{"id":4911,"date":"2020-12-08T13:06:21","date_gmt":"2020-12-08T18:06:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/?p=4911"},"modified":"2020-12-10T19:17:04","modified_gmt":"2020-12-11T00:17:04","slug":"sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif","title":{"rendered":"Sa majest\u00e9 Sabancaya, rencontre du troisi\u00e8me type avec un volcan actif"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_83 ez-toc-wrap-center counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Contents<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif\/#Sabancaya_premiere_rencontre\" >Sabancaya, premi\u00e8re rencontre<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif\/#Sabancaya_deuxieme_rencontre\" >Sabancaya, deuxi\u00e8me rencontre<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif\/#Plans_pour_une_troisieme_rencontre_avec_Sabancaya\" >Plans pour une troisi\u00e8me rencontre avec Sabancaya<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif\/#Sessouffler_pour_des_condors_et_miradors\" >S&rsquo;essouffler pour des condors et miradors<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2020\/sa-majeste-sabancaya-rencontre-du-troisieme-type-avec-un-volcan-actif\/#Rencontre_du_troisieme_type\" >Rencontre du troisi\u00e8me type<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Sabancaya_premiere_rencontre\"><\/span>Sabancaya, premi\u00e8re rencontre<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un volcan nomm\u00e9 Sabancaya. Il est le 7\u00e8me volcan actif le plus haut du monde, en \u00e9ruption depuis 2016. Mais \u00e0 ce moment-l\u00e0, lorsque j&rsquo;admire ses rejets au loin, j&rsquo;ignore son pr\u00e9nom et caract\u00e9ristiques. Ses volutes s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent au ciel sans montrer aucun int\u00e9r\u00eat pour ma personne. J&rsquo;\u00e9carquille les yeux devant sa majest\u00e9, il crache sa fum\u00e9e \u00e0 des dizaines de kilom\u00e8tres, agac\u00e9 par la pesanteur qui l&#8217;emp\u00eache de s&rsquo;\u00e9lever comme sa nature le voudrait, mais c&rsquo;est un d\u00e9collage que la nature lui interdit.<\/p>\n<p>Dans un moment un peu fou, je m&rsquo;imagine avec arrogance le pousser \u00e0 se d\u00e9voiler. Je suis en route pour la vall\u00e9e de volcans (le <em>valle de los volcanos<\/em>) situ\u00e9e au sud du P\u00e9rou, la co\u00efncidence me trouble. Sabancaya est ardant, vivant, alors que je m&rsquo;en vais voir ses fr\u00e8res \u00e9teints \u00e0 quelques dizaines de kilom\u00e8tres de lui. La nuit \u00e9tend progressivement son manteau, je finis par extirper mon visage de la vitre embu\u00e9e de mon v\u00e9hicule, et oublie la force de la Terre qui me montrait comment on respire lorsqu&rsquo;on est un g\u00e9ant.<\/p>\n<p>Le cimeti\u00e8re du <em>valle de los volcanos<\/em> me retiendra une semaine au cours de laquelle mes genoux ont bien failli tr\u00e9passer. Aucun transport n&rsquo;est op\u00e9rationel en ce temps de pand\u00e9mie, le touriste est condamn\u00e9 \u00e0 parcourir la r\u00e9gion \u00e0 pieds. Je visite les volcans morts et leur histoire, hantant la r\u00e9gion comme un fant\u00f4me. Mon excursion m&rsquo;ayant bless\u00e9 les articulations, je rentre me reposer \u00e0 Arequipa, une ville morte durant cette pand\u00e9mie assassine. Que les activit\u00e9s soient limit\u00e9es me convient \u00e0 merveille, j&rsquo;ai tous les pr\u00e9textes n\u00e9cessaires pour redonner vie \u00e0 mes jointures. Trois semaines passent, faites d&rsquo;\u00e9criture et <a href=\"\/blog\/2020\/guide-pratique-de-vulgarisation-scientifique-a-lattention-du-complotiste-et-anti-complotiste\">r\u00e9flexions scientifiques<\/a>, je