors cette fois c’est sûr, il va exister un mur dans une zone de libre échange! La situation est plutôt cocasse, même si elle ne fait pas du tout rire, l’image est forte, on accepte vos produits pas cher mais pas votre population… elle est pauvre.

Le ministre mexicain des relations extérieures, Luis Ernesto Derbez, a qualifié, dans un langage diplomatique, le projet nord américain d’« offense » aux relations bilatérales. Autant dire que c’est une insulte et les dirigeants d’Amérique Latine le font savoir, plusieurs pays ont rejeté fermement le principe et comme beaucoup le signalent ce n’est pas du tout une solution. Croire que cela va arrêter les migrants est une erreur, c’est faire preuve de naïveté, traverser la frontière sera simplement un peu plus difficile, mais les migrants le tenteront et on va assister à  une augmentation du nombre de mort. Le problème est économique, la différence trop grande entre le Nord et le Sud pousse tous ceux qui peuvent à  migrer.

Plus qu’une séparation physique ce mur symbolise une fois de plus le rejet des démocraties occidentales à  s’attaquer à  la source des problèmes. Elles continuent à  voler les cerveaux des pays qui en ont besoin, ne respectent pas les grands principes qu’elles répandent à  travers les Organisations Internationales et osent encore donner des leçons.

De la même manière nos démocraties se comportent comme des terroristes pour lutter contre le terrorisme, elles comportent comme des dictatures face aux problèmes qu’elles rencontrent, certes elles ont un besoin de se défendre mais elles ont l’obligation d’employer des méthodes distinctes si elles veulent réellement gagner.

Le seul point positif à  la construction de ce mur est l’opportunité qu’il va donner à  mon « artiste-terroriste » préféré pour s’exprimer, comme il l’a fait en Palestine.