{"id":649,"date":"2008-09-25T13:51:23","date_gmt":"2008-09-25T11:51:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ikiru.ch\/blog\/?p=649"},"modified":"2025-05-08T18:25:26","modified_gmt":"2025-05-08T23:25:26","slug":"lassassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2008\/lassassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford","title":{"rendered":"L&rsquo;assassinat de Jesse James par le l\u00e2che Robert Ford"},"content":{"rendered":"\n<p>Alors que la derni\u00e8re Fronti\u00e8re am\u00e9ricaine s&rsquo;est effondr\u00e9e, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l&rsquo;un des grands criminels de la fin du XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs h\u00e9ros. Comment un bandit et assassin acc\u00e8de-t-il \u00e0 un tel statut ? Vu \u00e0 travers les yeux de celui-l\u00e0 m\u00eame qui mettra fin \u00e0 ses jours (mais non \u00e0 son mythe), une tentative d&rsquo;explication d&rsquo;Andrew Dominik dans <span data-lum_link_maker=\"popup\" class=\"notneeded\">l&rsquo;assassinat de Jesse James par le l\u00e2che Robert Ford<\/span>, qui signe l\u00e0 une oeuvre magistrale, contemplative et sensuelle. Un r\u00e9gal, que le jeu des acteurs, la ma\u00eetrise des images (Dominik a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement compar\u00e9 \u00e0 Terence Mallik, c&rsquo;est dire) assaisonnent pour donner toute sa saveur \u00e0 ce film hors normes. Il n&rsquo;est pas dit, apr\u00e8s ce long-m\u00e9trage, qu&rsquo;on puisse d\u00e9poussi\u00e9rer sans crainte un tableau, ou lire sans parano\u00efa les titres d&rsquo;un journal.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2117 size-large alignnone\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-1024x438.jpg\" alt=\"jesse james cropfield\" width=\"1024\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-1024x438.jpg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-300x128.jpg 300w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-768x328.jpg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-150x64.jpg 150w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield-200x85.jpg 200w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-cropfield.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>Jesse James \u00e9tait plus connu \u00e0 son \u00e9poque que le pr\u00e9sident des Etats-Unis. Sudiste convaincu &#8211; les Nordistes lui ont fait subir mille maux &#8211; il se lance dans les attaques de banques et de trains. Avec pour justification premi\u00e8re l&rsquo;id\u00e9e de repr\u00e9sailles contre le nouveau gouvernement, il ne s&#8217;embarrasse plus par la suite d&rsquo;aucune justification. Un homme troubl\u00e9, aux motivations v\u00e9nales et au go\u00fbt exacerb\u00e9 pour la violence, mais un homme avant tout. Dans une ouverture lyrique, po\u00e9tique sur la duplicit\u00e9 et la faiblesse, on d\u00e9couvre le hors-la-loi le plus c\u00e9l\u00e8bre du pays \u00e9voluant dans son milieu. Il aime ses enfants, mais leur ment. Il aime tuer, mais ne rechigne en rien \u00e0 prendre du bon temps avec les commer\u00e7ants de sa ville, dans laquelle il vit sous une fausse identit\u00e9. Le regard dans le lointain, Jesse James (Brad Pitt) se demande pourquoi la Cr\u00e9ation l&rsquo;admire tant; si sa reconnaissance \u00e9tait justifi\u00e9e, pourquoi souffrirait-t-il autant ? Le spectateur s&rsquo;interroge, avec lui, sur une Cr\u00e9ation parfois incompr\u00e9hensible. Bard\u00e9s d&rsquo;\u00e9motions d\u00e8s les premi\u00e8res secondes, il s&rsquo;engouffre dans des temps lointains, l&rsquo;\u00e9poque des mythes et des l\u00e9gendes, un monde de gangster sur fond de plaines d\u00e9sertes.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2115 size-large alignnone\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-1024x438.jpg\" alt=\"jesse james casey affleck begging\" width=\"1024\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-1024x438.jpg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-300x128.jpg 300w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-768x328.jpg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-150x64.jpg 150w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging-200x85.jpg 200w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-begging.