me dore la pilule au soleil comme <a href=\"\/blog\/2020\/histoires-de-lezards-a-deux-queues-au-perou\">un l\u00e9zard \u00e0 deux queues<\/a>. Mes genoux ne geignant plus, je m&rsquo;appr\u00eate \u00e0 reprendre ma route qui, je pense na\u00efvement, me m\u00e8nera \u00e0 Lima pour d\u00e9coller en direction d&rsquo;un pays limitrophe, soit l&rsquo;aust\u00e8re Bolivie ou le froid Chili. Je consulte les derni\u00e8res nouvelles d&rsquo;<a href=\"https:\/\/andina.pe\/\">Andina<\/a>, l&rsquo;agence de presse p\u00e9ruvienne. Il est possible que l&rsquo;ouverture des fronti\u00e8res terrestres soient au programme, et je trouve ce moyen de transport plus conforme \u00e0 mes aspirations environnementales. Pas de nouvelles sur l&rsquo;ouverture d&rsquo;un passage; je m&rsquo;appr\u00eate, d\u00e9pit\u00e9, \u00e0 prendre un dernier caf\u00e9, lorsque&#8230; une photo de gaz volcanique attire mon regard sur la page internet que j&rsquo;\u00e9tais sur le point de refermer. On y parle de Sabancaya le magnifique, un volcan dans la r\u00e9gion d&rsquo;Arequipa que l&rsquo;Institut de volcanologie p\u00e9ruvien (l\u2019ingemmet) garantit ne pas \u00eatre dangereux pour les habitants des villages dans sa proximit\u00e9. Les scientifiques, qui font r\u00e9guli\u00e8rement des mesures, supputent qu&rsquo;en cas d&rsquo;explosion agressive le Sabancaya (langue de feu en quechua) n&rsquo;atteindra pas les habitations humaines. L&rsquo;univers me ferait-il un clin d&rsquo;\u0153il ? Ou est-il m\u00e9content de mon manque de persistance, ma m\u00e9moire d\u00e9faillante oublieuse des respirations pouss\u00e9es par le centre du monde contempl\u00e9es quelques semaines auparavant ? Je r\u00e9fl\u00e9chis : est-ce raisonnable de m&rsquo;attaquer \u00e0 l&rsquo;un des ph\u00e9nom\u00e8nes les plus brutaux de la terre, pouvant me balayer sans m\u00eame le savoir ? N&rsquo;est-ce pas faire preuve d&rsquo;arrogance que de croire que l&rsquo;on peut survivre aux Titans ? Les contes grecs sont emplis de h\u00e9ros ch\u00e2ti\u00e9s par N\u00e9m\u00e9sis, car ils faisaient preuve d&rsquo;insolence, d&rsquo;hubris.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Sabancaya_deuxieme_rencontre\"><\/span>Sabancaya, deuxi\u00e8me rencontre<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Je d\u00e9cide que l&rsquo;exp\u00e9rience est suffisamment prometteuse en adr\u00e9naline et unique pour tenter une telle aventure malgr\u00e9 la punition possible des dieux. De plus, une femme \u00e0 Espinar m&rsquo;avait cont\u00e9 les merveilles de la r\u00e9gion du Colca, je serais bien mal inspir\u00e9 de ne pas profiter du maximum des beaut\u00e9s du P\u00e9rou avant de m&rsquo;envoler pour d&rsquo;autres contr\u00e9es. Combien de fois aurai-je une telle occasion de repousser mes limites ? Je r\u00eave de voir les exhalaisons brutes de Ga\u00efa depuis des ann\u00e9es. J&rsquo;aspire \u00e0 me rapprocher plus que ne le veut le bon sens de ces monstres \u00e9veill\u00e9s dont les ramifications sanguines s&rsquo;\u00e9tendent jusqu&rsquo;au centre de la Terre. Je partirai dans la vall\u00e9e du Colca, et des fourmillements d&rsquo;appr\u00e9hension et d&rsquo;excitation commencent \u00e0 parcourir mon corps. Il est temps de nous mettre en danger, mes genoux et moi.