{"id":299,"date":"2008-03-18T00:57:01","date_gmt":"2008-03-17T23:57:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ikiru.ch\/blog\/2008\/le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre"},"modified":"2020-03-19T16:20:47","modified_gmt":"2020-03-19T21:20:47","slug":"le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2008\/le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre","title":{"rendered":"Le chant pour celui qui d\u00e9sire vivre"},"content":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est-ce qui rassemble le phoque, l&rsquo;ours et le loup ? Tous les trois vivent dans les parties nordiques de notre plan\u00e8te, et tous les trois sont les seuls moyens de subsistance des Inuits, peuple pr\u00e9sent\u00e9 dans la trilogie de Jorn Riel, \u00ab\u00a0le chant pour celui qui d\u00e9sire vivre\u00a0\u00bb. Trois \u00e9pisodes que 500 ans s\u00e9parent chacun, partant des confins des premi\u00e8res migrations inuits vers le Groenland, jusqu&rsquo;\u00e0 notre \u00e9poque myst\u00e8rophobe. Un peu \u00e0 la mani\u00e8re du monde de Corto Maltese, d&rsquo;Hugo Pratt, la modernit\u00e9 avec son savoir arrogant a enterr\u00e9 les l\u00e9gendes, les peurs et les exploits d&rsquo;hommes dont le courage n&rsquo;avait d&rsquo;\u00e9gal que leur go\u00fbt pour la libert\u00e9. La libert\u00e9, c&rsquo;est ce que ce chantent sans faiblir les Inuits depuis des g\u00e9n\u00e9rations, et que nous conte Jorn Riel, explorateur de temps \u00e0 jamais r\u00e9volus. A travers \u00ab\u00a0Heq\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Sor\u00e9\u00a0\u00bb, il explore les mythes et l\u00e9gendes inuits, nous faisant voyager dans le peuple inuit, nous d\u00e9peignant un tableau d&rsquo;hommes et de femmes forts et fragiles \u00e0 la fois, des l\u00e9gendes qui nous confrontent \u00e0 notre modernit\u00e9. Il prend pour cadre une ar\u00e8ne de jeu que peu d&rsquo;entre-nous pourrons jamais voir : le nord du Canada et surtout le Groenland, terre de d\u00e9couvertes et d&rsquo;aventures. Une analyse pour ceux qui ont eu la chance de parcourir le triptyque glac\u00e9.<\/p>\n<p>Les Inuits &#8211; \u00ab\u00a0hommes\u00a0\u00bb, dans cette langue &#8211; sont paradoxalement emplis de tabous, et pourtant aussi libres que l&rsquo;ours qui hiberne, le loup qui prend son temps pour choisir sa proie, ou le phoque qui cherche le trou id\u00e9al pour reprendre sa respiration. Lorsque le voyage est difficile, le voyageur s&rsquo;arr\u00eate et se transforme en s\u00e9dentaire. Lass\u00e9 par une vie trop confortable, au bout d&rsquo;un mois, d&rsquo;une ann\u00e9e et d&rsquo;une d\u00e9cade, il reprend le chemin du nomadisme. Il mange quand il le peut, chasse, vie et meurt. Il aime, inconditionnellement, mais sans \u00eatre esclavagiste : il a une, deux ou trois femmes, tout d\u00e9pend de sa capacit\u00e9 \u00e0 entretenir ses concubines. Si elles sont mal trait\u00e9es, elles vont voir ailleurs. Si un autre homme d\u00e9sire l&rsquo;une d&rsquo;entre elles, l&rsquo;affrontement est in\u00e9vitable. Car la violence est omnipr\u00e9sente, g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la mouvance des choses; comme les glaces groenlandaises, tout se red\u00e9finit \u00e0 chaque hiver, \u00e0 chaque pr\u00e9cipitation. Neigera-t-il, ne neigera-t-il pas ? De cela, les esprits d\u00e9cident, l&rsquo;homme se contentant de faire ce que l&rsquo;instant et l&rsquo;instinct lui conseillent de faire. Sa seule responsabilit\u00e9, c&rsquo;est lui-m\u00eame, rien n&rsquo;est \u00e9crit.