{"id":131,"date":"2005-11-26T00:10:06","date_gmt":"2005-11-25T23:10:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ikiru.ch\/blog\/?p=131"},"modified":"2020-03-03T14:05:08","modified_gmt":"2020-03-03T19:05:08","slug":"les-services-publics-sont-ils-encore-necessaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2005\/les-services-publics-sont-ils-encore-necessaires","title":{"rendered":"Les services publics sont-ils encore n\u00e9cessaires ?"},"content":{"rendered":"<p>A l&rsquo;heure o\u00f9 la Suisse enti\u00e8re s&rsquo;interroge sur le sort \u00e0 r\u00e9server \u00e0 <a title=\"t\u00e9l\u00e9op\u00e9rateur suisse Swisscom\" href=\"http:\/\/www.swisscom.ch\">Swisscom<\/a> (op\u00e9rateur national historique et public du pays), et d\u00e9cider si il faut privatiser ou non l&rsquo;entreprise, mon interrogation personnelle porte elle sur un point en amont : \u00e0 force de d\u00e9blat\u00e9rer autour du \u00ab\u00a0besoin\u00a0\u00bb d&rsquo;un service public dans le domaine, s&rsquo;est-on pench\u00e9 de savoir ce qu&rsquo;est un service public ? Lorsque j&rsquo;entends certains discours socialo-marxistes autour du besoin imp\u00e9rieux de garder Swisscom dans le giron \u00e9tatique, non pas parce qu&rsquo;elle fait partie des quelques entreprises rentables d\u00e9tenues par l&rsquo;Etat, mais parce qu&rsquo;elle serait aujourd&rsquo;hui soucieuse de ne pas avoir une logique d&rsquo;actionnariat propre au secteur priv\u00e9, je me gausse. Ces individus sont soit totalement <a title=\"De l'id\u00e9ologie, un sujet pr\u00e9c\u00e9demment abord\u00e9\" href=\"\/blog\/2005\/de-lideologie\">aveugl\u00e9s par leur id\u00e9ologie<\/a>, soit n&rsquo;ont jamais fr\u00e9quent\u00e9 un service d&rsquo;Etat, et <em>a fortiori<\/em> Swisscom.<\/p>\n<p>Pour le cas de Swisscom, il suffit de se rendre aupr\u00e8s de l&rsquo;un des nombreux <em>shops<\/em> que poss\u00e8de le g\u00e9ant bleu : le d\u00e9bit doit \u00eatre assur\u00e9, les clients qui posent des questions rapidement exp\u00e9di\u00e9s. Le vendeur passe trop de temps avec les clients, trop curieux ? Il se fait bl\u00e2mer d\u00e8s que son sup\u00e9rieur s&rsquo;en apper\u00e7oit. Stress, rentabilit\u00e9, efficacit\u00e9, les contours du service public m\u00e9riteraient d&rsquo;\u00eatre mis en exergue. Pour l&rsquo;instant, je n&rsquo;entends le t\u00e9l\u00e9op\u00e9rateur se r\u00e9clamer du public que lorsqu&rsquo;on s&rsquo;attaque au \u00ab\u00a0dernier <em>miles<\/em>\u00a0\u00bb (reliquat de sa position de monopoleur historique) : ce sujet pousse les dirigeants de l&rsquo;entreprise \u00e0 se draper d&rsquo;habits de couleur rouge chaude, et \u00e0 prof\u00e9rer une diatribe quasi-stalinienne. Cependant, hormis la d\u00e9fense de cet avantage particulier, la position est bien plus pragmatique, dirait-on. Tourn\u00e9 vers la rationalisation, devrait-on avoir le courage de dire.<\/p>\n<p>Swisscom n&rsquo;a \u00e0 mon sens plus aucun lien avec le service public, et s&rsquo;offusquer lorsqu&rsquo;on parle de l\u00e2cher l&rsquo;entreprise aux \u00ab\u00a0chiens du priv\u00e9\u00a0\u00bb semble, encore une fois, totalement d\u00e9connect\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. Un combat d&rsquo;arri\u00e8re-garde. Surtout que, contrairement au domaine de l&rsquo;\u00e9nergie (\u00e9lectricit\u00e9), il n&rsquo;y a pas de raison d&rsquo;Etat derri\u00e8re. Beaucoup d&rsquo;\u00e9nergie inutilement gaspill\u00e9e.<\/p>\n<p>Swisscom est toutefois embl\u00e9matique de la victoire de la doctrine n\u00e9o-lib\u00e9rale. Elle s&rsquo;est diffus\u00e9e d&rsquo;autant plus facilement chez Swisscom, qui est une entreprise soumise \u00e0 la rude concurrence d&rsquo;un secteur pleinement mondialis\u00e9; mais n&rsquo;y a-t-il aucune r\u00e9percussion des \u00e9conomies demand\u00e9es par les \u00ab\u00a0citoyens-contribuables\u00a0\u00bb aupr\u00e8s des autres secteurs du public ?