{"id":6416,"date":"2024-05-14T09:51:05","date_gmt":"2024-05-14T14:51:05","guid":{"rendered":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/?p=6416"},"modified":"2024-05-14T09:57:34","modified_gmt":"2024-05-14T14:57:34","slug":"la-baleine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2024\/la-baleine","title":{"rendered":"La baleine"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Nous voil\u00e0 avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la v\u00e9rit\u00e9, \u00f4 \u00e2mes graves et nobles, descendez sous les fondations, de caves en caves.<\/em> <\/p>\n<cite>Moby Dick, Herman Melville<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le dernier film de Darren Aranofsky, <span data-lum_link_maker=\"popup\" class=\"notneeded\">the whale<\/span> (la baleine), est un bijou incompris. Le r\u00e9alisateur, encens\u00e9 \u00e0 juste titre pour son OVNI <span data-lum_link_maker=\"popup\" class=\"notneeded\">Requiem for a dream<\/span>, n&rsquo;est pas parvenu \u00e0 convaincre les critiques, contrairement aux pr\u00e9c\u00e9dents. Il s&rsquo;agit pourtant du premier film \u00e0 rencontrer l&rsquo;engouement du public, \u00e0 croire que lorsqu&rsquo;il trouve le soutien des spectateurs, il perd celui des profesionnels. Aronofsky serait-il condamn\u00e9 au m\u00eame d\u00e9s\u00e9quilibre que les protagonistes de ses films ? Pourtant, the whale s&rsquo;inscrit dans le propos qu&rsquo;Aranofsky d\u00e9fend depuis ses d\u00e9buts : un humanisme sans compromission, un questionnement sur la propension humaine \u00e0 l&rsquo;autodestruction, mettant l&rsquo;individu face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de drogues dures dans <a href=\"\/blog\/2008\/requiem-for-a-dream\" title=\"Critique de Requiem for a dream\">Requiem<\/a>, ou de pizza grasse de the whale, Aronofsky semble constamment adopter une position socratique du malheur, o\u00f9 le mensonge nous anesth\u00e9sierait dans nos rapports avec le monde.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>I think this is sad because this whale doesn\u2019t have any emotions, and doesn\u2019t know how bad Ahab wants to kill him.<\/p>\n<cite>Ellie, the whale<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Alors que les critiques reprochent \u00e0 the whale d&rsquo;\u00eatre dans le manifeste et non dans le sugg\u00e9r\u00e9, de se laisser aller \u00e0 la caricture des personnes grosses, il est cocasse que ces m\u00eames critiques passent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sujet du film; en v\u00e9rit\u00e9, il n&rsquo;est pas question de gros. Il n&rsquo;est pas question de se demander pourquoi une personne en surpoids \u00ab&nbsp;se laisse aller \u00e0 la malbouffe&nbsp;\u00bb. Aranofsky se demande plut\u00f4t, avec beaucoup recul, comment peut-on se \u00ab&nbsp;laisser aller&nbsp;\u00bb tout court, que ce soit aux drogues ou \u00e0 la nourriture, \u00e0 la religion ou au suicide (le partenaire de la baleine s&rsquo;est donn\u00e9 la mort) dans le but de fuir le r\u00e9el. Dans une ode vibrante \u00e0 la qu\u00eate philosophique, Aranofsky pr\u00e9sente la v\u00e9rit\u00e9 comme la seule voie du salut, s&rsquo;opposant notamment \u00e0 la religion, rejet\u00e9e ardemment par Charlie, le protagoniste ob\u00e8se. C&rsquo;est en raison de la religion pr\u00e9cis\u00e9ment que le partenaire de Charlie est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. La religion est un mensonge, puisant \u00e0 la m\u00e8me source qui pousse Charlie \u00e0 dissimiler sa nature; durant des ann\u00e9es, se mentant \u00e0 lui-m\u00eame et aux autres sur son homosexualit\u00e9, il ne parvient pas \u00e0 trouver l&rsquo;\u00e9quilibre. Son d\u00e9go\u00fbtant surpoids n&rsquo;est, apr\u00e8s tout, qu&rsquo;un avatar de sa fuite permanente. The whale est le dernier acte de la vie de Charlie, celui du moment de v\u00e9rit\u00e9 o\u00f9 il accepte sa mort imminente et se r\u00e9concilie avec tous ceux qu&rsquo;il a fait souffrir. Il accepte progressivement son destin tout en \u00e9coutant sans plus fuire les critiques de ses proches. Le