{"id":5629,"date":"2021-11-03T13:39:58","date_gmt":"2021-11-03T17:39:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/?p=5629"},"modified":"2021-11-05T18:29:57","modified_gmt":"2021-11-05T22:29:57","slug":"les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie","title":{"rendered":"Les Missions j\u00e9suites du Paraguay \u2013 Une utopie\u00a0?"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_83 ez-toc-wrap-center counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Contents<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie\/#Les_jesuites_des_saints\" >Les j\u00e9suites, des saints ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie\/#Sauver_des_ames\" >Sauver des \u00e2mes<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie\/#Arts_guaranis\" >Arts guaranis<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie\/#Des_missions_specialisees\" >Des missions sp\u00e9cialis\u00e9es<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2021\/les-missions-jesuites-du-paraguay-une-utopie\/#Terre_sans_mal\" >Terre sans mal ?<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<p align=\"left\">(une version plus courte est parue dans <a href=\"https:\/\/echomagazine.ch\/\">l&rsquo;Echo magazine<\/a> du 4 novembre 2021)<\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Dans toute utopie, il existe la volont\u00e9 de croire qu\u2019un monde ici-bas, parfait, est possible. Les Missions j\u00e9suites du Paraguay, distribu\u00e9es autour de la ville d\u2019Encarnaci\u00f3n, sont pr\u00e9sent\u00e9es comme un exemple de coexistence id\u00e9al entre les autochtones guaranis et les J\u00e9suites. Ils habit\u00e8rent ensemble dans une trentaine de \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb, des villages o\u00f9 les Guaranis \u00e9taient regroup\u00e9s pour vivre sous la banni\u00e8re de la religion chr\u00e9tienne. Les Guaranis, un terme qui regroupe des ethnies autochtones dispers\u00e9es dans toute l\u2019Am\u00e9rique du Sud, avaient-ils trouv\u00e9s leur \u00ab\u00a0terre sans mal\u00a0\u00bb, la terre promise par leur religion\u00a0?<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<h2 align=\"left\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_jesuites_des_saints\"><\/span>Les j\u00e9suites, des saints ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Comme bien souvent pour cette p\u00e9riode en Am\u00e9rique Latine, les informations historiques sont partielles et partiales. La majeure partie des \u00e9crits ne montrent qu\u2019une face de la m\u00e9daille, car l\u2019historiographie fait la part belle aux \u00ab\u00a0lettre annuelles\u00a0\u00bb envoy\u00e9es par les J\u00e9suites \u00e0 Rome, des rapports dans lesquelles il est impossible d\u2019aborder des sujets comme l\u2019esclavage, interdit en 1537 par la bulle <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>Sublimis Deus<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> du pape Paul III. Pourtant, des Noirs-Africains ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s par les J\u00e9suites dans les \u00ab r\u00e9ductions \u00bb, un fait que les Compagnons ne peuvent mentionner \u00e0 Rome ; m\u00eames les J\u00e9suites de la r\u00e9gion, aujourd\u2019hui encore, restent silencieux sur le sujet. Quant aux \u00e9crits des Guaranis, qui ont appris \u00e0 lire et \u00e9crire par le biais de la mission \u00e9vang\u00e9lisatrice des J\u00e9suites, ils sont presque enti\u00e8rement ignor\u00e9s par l\u2019histoire. L\u2019utopie des \u00ab r\u00e9ductions \u00bb repose ainsi sur des informations parcellaires, dont il est difficile d\u2019extraire la part v\u00e9rit\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Nous savons toutefois que de deux millions de Guaranis avant la colonisation, ces peuples ne comptent plus que 41\u2019000 \u00e2mes en 1807. Durant les 160 ans de \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb j\u00e9suites au Paraguay (de 1615 \u00e0 1778), on estime que jusqu\u2019\u00e0 142\u2019000 d\u2019entre eux vivent regroup\u00e9s sous la banni\u00e8re des Missions de la Compagnie de J\u00e9sus. M\u00e9connaissant ces chiffres, les philosophes des Lumi\u00e8res s\u2019enflamment pour les r\u00e9cits des missionnaires et leurs cit\u00e9s id\u00e9ales, refl\u00e9tant les aspirations \u00e9galitaires de l\u2019\u00e9poque. Il faut bien reconna\u00eetre que les missionnaires ont une approche inspirante de leur r\u00f4le dans les terres \u00e9loign\u00e9es, et que les cultures europ\u00e9enne et sud-am\u00e9ricaine vont se m\u00ealer comme nulle part ailleurs.