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part d&rsquo;Arequipa se fait sans encombre. Je parviens en quelques heures \u00e0 Chivay, village de 5000 habitants, dont le grandiose pass\u00e9 touristique semble fan\u00e9. Petite ville ou grand hameau, elle est vid\u00e9e de ses habitants qui s&rsquo;en sont retourn\u00e9s aux champs, les <em>chakras<\/em>, \u00e0 d\u00e9faut de s&rsquo;occuper de touristes inexistants. Quelques caf\u00e9s et pizzerias restent ouverts autour de la <em>plazza de armas<\/em>, le centre du village, mais seuls les quelques propri\u00e9taires terriens fortun\u00e9s se laissent aller aux d\u00e9lices \u00e0 l&rsquo;europ\u00e9enne, buvant des cappuccinos et expressos tr\u00e8s forts. Qu&rsquo;une bourgade aussi minuscule poss\u00e8de les \u00e9tendards de la mondialisation contraste avec le d\u00e9sert qu&rsquo;elle est devenue. On croirait l&rsquo;une de ces villes du far-west, construite en 10 jours avec ses bars et ses lupanars, puis abandonn\u00e9e en quelques heures apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9puisement de son seul filon d&rsquo;or. Le gisement touristique, ass\u00e9ch\u00e9 par la pand\u00e9mie, a fui la r\u00e9gion r\u00e9put\u00e9e pour ses condors, ses balades dans le canyon, ses geysers et ses montagnes enneig\u00e9es. Le Mismi, montagne dont le pic est recouvert d&rsquo;une robe blanche et humide, culmine \u00e0 5600 m\u00e8tres et serait l&rsquo;une des sources principales du fleuve Amazone. Les guides expliquaient autrefois aux touristes qu&rsquo;il s&rsquo;agit de <em>la<\/em> source du plus grand fleuve au monde. Le conte permettait d&rsquo;attirer un maximum de voyageurs et d&rsquo;aventuriers tel Mike Horn qui, en 1997, descendit le sommet en hydrospeed jusqu&rsquo;en Amazonie.<\/p>\n<p>Les montagnes environnantes sont certes passionnantes, mais je ne suis l\u00e0 que pour celle qui \u00e9jecte des cendres grises dans la vall\u00e9e. Je me renseigne aupr\u00e8s des locaux, leur demande de m&rsquo;expliquer ce qu&rsquo;il y a \u00e0 voir dans la r\u00e9gion, et glisse parfois subrepticement dans la conversation que j&rsquo;aimerais voir Sabancaya. Je ne parle \u00e0 personne de mon projet ambitieux de le grimper, on me prendrait pour un fou. Les locaux me conseillent de me rendre \u00e0 Yanque pour l&rsquo;appr\u00e9cier de plus pr\u00e8s. Je mets le cap sur le minuscule hameau, situ\u00e9 \u00e0 une vingtaine de minutes de Chivay en <em>combi<\/em> (minivan collectif). Je gravis un petit mont, recouvert des ruines d&rsquo;une quelconque civilisation pr\u00e9-inca, et l\u00e0, le cracheur de feu m&rsquo;observe \u00e0 une distance de vingt ou trente kilom\u00e8tres, riant de mes peurs ancestrales, m&rsquo;invitant \u00e0 l&rsquo;aventure la gueule ouverte tout en m&rsquo;assurant que N\u00e9m\u00e9sis condamnant l&rsquo;hubris n&rsquo;est qu&rsquo;une fable de vieille femme. Je l&rsquo;immortalise de loin avec ma technologie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, esp\u00e9rant devenir immortel plus tard \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<div style=\"max-width: 600px; text-align: center;\">\n<p class=\"responsive-video-wrap clr\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Sabancaya\" width=\"569\" height=\"320\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/w64VyG3D-P0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Plans_pour_une_troisieme_rencontre_avec_Sabancaya\"><\/span>Plans pour une troisi\u00e8me rencontre avec Sabancaya<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Une fois l&rsquo;\u00e9merveillement pass\u00e9, je serpente jusqu&rsquo;\u00e0 Chivay \u00e9chafaudant un plan de rapprochement. Ma forme physique n&rsquo;est pas au plus haut et ma r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;altitude au plus bas. Je dois m&rsquo;entra\u00eener ainsi que d\u00e9nicher un fou pouvant me rapprocher du volcan. Je passerai une semaine \u00e0 poursuivre ces deux objectifs.