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>Timide et ambitieux, Robert Ford (stup\u00e9fiant Casey Affleck, nomin\u00e9 aux Oscars du meilleur second r\u00f4le) ne demande qu&rsquo;\u00e0 suivre la bande de Jesse James. Maladroit et inexp\u00e9riment\u00e9, mal assur\u00e9 dans un monde o\u00f9 l&rsquo;assurance est une seconde nature. Le spectateur s&rsquo;interroge sur ce qu&rsquo;il peut bien avoir en commun avec de tels assassins. Mais, pouss\u00e9 par un besoin de reconnaissance qu&rsquo;il ne comprend pas tout \u00e0 fait, Ford r\u00e9ussit a rejoindre le gang et devenir acolyte de celui qu&rsquo;il a suivit toute son enfance dans des romans bon march\u00e9, le l\u00e9gendaire Jesse James. Introduit par son fr\u00e8re, le novice fait ses premi\u00e8res dents en attaquant un train; de l\u00e0, il ne cessera de se rapprocher &#8211; physiquement &#8211; de son mod\u00e8le, mais aussi de &#8211; spirituellement &#8211; s&rsquo;en \u00e9loigner.<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9trange qu\u00eate rassemble les deux individus, une recherche qui les br\u00fblera tels des papillons s&rsquo;\u00e9tant approch\u00e9s trop pr\u00e8s du feu.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2114 size-large alignnone\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-1024x437.jpg\" alt=\"jesse james brad pitt\" width=\"1024\" height=\"437\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-1024x437.jpg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-300x128.jpg 300w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-768x328.jpg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-150x64.jpg 150w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt-200x85.jpg 200w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-brad-pitt.jpg 1278w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>Jesse James est un incompris. Glorifi\u00e9 par ses contemporains, affable avec l&rsquo;entourage qui ignore tout de ses vraies activit\u00e9s, il dissimule en lui une b\u00eate immonde qu&rsquo;il ne contr\u00f4le plus lorsqu&rsquo;il m\u00e8ne ses affaires. N&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 maltraiter un enfant, excit\u00e9 par le meurtre, capable de tuer sur simple soup\u00e7on ses acolytes, son autre moi, plus civilis\u00e9, observe et souffre de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 tenir en laisse cette part sombre. S&rsquo;interdisant toute faiblesse, il ne parle \u00e0 personne de sa maladie, il navigue a vue dans une vie o\u00f9 le gouvernail est gripp\u00e9, avec sa parano\u00efa pour seul compagnon. Il s&rsquo;enfonce dans la d\u00e9pression, incapable de trouver une porte de sortie.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert Ford est un incompris. Frustr\u00e9 de ne pas \u00eatre aim\u00e9 par ses contemporains, cadet d&rsquo;une s\u00e9rie de cinq enfants, il peine \u00e0 exister. Il s&rsquo;\u00e9vade ainsi dans sa prime jeunesse au moyen d&rsquo;histoires de bandits de grand chemin. Il aspire \u00e0 vivre la vie de James, il veut qu&rsquo;on le reconnaisse, que les journaliste se battent pour une interview, que les biographes le harc\u00e8lent. Il se languit d&rsquo;une ma\u00eetresse nomm\u00e9e gloire. Mais lorsque son mentor le d\u00e9daigne, en raillant sa na\u00efvet\u00e9, sa maladresse, sa jeunesse, il ourdit son assassinat. Tuer son mod\u00e8le masculin, entrer dans l&rsquo;histoire : un processus vieux comme le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2116 size-large alignnone\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-1024x438.jpg\" alt=\"jesse james casey affleck with gun\" width=\"1024\" height=\"438\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-1024x438.jpg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-300x128.jpg 300w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-768x329.jpg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-150x64.jpg 150w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun-200x86.jpg 200w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/jesse-james-casey-affleck-gun.