<\/p>\n<p>L&rsquo;assurance ch\u00f4mage, dans une schizophr\u00e9nie dysfonctionnelle qui caract\u00e9rise les services d&rsquo;Etat suisses, permet l&rsquo;intervention de la concurrence dans un secteur \u00e9tatis\u00e9. Mais contrairement \u00e0 l&rsquo;assurance maladie (embl\u00e8me de cette schizophr\u00e9nie), <strong>l&rsquo;Etat est lui-m\u00eame en concurrence<\/strong> avec le priv\u00e9. Tout citoyen qui demande \u00e0 avoir acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;assurance ch\u00f4mage se voit proposer, lors de son inscription, un choix parmi diverses caisses de ch\u00f4mage. Ce choix semble peu important, au d\u00e9part, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9lire un caisse qui aura le privili\u00e8ge de payer l&rsquo;assur\u00e9, apr\u00e8s avoir calcul\u00e9 ses \u00e9ventuels droits. Le placement, le contr\u00f4le de pr\u00e9sence (anciennement le \u00ab\u00a0timbrage\u00a0\u00bb), sont effectu\u00e9s par un service d&rsquo;Etat, les Offices r\u00e9gionaux de placement (ORP), qui est impos\u00e9 \u00e0 l&rsquo;assur\u00e9. Apr\u00e8s tout, il est normal que le contr\u00f4le soit effectu\u00e9 par les repr\u00e9sentants des pouvoirs publics.<\/p>\n<p>Pour le domaine du paiement, o\u00f9 un libre choix est possible, chaque caisse cantonale va subir la concurrence. Ce qui, \u00e0 n&rsquo;en pas douter, pousse les cadres de l&rsquo;Etat, \u00e0 rationnaliser, \u00e0 rentabiliser au maximum leurs employ\u00e9s. D\u00e9lire de gaucho ? Il faut que je partage ici une exp\u00e9rience personnelle. Je me suis rendu aupr\u00e8s de ce service pour entendre qu&rsquo;on \u00ab\u00a0ne peut pas vous consacrer autant de temps\u00a0\u00bb. Saisi d&rsquo;angoisse, jettant un oeil suspect alentour, mes oreilles s&rsquo;\u00e9tonnaient de ne pas entendre les quelques petites notes de la publicit\u00e9 de Swisscom. Pas autant de temps ?<br \/>\n<!--more--><br \/>\nRevenons quelques minutes en arri\u00e8re, puisque j&rsquo;ai pris la place sur le divan, place sur laquelle je n&rsquo;aime pas m&rsquo;appesantir dans mon blog. Mais puisque mon histoire &#8211; il me semble &#8211; d\u00e9passe la simple anecdote, je vais exposer la raison qui m&rsquo;amen\u00e2t aupr\u00e8s de ce \u00ab\u00a0service public\u00a0\u00bb si press\u00e9 de se d\u00e9barasser de moi. Ca tient en 3 mots : comprendre le d\u00e9compte. En effet, le service d&rsquo;assurance ch\u00f4mage vous communique, lors de tout paiement, un relev\u00e9 de compte : y figure le montant vers\u00e9, le solde du d\u00e9lai-cadre (nombre de jours indemnis\u00e9s), les retenues \u00e0 titre de charges sociales, etc. Et il se trouve que, sur mon premier d\u00e9compte, figurait une retenu vaguement justifi\u00e9e par un article de la <a title=\"Loi sur l'assurance ch\u00f4mage\" href=\"http:\/\/www.admin.ch\/ch\/f\/rs\/837_0\/\">Loi sur l&rsquo;assurance ch\u00f4mage<\/a>. Apr\u00e8s v\u00e9rification aupr\u00e8s de cette loi, je ne saisissais toujours pas la relation qu&rsquo;il pouvait exister entre la retenue op\u00e9r\u00e9e et le texte l\u00e9gal.