<\/p>\n<p>J&rsquo;entre en contact avec tous les personnes susceptibles de m&rsquo;aider : j&rsquo;approche la mairie, le d\u00e9partement du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, puis enfin les rares agences de voyage \u00e0 \u00eatre encore ouvertes. On \u00e9carquille les yeux face \u00e0 mes demandes, on se fait rationnel : \u00ab\u00a0non monsieur, il n&rsquo;est pas possible de visiter le Sabancaya, il est en \u00e9ruption\u00a0\u00bb. Le calme avec lequel on m&rsquo;oppose une r\u00e9alit\u00e9 dont je refuse l&rsquo;existence tranche avec mon bouillonnement int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Ne pr\u00eatant que peu d&rsquo;attention \u00e0 ceux qui me parlent d&rsquo;impossibilit\u00e9, je continue opini\u00e2trement mes recherches. Et je tombe sur Pedro, un guide de 43 ans, petit mais filiforme pour un P\u00e9ruvien de son \u00e2ge. Son allure m&rsquo;indique qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un habitu\u00e9 des sommets. Il me sert la main fa\u00e7on pand\u00e9mie, c&rsquo;est \u00e0 dire que nous \u00e9changeons un coup de coude. Je lui fais part de mon obsession, et ses yeux s&rsquo;agitent avec excitation devant le projet.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Le Sabancaya? Mais tu peux le voir depuis Yanque, ou Pinchollo. Tu veux beaucoup t&rsquo;en approcher ?<\/p>\n<p>&#8211; Le plus pr\u00e8s possible. J&rsquo;ai lu qu&rsquo;il y avait de la lave. Je n&rsquo;ai jamais vu de lave de ma vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pedro laisse transpercer sa nervosit\u00e9, puis se reprend tr\u00e8s vite.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Je peux regarder ce que l\u2019ingemmet en dit. Je dois demander \u00e0 la mairie les autorisations. Et il nous faudra de l&rsquo;\u00e9quipement. Laisse-moi quelques jours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une voie vient de s&rsquo;ouvrir vers le sommet. J&rsquo;en chercherai d&rsquo;autres, notamment \u00e0 Yanque. Je ne mets jamais tous mes mousquetons \u00e0 la m\u00eame corde. Certains finissent par s&rsquo;accrocher fermement, d&rsquo;autres se d\u00e9tachent rapidement. Je passe encore une journ\u00e9e \u00e0 Chivay, r\u00eavassant au village tel qu&rsquo;il devait \u00eatre autrefois, avec ses f\u00eates et ses danses, ses caf\u00e9s enfum\u00e9s par les Europ\u00e9ens, et une place centrale anim\u00e9e. Je jette un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 ma carte de la r\u00e9gion, glan\u00e9e lors de mes recherches d&rsquo;aventuriers fous, et remarque le nom d&rsquo;un hameau, faisant face de Sabancaya : Pinchollo. Je cherche dans mes notes \u00e9parses, personne ne m&rsquo;en a parl\u00e9. Il semble proche toutefois d&rsquo;un mirador de condors, d&rsquo;un geyser, et de hautes montagnes. L&rsquo;endroit semble parfait, je saute dans une <em>combi<\/em>, me voil\u00e0 parti au c\u0153ur du canyon du Colca.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Sessouffler_pour_des_condors_et_miradors\"><\/span>S&rsquo;essouffler pour des condors et miradors<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Il est 15 heures lorsque le v\u00e9hicule me l\u00e2che \u00e0 Pinchollo. Le hameau est minuscule, une centaine voir deux cents habitants, et presqu&rsquo;aucun n&rsquo;est pr\u00e9sent. Je cherche quelques enseignes m&rsquo;indiquant un hostal, j&rsquo;en trouve deux, mais les deux h\u00e9bergements sont ferm\u00e9s. J&rsquo;appelle un num\u00e9ro figurant sur le mur du second, et une femme m&rsquo;explique qu&rsquo;elle a ferm\u00e9 son \u00e9tablissement, qu&rsquo;elle est actuellement \u00e0 la <em>chakra<\/em>. J&rsquo;insiste, et lui explique que si elle ne peut me loger, je devrai me contenter de dormir sur la <em>plazza de armas<\/em> dans le froid. Elle finit par c\u00e9der, et me demande d&rsquo;attendre une petite heure le temps qu&rsquo;elle termine son travail aux champs. Elle tient sa promesse, et une minuscule femme d&rsquo;une cinquantaine d&rsquo;ann\u00e9e vient m&rsquo;ouvrir la porte de l&rsquo;hostal, o\u00f9 je m&rsquo;engouffre avec assurance. Il m&rsquo;est arriv\u00e9 par le pass\u00e9 de jouer la m\u00eame sc\u00e8ne \u00e0 4 heures du matin avec des temp\u00e9ratures n\u00e9gatives, je suis r\u00f4d\u00e9.