{"id":191,"date":"2006-04-11T23:07:45","date_gmt":"2006-04-11T22:07:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ikiru.ch\/blog\/2006\/godfather-part-iii-the"},"modified":"2025-05-08T18:45:18","modified_gmt":"2025-05-08T23:45:18","slug":"godfather-part-iii-the","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2006\/godfather-part-iii-the","title":{"rendered":"Godfather: Part III, the"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/godfather-part-iii.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/godfather-part-iii-150x150.jpg\" alt=\"godfather part iii affiche\" class=\"wp-image-2113\"\/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>A chaque \u00e9pisode du Parrain correspond une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration du XXe si\u00e8cle : si dans le premier nous sommes dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, les sixties hantent le deuxi\u00e8me \u00e9pisode alors que dans le dernier, ce sont les ann\u00e9es <em>golden boys<\/em> qui cr\u00e8vent l&rsquo;\u00e9cran. A chaque nouvel \u00e9pisode correspond \u00e9galement une g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;acteurs : Marlon Brando (Vito Corleone) dans le premier, Al Pacino (Michaele Corleone, qui joue \u00e9galement dans la premi\u00e8re partie) et Robert De Niro (Vito Corleone jeune) dans le second, et enfin Andy Garcia (Vincenzo Mancini-Corleone) dans le dernier. Enfin, ce sont trois types de violences diff\u00e9rents qui sont abord\u00e9s tout le long : de la brutalit\u00e9 et du crime existant par d\u00e9faut d&rsquo;Etat, on passe au crime co-existant et d\u00e9fiant l&rsquo;Etat, finissant avec le crime institutionnalis\u00e9. La vie de la mafia aux USA, c&rsquo;est la vie de l&rsquo;Etat : les deux \u00e9voluent ensembles, et finissent par tellement se m\u00e9langer qu&rsquo;il devient difficile de savoir en face de qui l&rsquo;on se trouve.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9alisateur Francis Ford Coppola est habit\u00e9 durant toute sa s\u00e9rie par la dialectique de ces hommes qui, sous couvert de racines chr\u00e9tiennes, prient \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise le dimanche apr\u00e8s avoir p\u00each\u00e9 la semaine durant. En d\u00e9monstration, Coppola offre des montages qui sont des monuments du 7\u00e8me art : dans le deuxi\u00e8me opus, on assiste \u00e0 un bapt\u00eame en parall\u00e8le \u00e0 des assassinats de masse; dans le 3\u00e8me, c&rsquo;est \u00ab\u00a0l&rsquo;adoubement\u00a0\u00bb de Michaele Corleone, alors qu&rsquo;il fait assassiner son fr\u00e8re. La respectabilit\u00e9 dans laquelle se drapent ces hommes est ainsi object\u00e9e \u00e0 leurs actions r\u00e9ellement entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais dans le dernier de la s\u00e9rie, g\u00e9n\u00e9ration <em>golden boy<\/em> oblige, Coppola se fait plaisir avec des sc\u00e8nes dans la pure tradition du langage cin\u00e9matographique. Ainsi cette magnifique contre-plong\u00e9e qui montre un building new-yorkais, vu depuis&#8230; une \u00e9glise. La finance c\u00f4toie d\u00e9sormais la religion, c&rsquo;est une violence d&rsquo;une nouvelle esp\u00e8ce, rempla\u00e7ant la force brute d&rsquo;autrefois. On sponsorise des fondations, on paye des avocats, on ach\u00e8te ses titres : la violence est institutionnalis\u00e9e, on peut \u00e0 visage d\u00e9couvert commettre ce qui auparavant se faisant dans la plus grande discr\u00e9tion. Parrainer le crime n&rsquo;est plus un d\u00e9lit, la loi le permet. La raison, il faut peut-\u00eatre la chercher autour du personnage de Lucchesi (Enzo Robutti), cet homme politique v\u00e9reux qui, depuis Rome, tire des ficelles d&rsquo;un monde qu&rsquo;il participe \u00e0 corrompre.