Merci Petro

 

generales_imgarticulo_t2_44318_2007419_230736.jpgAujourd’hui moi j’ai envie de rendre un hommage au Sénateur Petro (polo democratico, parti d’opposition), non pas parce que je partage ses idées (ce n’est pas le cas) ni parce que ce qu’il a raconté me parait bien construit (ce n’est pas le cas non plus) mais simplement parce que grâce à  lui Uribe est venu parler et répondre de manière plus ou moins franche à  des questions « libres » de différents journalistes.

Mardi passé Petro a, lors d’un long discours au congrès, accusé le Président d’avoir favorisé, lorsqu’il était gouverneur, l’utilisation des Convivir (sorte de groupe d’autodéfense légale) par les paramilitaires. Uribe aurait aussi été permissif avec la création des groupes paramilitaires, leur laissant même accès à  du matériel de sa localité. Petro a aussi accusé le frère du président d’avoir eu des liens avec les chefs du cartel de Medellin.
C’est pourquoi hier soir sur le coup des 9h30 Uribe interrompt les Telenovelas, prenant la parole en direct depuis palais … il faut dire que c’est important.

Selon lui il le fait parce que l’ex-Vice-président des Etats-Unis, Al Gore, a annulé sa participation à  un événement pour ne pas devoir être à  côté du président de Colombie… qui est un paraco.

Uribe prend la parole, disant que les accusations de Petro mettent en danger les intérêts de la Nation. Pour cette raison Uribe accepte son devoir démocratique, Alors j’en profite: Merci Al Gore. Si Uribe avait été libéral et démocrate il aurait simplement dit: la démocratie favorise le débat et mon rôle de président de la plus vieille démocratie sud-américaine et de poursuivre ce débat fondamental pour notre pays. Mais Uribe n’est pas libéral. Dommage.

Hier Uribe s’est défendu, parfois bien, parfois moins bien mais s’il y a un truc qu’il faut accepter c’est qu’il est bon. Bon orateur, bon politicien. Vraiment dommage.
Il a défendu sa famille, son programme, sa carrière avec des arguments qui me font ni chaud ni froid mais il l’a fait. Il a répété 25 fois que lui et sa famille était des gens de droit, de bon chrétien etc. Et qu’au grand jamais ils n’avaient soutenu les paramilitaires. Ni lui ni les autres membres de sa famille.
I
l a aussi soutenu la justice disant qu’elle doit continuer son travail, espérant que l’ex-directeur du DAS arrivera à  expliquer les accusations des liens entre le DAS et las paras.

La seule ombre au tableau de hier soir a été l’aveu de l’utilisation de l’intelligence militaire à  des fins politiques. Uribe, entre ses phrases moralisatrices a dit qu’il avait des informations (d’intelligences militaires) de congressistes qui tentaient de couler le Traité de Libre Echange (TLC) depuis les Etats-Unis.

Bref, hier c’était l’Uribe de toujours, dur, moralisateur, père de la patrie, mais au moins il a répondu aux questions des journalistes, alors merci Sénateur Petro.

7 réflexions sur « Merci Petro »

  1. Est-ce pour autant que l’on peut dire que Uribe a répondu aux questions ? Je crois que je ne me ferais jamais ici, en AL, à cette incroyable faculté qu’ont les hommes politiques locaux pour jurer leurs grands dieux qu’ils sont innocents.

  2. Il a répondu à certaines questions, d’autres bien sûr il a noyé le poisson.
    Le point que j’ai trouvé intéressant c’est qu’il s’est défendu ainsi qu’a sa famille mais il ne s’est pas mouillé pour les autres, ni ses ministre ni les militaires … il a dit que la justice devait faire son travail et c’est tout. De toute façon il a pas le choix et il est clair que parmi ces propres collaborateurs il n’y a pas que des gens propre …
    Finalement le seul truc que je veux avec tout ça c’est que c’est un bon politicien… mais avec qui je ne partage pas le moindre centimes de ses idées. 🙂

  3. Je vais probablement écrire sur le même sujet, dans les heures/jours qui viennent.

    Je m’étonne que tu trouves qu’Uribe ne parle pas suffisamment. Au fond, tu as peut-être raison : il gagnerait à expliquer davantage, aussi brillamment qu’en cette occasion, le sens de ses choix, les difficultés de son action et les compromis difficiles qu’il doit faire.
    Il n’y avait aucun scoop dans les « révélations » de Petro, mais la tactique s’est avérée utile pour mettre Uribe en difficulté aux Etats-Unis, et notamment pour geler une tranche de l’aide américaine. J’imagine que le pari de ce parlementaire et de ses amis est de réduire les marges de manoeuvre du président pour ralentir son action et pouvoir ensuite prendre à témoin la population du ralentissement des progrès enregistrés.

    J’ai particulièrement apprécié une phrase : « Muchos que aquí en la política de América Latina se suman al grito contra el imperialismo norteamericano, desfilan por los Estados Unidos para desacreditar a Colombia. Incongruencia. »

    S’agissant de la surveillance dont ferait l’objet des parlementaires de la part des services de renseignement, j’observe que le motif avancé est que ceux-ci ont eu accès à des documents confidentiels qu’ils n’étaient pas censés recevoir. Il y aurait donc une « compromission », ce qui légitime dans tous les Etats démocratiques une enquête des services de contre-espionnage.
    A suivre…

  4. C’est pas que Uribe ne parle pas assez… c’est juste qu’il ne répond que très rarement aux questions directes des journalistes.
    Même lorsqu’il était en campagne il ne participait pas au débats. Alors je me réjouis qu’il daigne parfois répondre aux préoccupations des gens.
    sinon je doute de ton analyse sur la volonté des parlementaires… ils existe des gens sur terre qui pense pas comme toi et qui sont contre le TLC et la Plan Colombie. Simplement parce qu’ils croient que ce n’est pas la solution.

  5. Toño, je ne sais pas si les préoccupations des gens sont celles des journalistes ou de Petro…

    Mon analyse est une supposition, et je t’informe du fait que je suis tout à fait capable d’exercer mon esprit critque sur le TLC et sur le Plan Colombia. Si tu as un peu suivi mon blog, tu as dû constater que je ne suis pas farouchement libéral. J’ai également eu l’occasion d’écrire sur l’échec de la stratégie US de lutte antidrogue.

    Cela ne signifie pas pour autant que certains éléments de ceux deux politiques ne sont pas efficaces, ce qui doit gêner l’opposition au président dans sa stratégie de décrédibilisation du président.

  6. Ego te absolvo, Toño. Profitons du fait que sur la Colombie au moins, nos désaccords ne sont pas aussi drastiques que sur le reste !

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