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;y a rien \u00e0 faire dans le hameau si ce n&rsquo;est regarder les enfants jouer au football contre les murs d\u00e9cr\u00e9pits. Je passe en revue les coins o\u00f9 je pourrai m&rsquo;entra\u00eener \u00e0 respirer avec un minimum d&rsquo;oxyg\u00e8ne. Je remarque que le Sabancaya est cach\u00e9 \u00e0 ma vue, malgr\u00e9 ma plus grande proximit\u00e9. De nombreuses montagnes s&rsquo;interposent entre Langue de feu et moi, il me plairait de battre des ailes comme un condor andin pour me hisser dans les airs. Qu&rsquo;\u00e0 cela ne tienne, j&rsquo;irai observer ce grandiose volatile, le deuxi\u00e8me \u00e0 l&rsquo;envergure la plus large, depuis les pr\u00e9cipices.<\/p>\n<p>Ma logeuse m&rsquo;indique qu&rsquo;\u00e0 une heure de marche, un mirador offre une vue imprenable sur le plus grand vautour du monde. Je la scrute de haut en bas, compare mes jambes aux siennes, et en d\u00e9duit qu&rsquo;au plus 45 minutes me s\u00e9parent de ma destination. Il me faudra deux heures pour y parvenir, elle avait omis de m&rsquo;indiquer qu&rsquo;elle parlait d&rsquo;un raccourci.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-4910 size-medium\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-600x400.jpeg\" alt=\"Condor volant dans le canyon du Colca\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-600x400.jpeg 600w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-768x512.jpeg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-1536x1024.jpeg 1536w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Condor-du-Colca-scaled-2048x1366.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a>Le spectacle qui m&rsquo;attend est de toute beaut\u00e9. Les rapaces s&rsquo;\u00e9lancent sur les courants a\u00e9riens comme des kayakeurs sur l&rsquo;eau. Ils dansent sur les fils arachn\u00e9ens de l&rsquo;\u00e9ther sans remuer la moindre aile. Danseurs infatigables car le vent fait tout le travail \u00e0 leur place, ils ressemblent \u00e0 ces marionnettes siciliennes th\u00e9\u00e2trales remu\u00e9es avec ardeur par des marionnettistes et qui restent obstin\u00e9ment rigides. Les condors sont un m\u00e9lange de marionnettistes et de marionnettes, ils tirent leurs propres ficelles c\u00e9lestes avec une habilet\u00e9 consomm\u00e9e.<\/p>\n<p>Je transpire les jours suivants \u00e0 m&rsquo;exercer dans la r\u00e9gion, respirant \u00e0 4000 m\u00e8tres alors que ma mission requiert au moins 1500 m\u00e8tres de plus. C&rsquo;est comme s&rsquo;entra\u00eener pour l&rsquo;Everest depuis le Mont Blanc, la d\u00e9marche est futile. Je d\u00e9couvre le geyser des guides touristiques, ph\u00e9nom\u00e8ne qui passe \u00e0 mes yeux pour le stade infantile d&rsquo;un volcan. La zone est nuageuse et hostile, mais pr\u00e9sente des couleurs que l&rsquo;on ne trouve que dans ces lieux o\u00f9 la soupe primitive se cuisine, et les premi\u00e8res bact\u00e9ries s&rsquo;unissent avant d&rsquo;aller affronter le monde. Le geyser de Pinchollo est bien pauvre en face de ses confr\u00e8res de l&rsquo;Islande ou du parc de Yellowstone, mais \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, je me suis enrichi de l&rsquo;amuse-bouche. Et je reviendrai \u00e0 plusieurs reprises sur les lieux, moins pour m&rsquo;adonner \u00e0 la contemplation que pour apprendre \u00e0 respirer en faisant des efforts en altitude.