Mopti

Nous revenions sur nos pas, après notre fatigante expédition. L’arrivée à  Mopti ne fut pas facile, impossible d’être discret, nos cordes débordent de nos sacs, les dégaines et les coinceurs font un bruit fou. Non seulement nous sommes blancs mais en plus on trimballe un quantité de matériel impressionnante, ce qui nous ne mets pas à  l’aise.

Après s’être logé et avoir prit une douche, on décide d’aller se promener, manger et découvrir notre lieu d’accueil. On s’est déjà  fait repérer, deux toubabs qui arrivent avec du matos de grimpe ce n’est pas vraiment commun, on est donc sujet à  plusieurs interpellation. Le premier contact ne m’enchante pas, en voyage je n’ai jamais vraiment aimé les villes. J’avais toujours l’impression qu’elle reflétait l’inaptitude humaine, ici ou ailleurs ce qui m’intéressais était la grandeur de Gaïa, Pachamama,…

Le lendemain, après une longue nuit réparatrice et avoir retrouvé une amie qui nous rejoint après avoir traversé la Mauritanie, nous partons nous réapprovisionner. A l’époque il y a une seule banque dans la troisième (ou quatrième) ville malienne, nous avons donc guère le choix. La succursales de la banque ressemble à  un bar de western américains, le comptoir est haut et désert. Personne à  l’horizon, si ce n’est le gardien qui nous explique patiemment que le réseau ne fonctionne pas. Il est donc impossible d’accéder aux comptes.

Qu’importe on reviendra demain.

Le lendemain la situation est la même. Le surlendemain aussi. Le 5e jour nos réserves se sont épuisée. On a juste mis de coté le prix d’un billet de bus pour qu’un de nous trois puisse aller retirer dans une autre ville.

Pendant ces jours on a connu deux trois personnes qui nous disent que c’est inutile de partir dans une autre ville pour retirer de l’argent, le problème s’arrangera. Ils se chargent alors de nous faire inviter chez leur famille, leurs amis, leurs connaissances.. Au début la sensation est bizarre, 3 toubabs et pas un sous, mais ça fait rire tout le monde et nous ça nous permet d’oublier tout nos projets, d’oublier le temps. On partira même 4 jours dans la vallée Dogon, sans un rond. Un ami (de longue date) de mon binôme de grimpe est guide dans la région, il nous emmène alors « à  crédit » visiter cette magnifique vallée.

A notre retour à  Mopti le réseau de la banque est à  nouveau actif. On peut donc rembourser nos dettes, inviter nos « sauveurs » à  un festin, reprendre nos vies de voyageurs, tracer notre route….

Jamais de ma vie j’ai autant béni une banque, jamais je n’ai autant apprécié son dysfonctionnement. Pendant quinze jours, si court, j’ai entrevu une infime pointe de l’immense Afrique.

3 réflexions sur « Mopti »

  1. l’Afrique est vraiment un continent surprenant et très acceuillant…l’acceuil hors des villes est des plus chaleureux!

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