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<h2>La mort<\/h2>\n<p>L&rsquo;Inuit refuse de se laisser guider par la peur. La mort n&rsquo;est qu&rsquo;une porte vers un lieu de chasse abondante et \u00e9ternelle, et l&rsquo;Inuit ne comprendra pas les frayeurs religieuses qui accompagnent les Nordiques (Islandais, Danois et Norv\u00e9giens) en m\u00eame temps que leurs rhumes mortels. Lorsqu&rsquo;un Inuit est trop vieux, quoi de plus normal que de quitter le groupe, pour s&rsquo;enfoncer dans la blancheur de la banquise et cesser d&rsquo;\u00eatre une charge. Si la vie a bien voulu partager sa connaissance, l&rsquo;Inuit sait que la mort n&rsquo;est pas \u00e9ternelle; l&rsquo;homme, lui, est \u00e9ternel. De par le souvenir qu&rsquo;on entretiendra de lui, dans les histoires orales cont\u00e9es au bord du feu, mais aussi parce que son esprit, ses erreurs, ses id\u00e9es, sont amen\u00e9es \u00e0 \u00eatre reproduites encore et encore. Combien d&rsquo;Inuits sont partis rejoindre la grotte de Tewee-Soo, en qu\u00eate de r\u00e9ponses aux m\u00eames questions ? Les histoires, tout comme les questions, sont \u00e9ternelles. Parce que l&rsquo;homme n&rsquo;obtiendra jamais ses r\u00e9ponses, il court toujours, \u00e0 des demi-mill\u00e9naires de distance, vers la connaissance. Et parce que c&rsquo;est le chemin et non le but qui comptent, en cours de route il est transperc\u00e9 par une r\u00e9v\u00e9lation identique : il a un sentiment de simultan\u00e9it\u00e9, tout se produit en m\u00eame temps, bien qu&rsquo;\u00e0 des \u00e9poques diff\u00e9rentes. Avant lui, d&rsquo;autres ont entrepris la m\u00eame exp\u00e9dition. Apr\u00e8s lui, d&rsquo;autres l&rsquo;envisageront. Son parcours ne fait que commencer, mais il est tout autant termin\u00e9 que sur le point de d\u00e9marrer. Pourquoi s&rsquo;en faire ? Tous partagent les m\u00eames folies et d\u00e9sespoirs, aussi \u00e9ternels comme peut l&rsquo;\u00eatre le Groenland.<\/p>\n<p>Les Inuits des temps anciens ne connaissent pas le pronom \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb, mais parlent d&rsquo;eux \u00e0 la troisi\u00e8me personne, \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb; faut-il voir, sous cette propension \u00e0 l&rsquo;effacement, une conscience plus grande qu&rsquo;ils ne sont qu&rsquo;une pi\u00e8ce temporelle, rempla\u00e7able, d&rsquo;un jeu qui les d\u00e9passe ?<\/p>\n<p>D\u00e9barrass\u00e9 de tout imposition soci\u00e9tale de ce qui est juste ou non, chacun est libre de choisir sa mort. La mort appartient \u00e0 soi-m\u00eame, tout comme la vie. Personne ne saurait aller \u00e0 l&rsquo;encontre d&rsquo;un vieillard ayant d\u00e9cid\u00e9 de mourir, un vieux pour qui, estimant son heure venue, ses exp\u00e9riences pass\u00e9es suffisamment riches, partir est la solution la plus noble. On retrouve la m\u00eame noblesse que Socrates buvant la cigu\u00eb; et tout comme ce dernier, l&rsquo;Inuit sait que le lendemain sera identique \u00e0 aujourd&rsquo;hui, et que sa disparition n&rsquo;a pas d&rsquo;importance.