<\/p>\n<div style=\"max-width: 600px; text-align: center;\">\n<p class=\"responsive-video-wrap clr\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Geyser Pinchollo, P\u00e9rou\" width=\"569\" height=\"320\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/YErpCj6iBc0?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<\/div>\n<p>L&rsquo;entra\u00eenement touche \u00e0 sa fin, et bien que je ne me sente pas pr\u00eat pour l&rsquo;altitude de Sabancaya, il me faut retourner \u00e0 Chivay. Pedro m&rsquo;explique qu&rsquo;il a tout ce qu&rsquo;il faut pour s&rsquo;attaquer au Titan des profondeurs de la terre. Ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas vrai, et je patiente encore quelques jours. Les jours au soleil radieux alternent avec la pluie. Nous examinons les donn\u00e9es volcanologiques et m\u00e9t\u00e9orologiques avec Pedro esp\u00e9rant ainsi trouver le meilleur jour pour aller \u00e0 la rencontre de Sabancaya. J&rsquo;ai la sensation que nous sommes deux Martiens d\u00e9cidant du moment ad\u00e9quat pour attaquer la Terre, utilisant des chiffres que nous ne comprenons pas totalement. Nous avons recours \u00e0 un art divinatoire bas\u00e9 sur des chiffres pour nous donner constance et certitudes; avec beaucoup d&rsquo;assurance, il est d\u00e9cid\u00e9 que vendredi, nous irons assaillir un volcan qui ne se doute de rien.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Rencontre_du_troisieme_type\"><\/span>Rencontre du troisi\u00e8me type<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>2 heures du matin. Il faut partir t\u00f4t, le trajet en 4&#215;4 sera long. Pour se rapprocher du crat\u00e8re, nous empruntons des routes sinueuses, trou\u00e9es, et \u00e9vitons les ruisseaux ass\u00e9ch\u00e9s mortels pour la voiture. Je ne sais pas comment Marcos, le conducteur, trouve son chemin. Il m&rsquo;explique \u00eatre habitu\u00e9. Cela doit faire 4 ans qu&rsquo;il n&rsquo;a pas pris cette route, nous n&rsquo;avons pas la m\u00eame d\u00e9finition de l&rsquo;habitude. Je ne peux rien faire sinon m&rsquo;angoisser, je m&rsquo;\u00e9tale sur la couchette arri\u00e8re du v\u00e9hicule et pique un somme. On m&rsquo;a dit que le chemin prendrait 2 heures, je me r\u00e9veille 4 heures plus tard. Nous sommes \u00e0 3 kilom\u00e8tres du camp de base, et la voiture est tomb\u00e9e en panne. \u00ab\u00a0Foutu camelote chinoise\u00a0\u00bb, me lance Marcos. Une moiti\u00e9 du volant a disparue \u00e0 un moment de l&rsquo;existence du 4&#215;4, je le soup\u00e7onne de ne pas \u00eatre pr\u00e9cautionneux. Ou de ne pas avoir acc\u00e8s \u00e0 des pi\u00e8ces de rechanges, on se demande \u00e0 quoi a-t-il acc\u00e8s \u00e0 Chivay. Heureusement, il est m\u00e9canicien, et je prie qu&rsquo;il parvienne \u00e0 faire des miracles durant notre absence. Il est presque 6 heures, le soleil est d\u00e9j\u00e0 bien lev\u00e9, Pedro et moi prenons nos sacs \u00e0 dos et d\u00e9butons notre p\u00e9riple. Je me demande comment nous pourrions rentrer si Marcos \u00e9choue dans sa t\u00e2che : le plus proche village est situ\u00e9 \u00e0 20 kilom\u00e8tres, et nous nous appr\u00eatons \u00e0 marcher en haute montagne, ce qui va nous \u00e9puiser. Je me d\u00e9fais de mes craintes, il n&rsquo;est pas question de laisser ces pr\u00e9occupations mineures me g\u00e2cher la d\u00e9couverte d&rsquo;une force de la nature.