film aurait tout aussi bien pu \u00eatre titr\u00e9 \u00ab\u00a0Confession d&rsquo;une baleine\u00a0\u00bb, car sans la confession, la r\u00e9demption de Charlie aurait \u00e9t\u00e9 impossible. La confession est ce qui permet l&rsquo;acceptation de soi-m\u00eame. C&rsquo;est dans ce sens que les derni\u00e8res secondes de the whale pourraient \u00eatre comprises&nbsp;: Charlie ne s&rsquo;envole pas vers le paradis, il est parvenu \u00e0 vivre au paradis quelques secondes avant de dispara\u00eetre. Dans une ultime sc\u00e8ne miraculeuse, il parvient \u00e0 marcher, avant de s&rsquo;\u00e9lever &#8211; pour toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cin\u00e9ma est un grand mensonge, nous rappelle Arafnofsky, c&rsquo;est le r\u00e8gne de l&rsquo;artificiel et du pr\u00e9fabriqu\u00e9, dont le but final est de produire des \u00e9motions m\u00e9caniques, sociales, contrefaites chez le spectateur. Le \u00ab&nbsp;kitsch&nbsp;\u00bb de Kundera, o\u00f9 nos \u00e9motions vraies sont \u00e9touff\u00e9es par l&rsquo;artifice social de ce qu&rsquo;il conviendrait de ressentir pour \u00eatre accept\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9. Le 7\u1d49 art pour le spectateur de the whale, la litt\u00e9rature chez Charlie, ou la litt\u00e9rature biblique chez son d\u00e9funt compagnon, toutes ces formes d&rsquo;expression humaine pourraient participer \u00e0 nous d\u00e9livrer pour autant que nous manipulions ces outils avec parcimonie et r\u00e9flexion. Cependant, lorsque nous en faisons des obsessions, comme la chasse \u00e0 la baleine dans Moby Dick, elles nous d\u00e9sensibilisent, nous coupent de nous-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait facile de perdre de vue chez Melville, tout comme chez Aranofsky, que l&rsquo;homme se transforme progressivement en son objet de fuite : la baleine n&rsquo;aurait pas d&rsquo;\u00e9motions, certes, mais le chasseur se convertit lui-m\u00eame en animal sans \u00e9motions pour pouvoir devenir un chasseur de baleine. L&rsquo;obsession pour la vengeance chez Melville est replac\u00e9e par la fuite de la mort de son ami chez Aranofsky, ou le refus d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 un p\u00e8re absent. Dans les deux cas, la baleine symbolise une \u00e9paisse couche graisseuse qui les pr\u00e9servent du froid glacial de la mer de la v\u00e9rit\u00e9. Chez Aranofsky, le chasseur devient manifestement l&rsquo;animal chass\u00e9, la transformation est physique et pas seulement psychologique. The whale est visuel l\u00e0 o\u00f9 Moby Dick est m\u00e9taphorique. Mais aussi bien dans le livre que dans le film, les protaganistes ont perdus la capacit\u00e9 \u00e0 ressentir le vrai, leur champ de vision est diminu\u00e9 par le mensonge, la col\u00e8re, la honte et le regret.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>I was very saddened by this book, and I felt many emotions for the characters.<\/p>\n<cite>Ellie, the whale<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>The whale est une splendide oeuvre philosophique, le film le plus abouti de la carri\u00e8re d&rsquo;Aranofsky. Il y parle de v\u00e9rit\u00e9, alors que son support, le cin\u00e9ma, est l&rsquo;art le plus mensonger qui soit. Le contenant du cin\u00e9ma est artificiel, tout comme l&rsquo;est celui l&rsquo;\u00e9criture, raison pour laquelle Socrate refusait d&rsquo;ailleurs d&rsquo;\u00e9crire. Aranofsky le sait bien, et questionne ce mensonge organis\u00e9 en accordant dans son film une place pro\u00e9minente \u00e0 la religion. Ainsi, Thomas, le jeune missionnaire menteur et voleur, qui refuse d&rsquo;accoucher de la v\u00e9rit\u00e9 (son d\u00e9go\u00fbt pour le surpoids de Charlie et pour son homosexualit\u00e9), ne peut \u00e9voluer personnellement dans sa mission \u00e9vanglique. Il est en fuite pour avoir subtilis\u00e9 quelques milliers de dollars \u00e0 ses parents, et se raccroche \u00e0 la possiblit\u00e9 d&rsquo;aider autrui pour \u00e9viter d&rsquo;avoir \u00e0 questionner ses propres choix. Contrairement \u00e0 Charlie, il n&rsquo;\u00e9volue pas, et n\u00e9cessite