{"id":213,"date":"2006-12-23T16:28:13","date_gmt":"2006-12-23T14:28:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ikiru.ch\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil"},"modified":"2008-08-31T18:59:10","modified_gmt":"2008-08-31T17:59:10","slug":"american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil","title":{"rendered":"American tablo\u00efd, ou comment mettre les USA \u00e0 poil"},"content":{"rendered":"<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_82_2 ez-toc-wrap-center counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<p class=\"ez-toc-title\" style=\"cursor:inherit\">Contents<\/p>\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil\/#A_100_un_putain_de_bon_bouquin\" >A 100% un putain de bon bouquin<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil\/#Les_trois_putains_de_mousquetaires\" >Les trois putains de mousquetaires<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3' ><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil\/#Ward_il_est_putain_dinteressant\" >Ward, il est putain d&rsquo;int\u00e9ressant<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/american-tabloid-ou-comment-mettre-les-usa-a-poil\/#Tu_finis_putain\" >Tu finis, putain ?<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"A_100_un_putain_de_bon_bouquin\"><\/span>A 100% un putain de bon bouquin<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Cent, c&rsquo;est le nombre de coups de poignards ass\u00e9n\u00e9s par autant de chapitres dans le livre de James Ellroy. Sang, c&rsquo;est le liquide chaud et humide qui se r\u00e9pand tout le long de ce putain de bon bouquin, et qui passerait presque pour le personnage principal. Sans, c&rsquo;est la pr\u00e9position qu&rsquo;il faut coller juste avant le mot \u00ab\u00a0illusion\u00a0\u00bb, le tout ainsi construit caract\u00e9risant le mieux les personnages d&rsquo;American Tabloid, des individus \u00e0 la recherche d&rsquo;un sens \u00e0 leur vie. Apr\u00e8s avoir avoir englouti le Dahlia noir, c&rsquo;est avec ardeur que je souhaitais go\u00fbter au sombres d\u00e9lices d&rsquo;un autre polar d&rsquo;Ellroy. Et quelle ne fut pas la surprise de d\u00e9couvrir un livre&#8230; pour adultes. <\/p>\n<p>Car Ellroy a m\u00fbrit \u00e0 une vitesse qui laisse pantois. En moins de dix ans, sa patte, sauvage et vulgaire &#8211; style tr\u00e8s \u00e0 la mode depuis une ou deux d\u00e9cennies &#8211; a \u00e9t\u00e9 dompt\u00e9e pour faire atteindre des sommets \u00e0 sa litt\u00e9rature. La plume est brute, sans concession, tout comme les protagonistes de cette histoire. Un vocabulaire argotique, de zonard mal embouch\u00e9, pour mieux plonger dans les bas-fonds de l&rsquo;\u00e2me humaine. Au fil des pages tourn\u00e9es, la complexit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9criture et personnages s&rsquo;impose au lecteur. Au fil de la lecture, le style efficace d&rsquo;Ellroy, compos\u00e9 d&rsquo;un savant m\u00e9lange de r\u00e9p\u00e9titions, de phrases courtes et d&rsquo;un langage \u00e0 ne pas mettre sous tous les yeux, convainc qu&rsquo;il s&rsquo;agit bel et bien d&rsquo;une p\u00e9pite qu&rsquo;on est en train de lire. Un rythme de mitraillette qui laisse le lecteur K.O., qui le pousse \u00e0 retenir sa respiration lorsqu&rsquo;il tourne les page. Avec Ellroy, il faut se souvenir de reprendre son souffle de temps \u00e0 autre.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_trois_putains_de_mousquetaires\"><\/span>Les trois putains de mousquetaires<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Kemper Boyd, Peter Bondurant et Ward Littell sont les trois personnages principaux et r\u00e9currents d&rsquo;American Tabloid. Trois personnages qui semblent aux antipodes les uns des autres, avec respectivement un agent du FBI astucieux et calculateur, un criminel endurci et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, et encore un agent du FBI, mais rat\u00e9 et path\u00e9tique. Tous les trois sont une cl\u00e9 de lecture du roman, des pistes de compr\u00e9hension d&rsquo;un Ellroy qui veut d\u00e9niaiser le mythe d&rsquo;une Am\u00e9rique pure d&rsquo;avant l&rsquo;assassinat de JFK :<\/p>\n<blockquote><p>L&rsquo;heure est venue de d\u00e9mythifier toute une \u00e9poque et de b\u00e2tir un nouveau mythe depuis le ruisseau jusqu&rsquo;aux \u00e9toiles. L&rsquo;heure est venue d&rsquo;ouvrir grand les bras \u00e0 des hommes mauvais et au prix qu&rsquo;ils ont pay\u00e9 pour d\u00e9finir leur \u00e9poque en secret.