<\/p>\n<p>Le d\u00e9nivel\u00e9 se pr\u00e9sente comme une promenade. La mont\u00e9e est graduelle, et en comparaison des montagnes que j&rsquo;ai mont\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, je ne suis gu\u00e8re impressionn\u00e9. Je grimpe sans difficult\u00e9s&#8230; le premier kilom\u00e8tre. Il en reste deux, et la respiration se fait exigeante. Je maudis la voiture en panne qui n&rsquo;a pu m&#8217;emmener jusqu&rsquo;au camp de base. J&rsquo;ouvre mes poumons aussi grands que je le peux, mais je m&rsquo;essouffle comme vieillard. Je force le second kilom\u00e8tre, je m&rsquo;\u00e9reinte sur le troisi\u00e8me. Le ciel est d\u00e9gag\u00e9, splendide, et l&rsquo;on observe d\u00e9j\u00e0 les volutes gazeuses de Sabancaya qui recouvre sa zone. Car il s&rsquo;agit de son territoire, il peut faire de nous ce qu&rsquo;il veut. Animaux ou humains sont soumis \u00e0 son bon vouloir, Sabancaya est un roi de la Terre, et nous entrons dans son royaume. J&rsquo;oublie temporairement ma fatigue, mon guide et moi sommes arriv\u00e9s au dernier poste d&rsquo;analyse de l\u2019ingemmet. Au-del\u00e0, le d\u00e9sert gris de cendres et de pierres crach\u00e9es par le grand capricieux s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 perte de vue. Je reprends mon souffle, bois autant que je peux, tourne mon regard dans toutes les directions, mais reviens immanquablement \u00e0 la star de ces lieux, qui \u00e9ructe son paquet noir \u00e0 plus d&rsquo;un kilom\u00e8tre au-dessus d&rsquo;elle tous les quarts d&rsquo;heures.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0On continue ?\u00a0\u00bb, fais-je \u00e0 Pedro.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0On est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s pr\u00e8s. Deux kilom\u00e8tres tout au plus. L&rsquo;ingemmet ne veut pas qu&rsquo;on se rapproche plus.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Je tente d&rsquo;activer mes neurones. A cette altitude, on ne r\u00e9fl\u00e9chit plus normalement. Je ne sais pas comment font les condors pour d\u00e9tecter des carcasses \u00e0 cette hauteur.<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0Rapprochons-nous encore. On n&rsquo;a pas vu de pierres lanc\u00e9es par Sabancaya. L&rsquo;ingemmet ne saura jamais que nous n&rsquo;avons pas tenu parole. On n&rsquo;est pas venu si loin sans \u00eatre un peu roublard.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-4900 size-medium alignright\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-600x400.jpg\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-600x400.jpg 600w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Sabancaya-closeup-scaled-2048x1366.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/a>A son corps d\u00e9fendant, voyant bien que je continuerai le chemin quoi qu&rsquo;il arrive, Pedro me suit. Rapidement, c&rsquo;est moi qui le suit, mes poumons expulsant \u00e0 nouveau la chaleur de l&rsquo;enfer. Nous sommes \u00e0 5500 m\u00e8tres au-dessus du niveau de la mer, et je marche par sections de 50 ou 100 m\u00e8tres, avant de reprendre mon souffle et mes esprits. La vision parfois d\u00e9faille, des maux de t\u00eates m&rsquo;assaillent, mais je n&rsquo;ai d&rsquo;yeux que pour Sabancaya qui me toise de la m\u00eame mani\u00e8re que <a href=\"\/blog\/2020\/cerro-mongon-ou-comment-jai-decouvert-des-ruines-au-perou\">Cerro Mong\u00f3n<\/a> il y a quelques mois. Le P\u00e9ruvien et moi-m\u00eame rev\u00eatons pour nous prot\u00e9ger des masques de protection qui ont trop v\u00e9cu, des casques de kayak n&rsquo;ayant rien \u00e0 faire \u00e0 cette altitude, et continuons notre p\u00e9riple de fourmis arrogantes et insouciantes