une intervention ext\u00e9rieure, forc\u00e9e, pour s&rsquo;ouvrir de ce qu&rsquo;il pense vraiment de Charlie et de sa surcharge pond\u00e9ral ou de son go\u00fbt pour le m\u00eame sexe, ainsi que pour se r\u00e9concilier avec ses parents; pourquoi ? Peut-\u00eatre parce que sa seule source de r\u00e9demption passe par la religion, un conte social qui emp\u00eache l&rsquo;\u00e9l\u00e9vation. Il reproduit m\u00e9caniquement ce qui est exig\u00e9 de lui, au lieu de questionner ses propres actions. Mais dans ce cas, peut-on se demander pourquoi le cin\u00e9ma, autre support mensonger, pourrait-il lib\u00e9rer le spectateur ? Pourquoi un film, sous forme de huis-clos opressant, qui ne laisse le spectateur respirer, serait-il un support de lib\u00e9ration&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que le cin\u00e9ma, tout comme la litt\u00e9rature, peut lib\u00e9rer ou enfermer. Le contenant est artificiel, certe, mais le contenu peut \u00eatre humain et vrai. La bible, au m\u00eame titre que le cin\u00e9ma de Marvel, sont des contenus qui emprisonnent. Ils ne d\u00e9crivent ni le r\u00e9el ni m\u00eame encouragent \u00e0 chercher celui-ci. Alors que lorsque la litt\u00e9rature se fait Moby Dick, ou lorsque le cin\u00e9ma se fait the Whale, ou lorsque l&rsquo;essai artificiel est d\u00e9laiss\u00e9 au profit d&rsquo;un \u00e9crit personnel (\u00ab&nbsp;laissez tomber les essais, \u00e9crivez ce que vous ressentez, putain&nbsp;!&nbsp;\u00bb, exige de ses \u00e9tudiants Charlie dans son dernier e-mail), l&rsquo;art est lib\u00e9rateur. L&rsquo;art, qui d\u00e9tricote la r\u00e9alit\u00e9 lorsqu&rsquo;il abandonne son aspect de passe-temps, nous confronte \u00e0 nos responsabilit\u00e9s, nous d\u00e9signe des voies vers la v\u00e9rit\u00e9, une m\u00e9thode pour nous conna\u00eetre nous-m\u00eame. Comment pourrions-nous nous en savoir plus au moyen de la bible ou des films de Marvel ? Ils d\u00e9crivent un monde imaginaire, dans lequel nous n&rsquo;avons aucune prise. Ils \u00e9vacuent toute qu\u00eate personnelle dans la vie que nous menons, \u00e0 l&rsquo;image de Thomas qui cherche \u00e0 sauver autrui pour se sentir mieux lui-m\u00eame. Mais l&rsquo;art v\u00e9ritable est ma\u00efeutique, il nous pousse \u00e0 accoucher de la v\u00e9rit\u00e9, interroge le lecteur ou le spectateur sur comment mener sa vie. Sans art, comment remettre en question le toxicomane de Requiem, l&rsquo;ob\u00e8se et le sauveur de the whale ? Nous sommes cette baleine refroidie par sa graisse, au coeur devenue plus froid que l&rsquo;eau qui nous entoure. Comment retirer cette graisse pour sentir \u00e0 nouveau ?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>And I felt saddest of all when I read the boring chapters that were only descriptions of whales, because I knew that the author was just trying to save us from his own sad story, just for a little while.<\/p>\n<cite>Ellie, the whale<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le jeu de miroirs dialectique de the whale atteint son apog\u00e9e lors des \u00e9changes entre Ellie, la fille de Charlie, et Charlie. Ellie personnifie le mensonge et la fuite de Charlie qui surgit du pass\u00e9. R\u00e9sultat d&rsquo;une relation h\u00e9t\u00e9rosexuel alors qu&rsquo;il est homosexuel, Charlie est au pied du mur, il doit affronter ses l\u00e2chet\u00e9s. Mais Ellie est bien plus que le mirroir de Charlie&nbsp;: elle est agent de chaos, elle est la flamme qui br\u00fble la graisse pour ne laisser que le squelette d&rsquo;apparent. Elle pi\u00e8ge Thomas, le religieux menteur, et la v\u00e9rit\u00e9 incendiaire sauvera (temporairement) celui-ci. La fille de Charlie souffre de l&rsquo;hypocrisie de sa soci\u00e9t\u00e9, comme la plupart des adolescents, et s&rsquo;\u00e9loigne de tous les \u00eatres humains, ne parvenant pas \u00e0 se relationner avec ses cong\u00e9n\u00e8res. Car le prix \u00e0 payer de la v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est parfois l&rsquo;isolement de ses semblables. Ellie n&rsquo;a pas d&rsquo;amis, et pense devoir ha\u00efr le monde. Son