<\/p>\n\n\n\n<p>La corruption est issue de l&rsquo;app\u00e2t du gain, mais pas seulement. Incapables de vivre en soci\u00e9t\u00e9, incapables d&rsquo;\u00eatre raisonnables, les hommes recherchent le respect; cet individualisme forcen\u00e9 pousse \u00e0 rechercher la <em>vendetta<\/em> (vengeance) qui, Coppola se fait un point d&rsquo;honneur \u00e0 le d\u00e9montrer, non seulement ne r\u00e9sout rien, mais est le fruit de cet individualisme. Aimer ses proches ne signfie pas d\u00e9clencher des luttes fratricides pour les venger. Aimer ses proches, c&rsquo;est les aimer de leur vivant, et les honorer dans l&rsquo;au-del\u00e0. Parce que Don Tommasino (Vittorio Duse) dispense son amour autour de lui, il aura un sort bien diff\u00e9rent que celui de Michaele Corleone. Ce dernier ne mourra ainsi pas assassin\u00e9; au contraire, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 incapable de changer, de se repentir, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 soumis aux affres de la culpabilit\u00e9, Michaele meurt d&rsquo;une mort naturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, le plus grand film de famille de l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma a une sc\u00e8ne finale assez \u00e9tonnante : Michaele Corleone seul, mourant parmi des chiens et des chats, sous le soleil de plomb sicilien. Bien qu&rsquo;ayant cherch\u00e9 toute sa vie durant \u00e0 prot\u00e9ger sa famille, Michaele s&rsquo;\u00e9croule d&rsquo;une chaise aussi aust\u00e8re que le paysage d\u00e9pouill\u00e9 qu&rsquo;il contemplait, seul dans le d\u00e9sertique sud italien. Alors que lorsque son p\u00e8re, Vito, mourrait, c&rsquo;\u00e9tait en jouant avec son petit-fils; pourquoi donc Michaele meure-t-il seul et abandonn\u00e9 de tous ?<\/p>\n\n\n\n<p>Une piste \u00e0 explorer concerne toute la notion de respect : synonyme en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;amour propre et d&rsquo;individualisme, il s&rsquo;oppose \u00e0 \u00ab\u00a0\u00eatre raisonnable\u00a0\u00bb. Ce que Vito Corleone fait durant la premi\u00e8re partie, lorsqu&rsquo;il doit n\u00e9gocier avec ses coll\u00e8gues peu fr\u00e9quentables : il accepte, bien qu&rsquo;ayant perdu un enfant, de faire b\u00e9n\u00e9ficier de ses relations aux autres gangsters. Michaele est lui un id\u00e9aliste, bien moins pragmatique qu&rsquo;il ne veut le faire croire. Il ne transigera pas lorsque, lors d&rsquo;une r\u00e9union d&rsquo;Atlantic City, certains le prient \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00eatre raisonnable\u00a0\u00bb, et de partager la protection que la l\u00e9galit\u00e9 de ses nouvelles affaires (<em>immobiliare international<\/em>) pourrait offrir \u00e0 ses anciens partenaires. Rigide, froid et intellectuel, Michaele a \u00e9chou\u00e9 \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer sa famille autour de lui. Son divorce, l&rsquo;\u00e9loignement de ses enfants, l&rsquo;adoption presque forc\u00e9e d&rsquo;un neveu qui lui ressemble si peu, la prosp\u00e9rit\u00e9 de ses affaires n&rsquo;a d&rsquo;\u00e9gale que l&rsquo;\u00e9chec de sa vie familiale. Si \u00ab\u00a0\u00eatre raisonnable\u00a0\u00bb signifie consensus, empathie, c&rsquo;est \u00ab\u00a0qu&rsquo;\u00eatre raisonnable\u00a0\u00bb repr\u00e9sente la famille. Il faut savoir plier pour \u00eatre accept\u00e9 dans la famille, la souplesse est une qualit\u00e9 n\u00e9cessaire; or, Michaele est beaucoup trop individualiste pour \u00eatre raisonnable. C&rsquo;est un homme de principes. Des principes qu&rsquo;il met au-dessus de la famille, ce que son p\u00e8re ne fit jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>Oeuvre magistrale du cin\u00e9ma, le Parrain est une s\u00e9rie qui ne monte pas en puissance; elle est au sommet d\u00e8s la premi\u00e8re partie. Elle conte une histoire \u00e9ternelle et imp\u00e9rissable, celle du sud de l&rsquo;Italie, ainsi que celle des soci\u00e9t\u00e9s modernes. Du passage du \u00ab\u00a0sans-\u00e9tat\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0\u00e9tat-corrompu\u00a0\u00bb. D&rsquo;une violence artisanale \u00e0 une corruption dont on s&rsquo;est accommod\u00e9. De l&rsquo;individualisme qui fait place \u00e0 la vie de famille.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"191\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"191\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A chaque \u00e9pisode du Parrain correspond une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration du XXe si\u00e8cle : si dans le premier nous sommes dans l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, les sixties hantent le deuxi\u00e8me \u00e9pisode alors que dans le dernier, ce sont les ann\u00e9es golden boys qui cr\u00e8vent l&rsquo;\u00e9cran. 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