du danger. Eole est de notre c\u00f4t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, et souffle dans la direction oppos\u00e9e \u00e0 la n\u00f4tre, nous prot\u00e9geant des gaz certainement mortels de Sabancaya. Mais Eole est aussi capricieux qu&rsquo;un homme, et bien que nous devisions sur la meilleure strat\u00e9gie \u00e0 tenir pour s&rsquo;approcher du monstre. En r\u00e9alit\u00e9, le choix se r\u00e9duit \u00e0 deux options : continuer ou non. Nous continuons, et j&rsquo;essaie de rassurer Pedro en m&rsquo;improvisant vulcano-g\u00e9ologue et lui montrant que peu de pierres ont \u00e9t\u00e9 \u00e9ject\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 notre chemin. Pedro me rassure en me disant que mes maux de t\u00eates vont passer. Ni lui ni moi ne croyons en la v\u00e9racit\u00e9 de nos propos, mais nous marchons.<\/p>\n<p>Pedro s&rsquo;arr\u00eate. 1 kilom\u00e8tre nous s\u00e9pare des fum\u00e9es champignonesques de Sabancaya. Lorsque sa majest\u00e9 \u00e9ructe, nous sentons le sol vibrer sous nous \u00e9pais souliers de montagne. Des petites pierres pyroclastiques recouvrent les alentours. Nous sommes all\u00e9s aussi loin que notre folie pouvait nous pousser, et tombons d&rsquo;accord qu&rsquo;aller plus loin serait de l&rsquo;idiotie. Fous mais pas idiots, nous bombardons \u00e0 notre tour de photos et vid\u00e9os la beaut\u00e9 naturelle qui s&rsquo;offre \u00e0 nous, reconnaissants que le courroux de notre seigneur ne prenne pas notre direction.<\/p>\n<div style=\"max-width: 600px; text-align: center;\">\n<p class=\"responsive-video-wrap clr\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"Sabancaya close\" width=\"569\" height=\"320\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ZGRC0fUBlnU?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n<\/div>\n<p>Les nuages s&rsquo;amonc\u00e8lent. Nous entendons l&rsquo;orage s&rsquo;approcher. Nous ne savons plus si c&rsquo;est Zeus ou Vulcain qui nous crie de partir. Pedro me fais signe qu&rsquo;il est temps de partir, je peine quant \u00e0 moi \u00e0 me d\u00e9tacher de la magnificence de la nature d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Il est des morts qui ont du panache, et peut-\u00eatre est-ce le manque d&rsquo;oxyg\u00e8ne, mais dans un \u00e9clair de romantisme d\u00e9suet, je m&rsquo;imagine mordre la poussi\u00e8re volcanique frapp\u00e9 par la foudre devant le volcan. Pedro se fait insistant, me sauve de mes fantaisies imb\u00e9ciles, et nous rebroussons chemin. Bien que mes bronches ne souffrent plus du manque d&rsquo;air car nous descendons sans faire d&rsquo;effort, je m&rsquo;arr\u00eate continuellement pour jeter un \u0153il sur le magnanime Sabancaya qui a d\u00e9cid\u00e9 de m&rsquo;\u00e9pargner aujourd&rsquo;hui. Il est entr\u00e9 en lutte avec le ciel, s&rsquo;oppose au tonnerre, les dieux n&rsquo;ont plus que faire des hommes. Nous nous effa\u00e7ons discr\u00e8tement.<\/p>\n<p>Une heure de descente plus tard, nous retrouvons Marcos et sa voiture chinoise r\u00e9par\u00e9e. Pedro et moi rions pour \u00e9vacuer le stress de la montagne, et prenons la route de Chivay dans la bonne humeur. Nous avons eu de la chance, et toute exp\u00e9dition en montagne en n\u00e9cessite. Mais je crois que j&rsquo;ai eu plus de chance que d&rsquo;habitude ce jour-l\u00e0.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"4911\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"4911\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sabancaya, premi\u00e8re rencontre C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;un volcan nomm\u00e9 Sabancaya. 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