<\/p>\n<h2>La sexualit\u00e9<\/h2>\n<p>Le ma\u00eetre-mot d&rsquo;eros, tout comme pour thanatos, c&rsquo;est la libert\u00e9. Lorsqu&rsquo;il aime une femme, il la prend. Faisant foin de tout ang\u00e9lisme, Riel montre que cette libert\u00e9 est beaucoup plus r\u00e9elle pour l&rsquo;homme que pour la femme; la femme tient parfois plus de l&rsquo;objet que d&rsquo;une \u00e9pouse qui se livrerait de bon gr\u00e9 \u00e0 un partenaire. Mais celle-ci, malmen\u00e9e, a toujours le dernier mot; elle fuit dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Heq\u00a0\u00bb ses esclavagistes, pour trouver l&rsquo;homme, le \u00ab\u00a0pouvoyeur\u00a0\u00bb, avec qui elle choisira de rester. Apr\u00e8s parfois une s\u00e9rie de viols, elle choisit de rester en femme libre avec son concubin. Aussi bien dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb que dans \u00ab\u00a0Heq\u00a0\u00bb, elle a le choix final de rester ou de partir; dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb, ce choix fait l&rsquo;objet d&rsquo;une parade nuptiale merveilleuse, o\u00f9 Arluk, rendant enti\u00e8rement sa libert\u00e9 \u00e0 Svava, lui fait comprendre que la libert\u00e9 se gagne en une lutte permanente; cette derni\u00e8re, incapable de survivre en milieu hostile seule, ne r\u00e9ussissant pas \u00e0 gagner le droit d&rsquo;\u00eatre libre, reviendra d&rsquo;elle-m\u00eame aupr\u00e8s d&rsquo;Arluk. C&rsquo;est librement qu&rsquo;elle choisira, apr\u00e8s son infructueuse tentative d&rsquo;existence solitaire, de vivre avec Arluk, qui lui fournira les victuailles indispensables. La libert\u00e9, ce n&rsquo;est pas \u00eatre seul d\u00e9montre Riel, elle s&rsquo;acquiert, dans un \u00e9lan rousseauiste, par la libre association entre individus.<\/p>\n<p>L&rsquo;expression de cette libert\u00e9 se concr\u00e9tise dans la possibilit\u00e9 de multiplier les aventures sexuelles. Aux \u00e9trangers temporairement nomades qui visitent un camp inuit temporairement s\u00e9dentaire, on leur offre l&rsquo;hospitalit\u00e9, le propre de chaque d\u00e9sert. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 la nourriture seule : on partage sans tabou les concubins et concubines, on \u00ab\u00a0va rire sous peaux\u00a0\u00bb en groupe. Seuls les malchanceux, dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb, font l&rsquo;amour avec leur propre partenaire lors de ces jeux ou le hasard d\u00e9cide de l&rsquo;amant d&rsquo;un soir; les Inuits veulent explorer les hommes comme ils explorent le continent groenlandais. La vie est courte, et les exp\u00e9riences \u00e0 faire nombreuses. Le temps manque pour la peur.<\/p>\n<p>Multiplier les conqu\u00eates &#8211; bien que rien ne sois jamais conquis &#8211; est donc signe de grandeur. Une femme aux amants nombreux est exp\u00e9riment\u00e9e; un homme aux partenaires nombreuses est dou\u00e9 \u00e0 la chasse. Tous s&rsquo;adaptent aux conditions : si les femmes sont moins nombreuses que les hommes, ce sont les femmes qui multiplient pourvoyeurs. Dans l&rsquo;univers changeant de la banquise, il faut faire preuve d&rsquo;adaptabilit\u00e9 ou mourir.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des autres th\u00e8mes sexuels d\u00e9velopp\u00e9s abondamment par Riel concerne le m\u00e9tissage. Dans leur optique exploratoire, les hommes les plus glorieux souhaitent avoir une descendance m\u00e9tiss\u00e9e. Dans \u00ab\u00a0Heq\u00a0\u00bb, c&rsquo;est avec une indienne (la tribu des \u00ab\u00a0Hommes-chiens\u00a0\u00bb), dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb, c&rsquo;est avec une <em>Kavdlunait<\/em> (une Nord-europ\u00e9enne). La diff\u00e9rence est vue comme un avantage, ouvrant de nouvelles opportunit\u00e9s et laissant libre court \u00e0 l&rsquo;inventivit\u00e9 humaine, d\u00e9multipli\u00e9e par l&rsquo;association des diff\u00e9rences.