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/a>Les deux hommes aspirent \u00e0 la reconnaissance de ce qu&rsquo;ils sont vraiment. Parce qu&rsquo;il ne peuvent crier \u00e0 la face du monde quels \u00eatres diaboliques ou magnifiques ils sont, leur insatisfaction se mue en besoin de meurtre. Jusqu&rsquo;\u00e0 ce que Jesse James, n&rsquo;en pouvant plus, et ayant d\u00e9cel\u00e9 l&rsquo;ambition de Ford, d\u00e9cide d&rsquo;en finir. Il a d\u00e9couvert dans un journal local la future trahison de ses compagnons, mais il est las d&rsquo;une lutte dans laquelle il ne pourra jamais avoir le dessus, fatigu\u00e9 du mensonge, de la solitude, de la folie qui le tourmente; James, comme dans un r\u00eave, pose des armes dont il ne se s\u00e9pare d&rsquo;habitude sous aucun pr\u00e9texte, et tourne lentement le dos \u00e0 Ford. Dans le reflet d&rsquo;un tableau qu&rsquo;il remet en place, il voit sa Faucheuse arm\u00e9e d&rsquo;un revolver qu&rsquo;il lui a lui-m\u00eame offert; il lui offre maintenant sa vie, qu&rsquo;il en dispose, il n&rsquo;a plus la force de se battre. Ford, p\u00e9trifi\u00e9, commet l&rsquo;acte lib\u00e9rateur, et lui met une balle dans la t\u00eate : le h\u00e9ros est mort, vive le h\u00e9ros ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pas tout \u00e0 fait. Tout comme la vie de hors-la-loi de James ne collait pas \u00e0 ses esp\u00e9rances, celle de Ford se r\u00e9v\u00e8le rapidement d\u00e9cevante. Bombard\u00e9 \u00ab\u00a0assassin de Jesse James\u00a0\u00bb pour l&rsquo;Am\u00e9rique enti\u00e8re, il devient tout aussi prestement \u00ab\u00a0l\u00e2che assassin de Jesse James\u00a0\u00bb. Les citoyens sont passionn\u00e9s par sa trahison qu&rsquo;il monte en pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre et interpr\u00e8te \u00e0 des centaines de reprises dans le pays. Mais ce qu&rsquo;il ne tarde pas \u00e0 comprendre, c&rsquo;est qu&rsquo;on vient rendre un dernier hommage au h\u00e9ros, comprendre comment un insignifiant personnage a pu les priver de son brigand bien-aim\u00e9, mais certainement pas pour admirer son \u00ab\u00a0l\u00e2che assassin\u00a0\u00bb. Le propre d&rsquo;un mythe, c&rsquo;est de survivre \u00e0 sa mort; les acclamations convoit\u00e9es par le jeune meurtrier ne viendront jamais, il courait derri\u00e8re des chim\u00e8res. Ford aurait pu saisir pourtant, lors de sa rencontre initiale avec sa victime, l&rsquo;inanit\u00e9 des mythes et combien leur charpente ne se supporte pas son occupation par un autre r\u00e9sident; apr\u00e8s tout, il clame lui-m\u00eame que les l\u00e9gendes vont de pair avec l&rsquo;usurpation. Mais il n&rsquo;en a rien \u00e9t\u00e9, sa myopie s&rsquo;est nourrie de son ambition; la roue tourne, et lui qui est rest\u00e9 hors d&rsquo;atteinte du panth\u00e9on, se fera \u00e0 son tour refroidir par un inconnu. Il ne fera l&rsquo;objet d&rsquo;aucun culte, jet\u00e9 dans les poubelles de l&rsquo;histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Explorant la construction du mythe dans une \u00e9poque en mal (?) de h\u00e9ros, Andrew Dominik cherche \u00e0 d\u00e9sacraliser. Les hommes sont avant tout des hommes, des colosses aux pieds bien fragiles. Le propre du mythe est de ne pas s&#8217;embarrasser de v\u00e9rit\u00e9; les fid\u00e8les de Jesse James avaient-ils tout \u00e0 fait conscience de respecter un malfrat ? Avec finesse et tendresse, sans jamais sombrer dans la complaisance vis-\u00e0-vis des criminels, Dominik s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la fragilit\u00e9 et non \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme. Les deux protagonistes se posent en l\u00e2ches, misanthropes, \u00e9go\u00efstes, mais qui r\u00eavent d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9s pour ce qu&rsquo;ils sont, et qui, frustr\u00e9s, ha\u00efssent ceux qui se refusent \u00e0 leur requ\u00eate. Au