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<h2 align=\"left\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Sauver_des_ames\"><\/span>Sauver des \u00e2mes<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">En effet, les J\u00e9suites ne sont pas venus coloniser l\u2019immense r\u00e9gion qui s\u2019\u00e9tant de la Bolivie actuelle jusqu\u2019au Br\u00e9sil\u00a0: ils cherchent \u00e0 \u00e9vang\u00e9liser les locaux, avec pour particularit\u00e9 de respecter leurs coutumes ancestrales. Dans la foul\u00e9e de Saint Roque Gonzalez, le premier missionnaire \u00e0 entreprendre le p\u00e9rilleux voyage jusqu\u2019\u00e0 Itapu\u00e1 (l\u2019actuelle Encarnaci\u00f3n, premi\u00e8re Mission j\u00e9suite du Paraguay), ils vont progressivement \u00e9tablir un r\u00e9seau de villages o\u00f9 vivent et travaillent les Guaranis. Quelques trois \u00e0 quatre j\u00e9suites seulement orchestrent la vie de plusieurs milliers d\u2019ouailles dans les travaux physiques et spirituels. \u00ab\u00a0Christianisant\u00a0\u00bb l\u2019un des dieux principaux du panth\u00e9on guarani, Tup\u00e3, les J\u00e9suites se font rapidement accepter par les autochtones et travaillent de concert \u00e0 la gloire de leur spiritualit\u00e9 commune. Les corv\u00e9es agricoles et l\u2019\u00e9dification des \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb n\u2019auraient occup\u00e9es que 4 \u00e0 6 heures par jour les Guaranis. Enfin, preuve de l\u2019int\u00e9r\u00eat que les J\u00e9suites portent \u00e0 la culture autochtone, Ruiz de Montoya, un Compagnon p\u00e9ruvien et \u00e9minent linguiste, cr\u00e9era un alphabet guarani.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Les Missions j\u00e9suites sont s\u00e9par\u00e9es d\u2019une quinzaine de kilom\u00e8tres chacune. Une distance qui leur permettait de communiquer par le biais de miroirs et signaux de fum\u00e9e, ainsi que se porter au secours des communaut\u00e9s s\u0153urs en danger. Toutes les \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb sont d\u2019ailleurs construites en hauteur, permettant de s\u2019observer et de d\u00e9tecter une avanc\u00e9 d\u2019\u00e9ventuels ennemis. En effet, devant repousser \u00e0 plusieurs reprises des attaques de marchands d\u2019esclave ( les <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>mamelucos<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"> et les <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\"><i>bandeirantes<\/i><\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">), les hommes d\u2019\u00e9glise obtiennent le droit d\u2019armer les autochtones et m\u00e8nent plusieurs batailles qu\u2019ils gagnent sans peine, en raison du grand nombre de soldats guaranis \u00e0 leur disposition. De fr\u00e8res spirituels, les Compagnons et les Guaranis deviennent fr\u00e8res d\u2019armes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<h2 align=\"left\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Arts_guaranis\"><\/span>Arts guaranis<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Les Guaranis se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre de grands artistes\u00a0: une fois le travail termin\u00e9, ils s\u2019abandonnent \u00e0 l\u2019artisanat et l\u2019art avec passion. Le P\u00e8re Sepp, de la \u00ab\u00a0r\u00e9duction\u00a0\u00bb de Saint Thomas, affirmera au qu\u2019il ne \u00ab\u00a0voi[t] pas de diff\u00e9rence entre les cadran solaires faits par un artisan et ceux import\u00e9s d\u2019Europe\u00a0\u00bb. Des ch\u0153urs de 200 enfants participent aux offices religieux, chantant et utilisant des instruments de musique construits localement. Les Guaranis sculptent dans le bois ou la pierre une grande quantit\u00e9 de repr\u00e9sentations religieuses avec doigt\u00e9. Bien que la plupart de ces ornements aient aujourd\u2019hui disparus, certainement pill\u00e9s lors de la red\u00e9couverte des ruines des Missions \u00e0 partir des ann\u00e9es 1950, l\u2019\u00e9glise de San Cosme abrite encore des sculptures d\u2019une grande pr\u00e9cision et beaut\u00e9.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<h2 align=\"left\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Des_missions_specialisees\"><\/span>Des missions sp\u00e9cialis\u00e9es<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Quelques unes de ces \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb ont poss\u00e9d\u00e9 des caract\u00e9ristiques uniques, semblant poursuivre sa vocation propre. C\u2019est le cas de la Mission de San Cosme qui se sp\u00e9cialisa dans le domaine de l\u2019astronomie, gr\u00e2ce au p\u00e8re Buenaventura Su\u00e1rez, un j\u00e9suite n\u00e9 en Argentine. L\u2019eccl\u00e9siastique, f\u00e9ru des \u00e9toiles, b\u00e2tit dit-on le premier t\u00e9lescope des Am\u00e9riques. Un