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;\u00e9crivain veut tailler dans le gras les illusions romantiques, et pour ce faire, il d\u00e9gaine avec brio Kemper \u00ab\u00a0wannabe Kennedy\u00a0\u00bb, Pete \u00ab\u00a0l&rsquo;assoiff\u00e9 d&rsquo;amour\u00a0\u00bb, et Ward \u00ab\u00a0l&rsquo;anguille\u00a0\u00bb. Chacun a son propre parcours, ses propres espoirs, ses propres peurs. Tous chassent sur les m\u00eames terres, et l&rsquo;affrontement des id\u00e9es et des envies est in\u00e9vitable. Le choc est assourdissant, dans ces Etats-Unis qui dansaient encore le bien na\u00eff twist, et tous ces personnages en ressortiront chang\u00e9s. Mais aucun n&rsquo;\u00e9tait vraiment \u00ab\u00a0pur\u00a0\u00bb, d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p>Kemper, un homme au moral d&rsquo;acier et \u00e0 l&rsquo;intelligence hors du commun, va donner tout son sens au mot <em>imbroglio<\/em> : d&rsquo;abord agent du FBI charg\u00e9 d&rsquo;infiltrer les Kennedy pour le compte de son directeur (J. Hoover), il sera progressivement agent double (sous la responsabilit\u00e9 de la CIA, d\u00e9sireuse d&rsquo;envahir Cuba), puis agent triple (engag\u00e9 par la Mafia), puis quadruple (pour son propre compte), puis&#8230; on perd le compte. Les all\u00e9geances sont si compliqu\u00e9es, mais si plausibles dans le monde tortur\u00e9 de Kemper, qu&rsquo;on reste \u00e9tonn\u00e9 devant l&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 d&rsquo;un bonhomme qui r\u00e9ussit \u00e0 tenir des ann\u00e9es des pactes aussi oppos\u00e9es que ceux pass\u00e9s avec Robert F. Kennedy (le fr\u00e8re de JFK) et avec <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jimmy_Hoffa\" alt=\"lien vers wikip\u00e9dia\">Jimmy Hoffa<\/a>, grand ponte du crime d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, ennemi jur\u00e9 de Bobby \u00ab\u00a0le pur\u00a0\u00bb Kennedy. L&rsquo;agent du FBI poursuit un qu\u00eate vou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec : \u00e0 la recherche de la respectabilit\u00e9, il ne cessera de s&rsquo;en \u00e9loigner, en raison de ses m\u00e9thodes et ententes de gangster. Kemper repr\u00e9sente l&rsquo;une des dichotomies majeures du bouquin : celle des mariages contre-nature, qui a pour apog\u00e9e la d\u00e9couverte par Robert Kennedy que son p\u00e8re, Joseph K., est le principal usurier de la Mafia US. L&rsquo;ambition le consumera, il sacrifiera l&rsquo;amour sur l&rsquo;autel des Kennedy : il abandonnera sa fianc\u00e9e, en \u00e9change d&rsquo;un travail au service des Kennedy. <\/p>\n<p>Celui qui entre en piste dans le r\u00e9cit avec le plus d&rsquo;assurance et de respect, sera celui-l\u00e0 m\u00eame qui finira le plus bas, rejet\u00e9 de tous, r\u00e9pudi\u00e9 par sa fille, raill\u00e9 par son mod\u00e8le &#8211; JFK &#8211; dans une bande audio, et tu\u00e9 par son meilleur (son seul) ami. Il serait toutefois vain de chercher \u00e0 en tirer une morale, puisque, malgr\u00e9 ses manipulations, extorsions, meurtres, il reste le seul a garder quelques principes, ou m\u00eame en acqu\u00e9rir (son \u00ab\u00a0ent\u00eatement\u00a0\u00bb pour la cause des Noirs, dans une p\u00e9riode d\u00e9peinte comme profond\u00e9ment raciste) : il sera \u00e9galement le seul \u00e0 mourir&#8230;<\/p>\n<p>Au moins aussi complexe, Pete fait l&rsquo;ouverture du livre, et en fera \u00e9galement sa conclusion. L&rsquo;homme qu&rsquo;Ellroy pr\u00e9sente comme une brute \u00e9paisse, va progressivement faire montre d&rsquo;une intelligence \u00e9patante, d&rsquo;un manque \u00e9lev\u00e9 