final, qu&rsquo;est-ce qui distingue James de Ford ? Trois fois rien, \u00e9gr\u00e8ne Ford dans une liste de points communs qu&rsquo;il partage avec James. Et pourtant, l&rsquo;histoire choisira de n&rsquo;en garder qu&rsquo;un. La mythologie n&rsquo;est pas une science exacte, et Dominik se borne ici a expliquer le comment, en nous laissant d\u00e9m\u00ealer le pourquoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le th\u00e8me central du film, plus encore que celui du mythe, repose sur les fr\u00eales \u00e9paules de Ford : comment trouver sa place dans un monde hostile ? A l&rsquo;allure insignifiante, dot\u00e9 d&rsquo;une voix nasillarde qu&rsquo;on voudrait faire cesser, Ford n&rsquo;est personne. Dans sa famille, il est le cinqui\u00e8me enfant, rien ne le distingue. A la ville, il est une ombre, un fant\u00f4me qu&rsquo;on oublie aussi vite qu&rsquo;on l&rsquo;a vu. Effac\u00e9, il cherche \u00e0 se redessiner, \u00e0 travers des r\u00eaves d&rsquo;enfants, suivant les \u00ab\u00a0exploits\u00a0\u00bb de Jesse James dans les romans qui le mettent en sc\u00e8ne. Puis, parvenu \u00e0 faire \u00e9quipe avec le h\u00e9ros de son enfance, il comprend que l&rsquo;histoire ne retient pas les seconds couteaux; les ricanements de James lui font l&rsquo;effet d&rsquo;une douche froide. D\u00e8s lors, son mentor se transforme en un obstacle dress\u00e9 sur son chemin vers la post\u00e9rit\u00e9; faisant fi de l&rsquo;amiti\u00e9 offerte sur un plateau de repentir, o\u00f9 l&rsquo;idole des Am\u00e9ricains lui fait part en toute confiance de sa difficult\u00e9 \u00e0 s&rsquo;accepter, l&rsquo;ambition et la frustration de Ford se chargent d&rsquo;appuyer sur la g\u00e2chette d&rsquo;une arme symbolisant le passage de t\u00e9moin de h\u00e9ros \u00e0 h\u00e9ros.<\/p>\n\n\n\n<p>Film contemplatif et se produisant dans l&rsquo;univers o\u00f9 les aiguilles se sont arr\u00eat\u00e9es de tourner, <span data-lum_link_maker=\"popup\" class=\"notneeded\">l&rsquo;assassinat de Jesse James par le l\u00e2che Robert Ford<\/span> fait partie de ces films qui ternissent, au nom de la v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;\u00e9clat sexy du Far West. Ou plut\u00f4t, qui rappellent que derri\u00e8re les histoires d&rsquo;Ouest lointain, des hommes sont soumis aux affres de la condition humaine. Bien s\u00fbr, on peut se rappeler du <span data-lum_link_maker=\"popup\" class=\"notneeded\">Unforgiven<\/span> d&rsquo;Eastwood, mettant en sc\u00e8ne un h\u00e9ros vieillissant. Mais Dominik ose aller plus loin que ce dernier : Jesse James n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 un h\u00e9ros. Son m\u00e9tier consistait \u00e0 piller et tuer; l&rsquo;\u00e2ge n&rsquo;est pas la raison de sa d\u00e9ch\u00e9ance, mais plut\u00f4t une sociopathie gage d&rsquo;excellence dans sa profession. Une folie \u00e0 l&rsquo;origine de&#8230; sa gloire, pr\u00e9cis\u00e9ment. Peut-\u00eatre le premier a-t-il pav\u00e9 la route au second, comme c&rsquo;est souvent le cas, mais on peut, sans mauvaise foi, affirmer que le second a&#8230; assassin\u00e9 son mod\u00e8le.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"649\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"649\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que la derni\u00e8re Fronti\u00e8re am\u00e9ricaine s&rsquo;est effondr\u00e9e, les Etats-Unis, se cherchant de nouveaux mythes, se tournent vers l&rsquo;un des grands criminels de la fin du XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;inventeur du pillage de banque, Jesse James, et en font leurs h\u00e9ros. Comment un bandit et assassin acc\u00e8de-t-il \u00e0 un tel statut ? Vu \u00e0 travers