<\/p>\n<h2>La modernit\u00e9<\/h2>\n<p>Que reste-t-il de toutes ces traditions, au XX\u00e8me si\u00e8cle ? Le portrait est catastrophique dans \u00ab\u00a0Sor\u00e9\u00a0\u00bb, sans doute le plus noir de la s\u00e9rie. Si les meurtres et viols sont moins nombreux, paradoxalement le go\u00fbt de vivre s&rsquo;est effac\u00e9 devant une modernit\u00e9 qui ravage tout sur son passage.<\/p>\n<p>L&rsquo;alcool tout d&rsquo;abord, qui \u00e9tait joyeux (m\u00eame si mortel) dans \u00ab\u00a0Arluk\u00a0\u00bb, pousse dans \u00ab\u00a0Sor\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 battre sa femme. La m\u00e8re de Sor\u00e9, battue \u00e0 mort par son second compagnon, se fera passer pour morte tellement elle est laiss\u00e9e d\u00e9figur\u00e9e par son violent partenaire. Le conte, aussi indispensable \u00e0 la vie spirituelle inuit que la viande l&rsquo;est pour la vie physique, est progressivement d\u00e9laiss\u00e9. L&rsquo;h\u00e9ro\u00efne, devenue \u00e9crivain de talent, ne r\u00e9ussit jamais \u00e0 transcrire toute la richesse d&rsquo;un r\u00e9cit au coin du feu des Inuits d&rsquo;antan; le \u00ab\u00a0langage du corps\u00a0\u00bb \u00e9tant absent sur le papier, la moiti\u00e9 du conte est amput\u00e9e de sa richesse narrative. Regret personnel de Riel, l&rsquo;\u00e9crivain ? Peut-\u00eatre, car il fera dire \u00e0 Sor\u00e9, interpell\u00e9e sur le fait qu&rsquo;elle est \u00e9crivain, qu&rsquo;elle est conteuse, et non \u00e9crivain : \u00ab\u00a0Ecrivain, c&rsquo;est un titre. Moi, je suis conteuse, comme il y en a toujours eu chez nous.\u00a0\u00bb <sup><a href=\"#footnote_0_299\" id=\"identifier_0_299\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Sor&eacute;, page 51\">[1]<\/a><\/sup> L&rsquo;\u00e9crivain a d\u00e9j\u00e0 remplac\u00e9 le conteur dans la culture groenlandaise, bien que Sor\u00e9 se batte aussi fort qu&rsquo;elle puisse pour d\u00e9fendre la tradition; peine perdue, pour tous, pour nous, elle est \u00e9crivain.<\/p>\n<p>La trilogie du \u00ab\u00a0chant pour celui qui d\u00e9sire vivre\u00a0\u00bb est une saga en forme d&rsquo;hymne \u00e0 la libert\u00e9. Libert\u00e9 de vivre et libert\u00e9 d&rsquo;aimer, pr\u00e9sent\u00e9es avec un brin de nostalgie; comment se fier \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;homme-lune\u00a0\u00bb, cet esprit inuit du noir, dans un monde o\u00f9 l&rsquo;on peut voir avec une lunette les crat\u00e8res de la Lune ? La m\u00e8re de Sor\u00e9, Maria, explique ainsi : \u00ab\u00a0Nous ne croyons plus \u00e0 ces choses. Peux-tu t&rsquo;imaginer en invocateur d&rsquo;esprits qui irait rendre visite \u00e0 l&rsquo;homme-lune et rencontrerait un astronaute am\u00e9ricain, ou qui irait au royaume des morts chercher une \u00e2me enlev\u00e9e et la trouverait dans un respirateur de l&rsquo;h\u00f4pital de Nuuk ?