de piti\u00e9, mais aussi d&rsquo;un irr\u00e9pressible besoin d&rsquo;amour, de diverses peurs et m\u00eame de remords. Contradictoire, il l&rsquo;est comme tous ses acolytes. Il devra sa survie \u00e0 celui qu&rsquo;il essaie de tuer, il s&rsquo;alliera au gr\u00e9 des circonstances, comme tout opportuniste qui se respecte. Mais \u00ab\u00a0le Grand Pete\u00a0\u00bb sera celui qui changera le moins, \u00e0 savoir que si il pactise avec la CIA, il ne roulera jamais pour les Kennedy, qu&rsquo;il respecte vaguement mais ne soutiendra jamais. Bien qu&rsquo;il serait erron\u00e9 de voir les Kennedy comme la face \u00e9clair\u00e9 et la Mafia comme le c\u00f4t\u00e9 sombre des USA &#8211; JFK est un coureur de jupon infid\u00e8le et peu pr\u00e9occup\u00e9 par les individus &#8211; les grands traits sont toutefois l\u00e0 : soit on est du c\u00f4t\u00e9 de la loi, soit on ne l&rsquo;est pas. La Mafia doit son existence au franchissement de cette barri\u00e8re, et sa p\u00e9rennit\u00e9 est assur\u00e9e par l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 de ses actions. Les deux mondes antinomiques repr\u00e9sentent donc cela : le l\u00e9gal et l&rsquo;ill\u00e9gal, et non le juste et l&rsquo;injuste. Et dans ce monde, Pete restera ind\u00e9crottablement du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;ill\u00e9gal. Il restera fid\u00e8le \u00e0 son manque d&rsquo;id\u00e9al, reconnaissant sans broncher avoir dessoud\u00e9 plus de 150 personnes. Cela, peu avant de trouver l&rsquo;\u00e2me soeur, une fille-app\u00e2t dans ses combines d&rsquo;extorsions, mais aussi sa futur femme. Pete est un maquereau dans l&rsquo;\u00e2me, qui n&rsquo;a toutefois pas eu \u00e0 faire le pacte de Faust : il n&rsquo;avait rien \u00e0 vendre. <\/p>\n<h3><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Ward_il_est_putain_dinteressant\"><\/span>Ward, il est putain d&rsquo;int\u00e9ressant<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n<p>Peut-\u00eatre le personnage le plus int\u00e9ressant, parce qu&rsquo;intriguant et \u00e9volutif, est Ward, qui s&rsquo;ennuie \u00e0 mourir dans son boulot : il surveille des communistes et affili\u00e9s, dans une p\u00e9riode pas encore sortie du McCarthysme. \u00c9coutant des confessions sans int\u00e9r\u00eat, il raille la peur du p\u00e9ril rouge, pr\u00e9texte qui permet aux mafieux de d\u00e9tourner le regard du crime organis\u00e9. Et le crime organis\u00e9, il en raffole. Raison pour laquelle il voue une admiration au repr\u00e9sentant de la loi &#8211; Robert \u00ab\u00a0Bob\u00a0\u00bb Kennedy &#8211; et fera tout, y compris compromettre sa carri\u00e8re, pour l&rsquo;aider dans sa lutte contre la Mafia. <\/p>\n<p>Pas de compagne, un job \u00e0 ses yeux insipide, il se lance alors \u00e0 corps perdu dans la surveillance de la p\u00e8gre, se cr\u00e9ant un r\u00e9seau d&rsquo;indics. Certains mourront \u00e0 cause de ses maladresses, mais il r\u00e9ussira \u00e0 accomplir son objectif &#8211; mettre la main sur les livres de comptabilit\u00e9 parall\u00e8le du syndicat mafieux. Et alors qu&rsquo;on s&rsquo;attend \u00e0 l&rsquo;accomplissement de sa vie, ce n&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 que le fond du gouffre qu&rsquo;il touche, puisque Bob Kennedy, embarrass\u00e9 par l&rsquo;aura de pro-communiste qu&rsquo;il d\u00e9gage (savamment construite par Hoover, d\u00e9testant Ward), refusera toute collaboration avec le pr\u00e9cieux anti-mafieux. D\u00e8s lors, tout bascule chez Ward, l&rsquo;\u00e9chelle de ses valeurs se retrouve mise sans dessus-dessous : vir\u00e9 du FBI, interdit officieusement d&rsquo;exercer sa formation premi\u00e8re d&rsquo;homme de loi, rejet\u00e9 de tous, il deviendra un avocat z\u00e9l\u00e9 et comp\u00e9tent de la Mafia. Il ira m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 utiliser les documents acquis au p\u00e9ril de sa vie, pour s&rsquo;assurer une place au soleil et se faire mieux accepter par les parrains : il rendra les livres de comptabilit\u00e9 \u00e0 ceux-l\u00e0 m\u00eame qu&rsquo;il avait d\u00e9pouill\u00e9. Ces documents repr\u00e9sentants son ancienne vie, il s&rsquo;en s\u00e9pare par ambition, mais aussi pour enterrer son ancienne vie.