les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2114,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ocean_post_layout":"","ocean_both_sidebars_style":"","ocean_both_sidebars_content_width":0,"ocean_both_sidebars_sidebars_width":0,"ocean_sidebar":"0","ocean_second_sidebar":"0","ocean_disable_margins":"enable","ocean_add_body_class":"","ocean_shortcode_before_top_bar":"","ocean_shortcode_after_top_bar":"","ocean_shortcode_before_header":"","ocean_shortcode_after_header":"","ocean_has_shortcode":"","ocean_shortcode_after_title":"","ocean_shortcode_before_footer_widgets":"","ocean_shortcode_after_footer_widgets":"","ocean_shortcode_before_footer_bottom":"","ocean_shortcode_after_footer_bottom":"","ocean_display_top_bar":"default","ocean_display_header":"default","ocean_header_style":"","ocean_center_header_left_menu":"0","ocean_custom_header_template":"0","ocean_custom_logo":0,"ocean_custom_retina_logo":0,"ocean_custom_logo_max_width":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_width":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_width":0,"ocean_custom_logo_max_height":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_height":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_height":0,"ocean_header_custom_menu":"0","ocean_menu_typo_font_family":"0","ocean_menu_typo_font_subset":"","ocean_menu_typo_font_size":0,"ocean_menu_typo_font_size_tablet":0,"ocean_menu_typo_font_size_mobile":0,"ocean_menu_typo_font_size_unit":"px","ocean_menu_typo_font_weight":"","ocean_menu_typo_font_weight_tablet":"","ocean_menu_typo_font_weight_mobile":"","ocean_menu_typo_transform":"","ocean_menu_typo_transform_tablet":"","ocean_menu_typo_transform_mobile":"","ocean_menu_typo_line_height":0,"ocean_menu_typo_line_height_tablet":0,"ocean_menu_typo_line_height_mobile":0,"ocean_menu_typo_line_height_unit":"","ocean_menu_typo_spacing":0,"ocean_menu_typo_spacing_tablet":0,"ocean_menu_typo_spacing_mobile":0,"ocean_menu_typo_spacing_unit":"","ocean_menu_link_color":"","ocean_menu_link_color_hover":"","ocean_menu_link_color_active":"","ocean_menu_link_background":"","ocean_menu_link_hover_background":"","ocean_menu_link_active_background":"","ocean_menu_social_links_bg":"","ocean_menu_social_hover_links_bg":"","ocean_menu_social_links_color":"","ocean_menu_social_hover_links_color":"","ocean_disable_title":"default","ocean_disable_heading":"default","ocean_post_title":"","ocean_post_subheading":"","ocean_post_title_style":"","ocean_post_title_background_color":"","ocean_post_title_background":0,"ocean_post_title_bg_image_position":"","ocean_post_title_bg_image_attachment":"","ocean_post_title_bg_image_repeat":"","ocean_post_title_bg_image_size":"","ocean_post_title_height":0,"ocean_post_title_bg_overlay":0.5,"ocean_post_title_bg_overlay_color":"","ocean_disable_breadcrumbs":"default","ocean_breadcrumbs_color":"","ocean_breadcrumbs_separator_color":"","ocean_breadcrumbs_links_color":"","ocean_breadcrumbs_links_hover_color":"","ocean_display_footer_widgets":"default","ocean_display_footer_bottom":"default","ocean_custom_footer_template":"0","ocean_post_oembed":"","ocean_post_self_hosted_media":"","ocean_post_video_embed":"","ocean_link_format":"","ocean_link_format_target":"self","ocean_quote_format":"","ocean_quote_format_link":"post","ocean_gallery_link_images":"off","ocean_gallery_id":[],"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[608,119,606,605,604,607,609],"class_list":["post-649","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-critiques-de-cinema","tag-andrew-dominik","tag-brad_pitt","tag-casey-affleck","tag-jesse-james","tag-lassassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford","tag-mythe","tag-western","lumiere-director-andrew-dominik","lumiere-genre-biography","lumiere-genre-crime","lumiere-genre-drama","lumiere-genre-history","lumiere-genre-western","entry","has-media"],"aioseo_notices":[],"language":"fr","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/649","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=649"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/649\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6861,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/649\/revisions\/6861"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2114"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=649"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=649"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=649"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}