p\u00e8re Charlie, plus exp\u00e9riment\u00e9 mais ayant d\u00fb faire quantit\u00e9 d\u2019accommodations avec la v\u00e9rit\u00e9 durant sa vie, n&rsquo;a pas non plus d&rsquo;amis, mais parvient \u00e0 voir la beaut\u00e9 du monde. Ellie est une version de Charlie jeune, o\u00f9 l&rsquo;adolescent que nous \u00e9tions nous interroge : \u00ab&nbsp;qu&rsquo;as-tu fais de tes ann\u00e9es, de tes occasions&nbsp;? Avoue tes erreurs, et tu pourras te pardonner toi-m\u00eame&nbsp;\u00bb. Ellie est cette voix sans filtre, que nous apprenons \u00e0 \u00e9touffer pour nous convaincre qu&rsquo;un petit mensonge n&rsquo;est pas tr\u00e8s grave, Et puis, qu&rsquo;apr\u00e8s tout, un second n&rsquo;a rien de r\u00e9pr\u00e9hensible. Et l&rsquo;on devient en fin de compte ob\u00e8se de nos mensonges, ne parvenant plus \u00e0 nous mouvoir sous le poids cumul\u00e9 de nos fuites.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>This book made me think about my own life, and then it made me feel glad for my\u2013<\/p>\n<cite>Ellie, the whale<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>L&rsquo;extr\u00eame habilet\u00e9 d&rsquo;Aranofsky est de ne fournir aucune conclusion. Car apr\u00e8s tout, le propre de la ma\u00efeutique, c&rsquo;est de trouver soi-m\u00eame celle-ci. Les derni\u00e8res paroles de l&rsquo;essai d&rsquo;Ellie nous resteront inconnues, tout comme les raisons de l\u2019\u00e9l\u00e9vation de Charlie. Les plus croyants, peut-\u00eatre, verront l\u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s accord\u00e9 au paradis. Les plus spirituels, de leur c\u00f4t\u00e9, pr\u00e9tendront que Charlie se lib\u00e8re du poids de ses mensonges quelques instants avant sa mort. Et tous s&rsquo;accorderont \u00e0 reconna\u00eetre l\u00e0 une lib\u00e9ration humaine, une perfection atteinte lorsque nous ne fuyons plus, mais affrontons nos d\u00e9mons.<\/p>\n\n\n\n<p>The whale n&rsquo;est pas un film complexe, et Aranofsky le voulait ainsi&nbsp;: aucun subterfuge, aucun message cach\u00e9, juste la v\u00e9rit\u00e9 crue. C&rsquo;est peut-\u00eatre ce qui a d\u00e9stabilis\u00e9 certaines critiques, habitu\u00e9es \u00e0 chercher sous les apparences, alors que dans le film tout n&rsquo;est que transparence. Aranofsky signe une oeuvre magistrale, car il parvient, tel un Kubrick, \u00e0 dire la v\u00e9rit\u00e9 avec le cin\u00e9ma, \u00e9cr\u00e9mant son film de tous les subterfuges de la socialisation. Nous sommes gros, nous sommes d\u00e9pendants de substances, nous nous suicidons que parce que nous fuyons la r\u00e9alit\u00e9, incapables de trouver la force d\u2019y faire face. Et sans jugement, car n\u2019en d\u00e9plaise aux d\u00e9tracteurs qui taxent le r\u00e9alisateur d\u2019avoir la phobie des gros, Aranofsky fait mourir son protagoniste ob\u00e8se et laid, sans concession. Pas de <em>deus ex machina <\/em>comme dans un Marvel, amincir Charlie aurait \u00e9t\u00e9 emprunter une voie de traverse mensong\u00e8re, celui de la condamnation, celui de la normalisation ext\u00e9rieur. Si physique de Charlie avait chang\u00e9 sans cheminement int\u00e9rieur profond, the whale aurait postul\u00e9 que tout est de notre faute. Or, ce sont nos soci\u00e9t\u00e9s de jugement et intol\u00e9rantes qui nous encouragent \u00e0 prendre une revanche sur la baleine, valorisant un monde mat\u00e9riel factice plut\u00f4t qu\u2019une qu\u00eate int\u00e9rieure. The whale joue un ping pong dialectique entre Ellie et Charlie pour nous permettre d\u2019atteindre la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 travers la pratique de la vertu.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"6416\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">1    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"6416\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous voil\u00e0 avec notre corps debout dans le soleil comme un palais plein de merveilles, mais, vous qui cherchez la v\u00e9rit\u00e9, \u00f4 \u00e2mes graves et nobles, descendez sous les fondations, de caves en caves. 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