t\u00e9lescope qui lui a permit de pr\u00e9dire les \u00e9clipses solaires sur plus d\u2019un si\u00e8cle avec un pr\u00e9cision inou\u00efe, prouesse que l\u2019on commente jusqu\u2019en Europe. Sa passion nocturne a d\u00fb rencontrer un \u00e9cho important aupr\u00e8s des populations locales, pour qui l\u2019observation de la vo\u00fbte stellaire rev\u00eatait une grande importance. Les Guaranis avaient ainsi donn\u00e9 \u00e0 notre Voie Lact\u00e9e le nom po\u00e9tique de \u00ab\u00a0chemin du tapir\u00a0\u00bb. R\u00e9unis par la passion pour les \u00e9toiles, la symbiose entre les J\u00e9suites et les Guaranis est affich\u00e9e aux yeux de tous sur le portail d\u2019entr\u00e9e de San Cosme\u00a0: une chauve-souris, symbole des ethnies guaranis de la r\u00e9gion, tr\u00f4ne au-dessus de sculptures proprement chr\u00e9tiennes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">La \u00ab\u00a0r\u00e9duction\u00a0\u00bb de la Santisima Trinidad de Paran\u00e1 se d\u00e9dia quant \u00e0 elle \u00e0 la musique, un autre point de connexion culturel. Les Guaranis auraient en effet un sens auditif tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9. Les J\u00e9suites ont encourag\u00e9 le go\u00fbt pour la musique chez les autochtones, qui fabriquent en quantit\u00e9 des instruments de musique pour accompagner leurs danses et leurs chants.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Enfin, la Mission de Jes\u00fas de Tavarang\u00fc\u00e9, qui ne sera jamais termin\u00e9e, devait \u00eatre la cit\u00e9 mod\u00e8le des \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb, la plus parfaite. Destin\u00e9e \u00e0 accueillir la surpopulation des autres Missions, l\u2019ambition est \u00e9norme, \u00e0 l\u2019image de son \u00e9glise qui devait s\u2019\u00e9tendre sur 70 m\u00e8tres de longueur et 23 m\u00e8tres de large. Elle contient des embrasures d\u2019inspiration arabe, est ex\u00e9cut\u00e9e par des Guaranis sous la houlette d\u2019architectes j\u00e9suites. A elle seule, elle repr\u00e9sente un m\u00e9tissage unique de cultures issues de trois continents\u00a0; toutefois, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s avoir d\u00e9but\u00e9 sa construction, les J\u00e9suites sont expuls\u00e9s des terres espagnoles sur ordre de Charles III en 1767. Le toit et les ornements de l\u2019iconique \u00e9glise restent inachev\u00e9e, et la Compagnie quitte le pays. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Les Missions seront reprises en main par d\u2019autres ordres chr\u00e9tiens, mais les Guaranis avaient des affinit\u00e9s uniques avec les J\u00e9suites\u00a0; ils demandent donc le retour des Compagnons. Devant le refus qui leur est oppos\u00e9 par la Couronne espagnole, ils abandonnent \u00e0 leur tour les \u00ab\u00a0r\u00e9ductions\u00a0\u00bb et retournent vivre dans les for\u00eats paraguayennes.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<h2 align=\"left\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Terre_sans_mal\"><\/span>Terre sans mal ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p class=\"western\" align=\"left\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-size: medium;\"><span lang=\"fr-FR\">Les missions j\u00e9suites du Paraguay \u00e9taient-elles la \u00ab\u00a0terre sans mal\u00a0\u00bb que recherchaient les Guaranis, une utopie\u00a0? Difficile de trancher\u00a0; des missionnaires, tel Saint Roque, ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s par les Guaranis. Le r\u00f4le de l\u2019esclavage de Noirs-Africains reste une r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9connue, et pourtant le m\u00eame Saint Roque a eu recours \u00e0 cette pratique inhumaine. Mais les points de jonctions entre les deux cultures ont \u00e9t\u00e9 profonds et nombreux, chacun devant forc\u00e9ment trouver son compte dans une complicit\u00e9 qui dura 160 ans et qui donnera cours \u00e0 de magnifiques \u0153uvres architecturales, scientifiques et artistiques.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"5629\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">1    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"5629\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(une version plus courte est parue dans l&rsquo;Echo magazine du 4 novembre 2021) Dans toute utopie, il existe la volont\u00e9 de croire qu\u2019un monde ici-bas, parfait, est possible. Les Missions j\u00e9suites du Paraguay, distribu\u00e9es autour de la ville d\u2019Encarnaci\u00f3n, sont pr\u00e9sent\u00e9es comme un exemple de coexistence id\u00e9al entre les autochtones guaranis et les J\u00e9suites. 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