\u00a0\u00bb <sup><a href=\"#footnote_1_299\" id=\"identifier_1_299\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Sor&eacute;, page 137\">[2]<\/a><\/sup> La modernit\u00e9 a d\u00e9finitivement tu\u00e9 les croyances groenlandaises, comme elle a fauch\u00e9 les croyances de toute sorte partout dans le monde. Elle a annihil\u00e9 le risque du voyage avec les avions, elle a effac\u00e9 la rudesse de la chasse avec les fusils. Sans ces difficult\u00e9s, pourquoi respecter l&rsquo;animal qu&rsquo;on vient de refroidir ? Les anciennes traditions imposaient un esp\u00e8ce de deuil de 5 jours pour la mort d&rsquo;un ours; la conscience d&rsquo;avoir \u00f4t\u00e9 la vie \u00e0 un \u00eatre vivant \u00e9tait plus vivace lorsque le combat \u00e9tait \u00e9quitable. L&rsquo;industrialisation de la mort a clos d\u00e9finitivement ce chapitre, et l&rsquo;homme s&rsquo;est s\u00e9par\u00e9 de l&rsquo;animal \u00e0 tout jamais.<\/p>\n<p>En gommant les fronti\u00e8res mentales d&rsquo;autrefois, d\u00e9montre Riel, nous en avons cr\u00e9\u00e9 de nouvelles. Nous pouvons aller \u00e0 la rencontre de l&rsquo;autre, mais le racisme est apparu. Nous pouvons voyager partout sur la Terre, mais avons imagin\u00e9 des fronti\u00e8res. Sommes-nous plus libres avec la modernit\u00e9 ? \u00ab\u00a0Ici, il n&rsquo;y a pas de fronti\u00e8res, maman [&#8230;]\u00a0\u00bb <sup><a href=\"#footnote_2_299\" id=\"identifier_2_299\" class=\"footnote-link footnote-identifier-link\" title=\"Sor&eacute;, page 166\">[3]<\/a><\/sup>, explique Sor\u00e9, dans ses derni\u00e8res phrases. Les fronti\u00e8res, libre \u00e0 nous de les accepter ou pas.<\/p>\n<div class=\"footnotes-made-easy-header\"><div class=\"footnote_container_prepare\">\n<p>R\u00e9f\u00e9rences<\/p>\n<\/div>\n<\/div><ol class=\"footnotes\"><li id=\"footnote_0_299\" class=\"footnote\"> Sor\u00e9, page 51 <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"><span class=\"fme-pre-backlink\">[<\/span><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2008\/le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre#identifier_0_299\" class=\"footnote-link footnote-back-link\" title=\"Jump back to text\" aria-label=\"Jump back to text\">\u21a9<\/a><span class=\"fme-pre-backlink\">]<\/span><\/span><\/li><li id=\"footnote_1_299\" class=\"footnote\"> Sor\u00e9, page 137 <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"><span class=\"fme-pre-backlink\">[<\/span><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2008\/le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre#identifier_1_299\" class=\"footnote-link footnote-back-link\" title=\"Jump back to text\" aria-label=\"Jump back to text\">\u21a9<\/a><span class=\"fme-pre-backlink\">]<\/span><\/span><\/li><li id=\"footnote_2_299\" class=\"footnote\"> Sor\u00e9, page 166 <span class=\"footnote-back-link-wrapper\"><span class=\"fme-pre-backlink\">[<\/span><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2008\/le-chant-pour-celui-qui-desire-vivre#identifier_2_299\" class=\"footnote-link footnote-back-link\" title=\"Jump back to text\" aria-label=\"Jump back to text\">\u21a9<\/a><span class=\"fme-pre-backlink\">]<\/span><\/span><\/li><\/ol><div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"299\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"299\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu&rsquo;est-ce qui rassemble le phoque, l&rsquo;ours et le loup ? Tous les trois vivent dans les parties nordiques de notre plan\u00e8te, et tous les trois sont les seuls moyens de subsistance des Inuits, peuple pr\u00e9sent\u00e9 dans la trilogie de Jorn Riel, \u00ab\u00a0le chant pour celui qui d\u00e9sire vivre\u00a0\u00bb. 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