<\/p>\n<p>Suivant son bonhomme de chemin, il tuera ses id\u00e9aux l\u00e9gaux (les Kennedy), les combattants sans rel\u00e2che, pr\u00e9voyant l&rsquo;assassinat JFK, et assassinant lui-m\u00eame sans meilleur ami : Kemper Boyd, l&rsquo;homme qui lui a tout appris. Et regardant si \u00ab\u00a0tout en valait la peine\u00a0\u00bb, lui qui travaille pour un vampire &#8211; Howard Hugues, il r\u00e9alisera peut-\u00eatre l&rsquo;ampleur de son avilissement. Le prix de sa compromission, lui qui contrairement \u00e0 Pete, est en porte-\u00e0-faux avec son \u00eatre profond. Pense-t-il m\u00eame devenir Howard Hugues plus tard ?<\/p>\n<p>Ce personnage est sombrement d\u00e9licieux, peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il a un vrai parcours initiatique, mais dans la plus pure tradition des romans mafieux : il s&rsquo;initie au crime, \u00e0 l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9. Suintant d&rsquo;id\u00e9alisme en d\u00e9but de chemin (mais sans pour autant \u00eatre niais), il arrive se pr\u00e9sente dans les derni\u00e8res pages comme ayant accompli une m\u00e9tamorphose radicale, totalement d\u00e9truit par tout ce qu&rsquo;il a vu, entendu, et v\u00e9cu. Et pourtant&#8230; le voil\u00e0 ressemblant au Kemper Boyd de d\u00e9part, bien habill\u00e9, manipulateur au possible, le r\u00eave am\u00e9ricain. L&rsquo;homme qui s&rsquo;est fait tout seul, \u00e0 qui on a expliqu\u00e9 les ficelles du m\u00e9tier, et qui s&rsquo;est r\u00e9alis\u00e9. Peut-\u00eatre la sc\u00e8ne finale vient-elle moraliser quelque peu cette vision, apr\u00e8s avoir tu\u00e9 son fr\u00e8re et p\u00e8re d&rsquo;adoption, son professeur &#8211; Kemper assume beaucoup de r\u00f4les pour cet homme &#8211; il devient cette homme. La vie est un \u00e9ternel recommencement.<\/p>\n<h2><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Tu_finis_putain\"><\/span>Tu finis, putain ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n<p>Merveilleux ouvrage sur l&rsquo;obscurit\u00e9 humaine et le coups qui laissent des cicatrices dans la vie, il est \u00e0 recommander sans mod\u00e9ration. Aucun des deux films que j&rsquo;ai pu voir adapt\u00e9s de Boyd (<!--imdb-->L.A. Confidential<!--\/imdb--> et <!--imdb-->Le Dahlia noir<!--\/imdb-->) ne r\u00e9ussissent \u00e0 rendre compte de la complexit\u00e9 des enjeux chez Ellroy &#8211; et avouons que De Palma, en dehors de faire des plans de 5 minutes sans montage, ne sait plus filmer autre chose que des navets. Ellroy vous emm\u00e8ne faire un trip dans les bas-fonds, ce qu&rsquo;aurait beaucoup mieux compris Akira Kurosawa. Et ce que ne comprennent pas une seule secondes les chiens de garde taxant Ellroy d&rsquo;extr\u00e9miste, de fasciste, et le comparant avec C\u00e9line. Il partage avec ce dernier le talent, mais de l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;affubler d&rsquo;id\u00e9es naus\u00e9abondes&#8230; prenez du recul, les critiques, et cessez de projeter vos fantasmes.<\/p>\n<p>Heureusement, pas de saintes-nitouche \u00e0 l&rsquo;horizon pour estimer que son style, vulgaire, ne peut \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 de la litt\u00e9rature. C&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a de pris sur le putain d&rsquo;ennemi pudibond et engonc\u00e9 dans ses certitudes.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"213\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"213\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A 100% un putain de bon bouquin Cent, c&rsquo;est le nombre de coups de poignards ass\u00e9n\u00e9s par autant de chapitres dans le livre de James Ellroy. Sang, c&rsquo;est le liquide chaud et humide qui se r\u00e9pand tout le long de ce putain de bon bouquin, et qui passerait presque pour le personnage principal. 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