<\/p>\n<p>Na\u00efvement, pensant que ce service public restait un service public, j&rsquo;ai tent\u00e9 de me faire expliquer les bases l\u00e9gales de cette retenue; enfer et damnation, me voil\u00e0 rabaiss\u00e9 au rang d&#8217;emmerdeur, d&rsquo;assur\u00e9 (ou de client ?) p\u00e9nible. L&rsquo;Etat n&rsquo;a pas que \u00e7a \u00e0 faire; il faut payer les assur\u00e9s, et ne pas perdre du temps \u00e0 leur expliquer les tenants et les aboutissants de la loi. Encaisse et tais-toi, dr\u00f4le d&rsquo;auto-perception du service public. Mais il est vrai qu&rsquo;on n&rsquo;explique jamais le r\u00f4le primordial de l&rsquo;Etat \u00e0 ses employ\u00e9s. Quatre services, sept ans de *dure* labeur, rarement entendu les employ\u00e9s se soucier de l&rsquo;aide qu&rsquo;ils pouvaient apporter \u00e0 la population. Plus encore rarement chez les cadres.<\/p>\n<p>Alors me voil\u00e0 devant cette dame au guichet, qui visiblement ne comprend pas ce qu&rsquo;est une loi, ne sait pas la diff\u00e9rencier d&rsquo;une ordonnance, brandissant dans ma direction &#8211; comme d&rsquo;autres brandiraient la bible &#8211; un recueil contenant loi, ordonnance, et explications, et s&rsquo;impatientant : \u00ab\u00a0Mais tout est l\u00e0-dedans, monsieur !\u00a0\u00bb. Ceci apr\u00e8s m&rsquo;avoir montr\u00e9 des directives internes, qu&rsquo;elle ne peut me photocopier, car \u00e0 usage priv\u00e9 seulement; j&rsquo;ai le tort d&rsquo;insister, je veux conna\u00eetre la base l\u00e9gale, et non simplement des notes pondues par quelques chefs de service.<\/p>\n<p>J&rsquo;ouvre ici la deuxi\u00e8me parenth\u00e8se de ce billet : d\u00e8s l&rsquo;instant que l&rsquo;on demande \u00e0 une personne de l&rsquo;Etat de faire un effort, on ressent imm\u00e9diatement quelle faveur immense celle-ci condescent \u00e0 faire \u00e0 notre \u00e9gard. Mais plus encore, lorsque celle-ci prend sur elle, et nous aide malgr\u00e9 tout, il vaut mieux pour l&rsquo;assur\u00e9 &#8211; le client &#8211; qu&rsquo;elle soit en mesure de mener \u00e0 bien la t\u00e2che. Cette jeune dame, qui semblait plut\u00f4t sympathique au premier abord, a \u00e9t\u00e9 capable de souffler d&rsquo;impatience avec une r\u00e9gularit\u00e9 qui ferait p\u00e2lir d&rsquo;envie un m\u00e9tronome. Cela parce qu&rsquo;elle ne connaissait pas le c\u00f4t\u00e9 juridique de son m\u00e9tier; ce qui, au demeurant, ne m&rsquo;aurait pas pos\u00e9 de probl\u00e8me, puisque des gens sont engag\u00e9s pour cela. M\u00eame qu&rsquo;on les appelle des juristes. Fermons la parenth\u00e8se, et oublions \u00e0 quel point les incomp\u00e9tents ne sont pas ceux qui ne savent pas, mais refusent d&rsquo;avouer qu&rsquo;ils ne savent pas.<\/p>\n<p>Les mauvaises langues diront que les juristes sont des gens comme les autres, mais avec un coeur perdu entre le N\u00e9braska et l&rsquo;Alaska. Formule heureuse pour exprimer tout le m\u00e9pris que certains d&rsquo;entre eux peuvent avoir pour le simple mortel, celui qui ne fait pas parti du club des l\u00e9gisvores. Je m&rsquo;oppose en faux, je suis \u00e0 un quart juriste; peut-on vivre avec la perte d&rsquo;un quart de son coeur ? J&rsquo;ai demand\u00e9 donc \u00e0 ma charmante interlocutrice, de plus en plus impatient\u00e9e par mon jusqu&rsquo;au-boutisme, d&rsquo;aller chercher un juriste, prenant bien soin de ne pas briser d\u00e9finitivement son ego, omettant de lui dire que j&rsquo;en avais assez de lui expliquer que des directives ou explications g\u00e9n\u00e9rales n&rsquo;\u00e9quivalait pas \u00e0 un loi. Elle s&rsquo;\u00e9clipsa, certainement soulag\u00e9e de se s\u00e9parer de la pr\u00e9sence d&rsquo;un client &#8211; un assur\u00e9 &#8211; tout ce qu&rsquo;il y a de plus chiant.<\/p>\n<p>Moins de vingt minutes plus tard (!), la voil\u00e0 de retour, m&rsquo;expliquant la juriste ne peut venir au guichet; \u00ab\u00a0surtout pour si peu\u00a0\u00bb, ai-je \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 d&rsquo;ajouter. Mais le regard lourd d&rsquo;ennui qu&rsquo;elle me lan\u00e7ait me d\u00e9couragea imm\u00e9diatement de toute pointe d&rsquo;humour. Et ce avec tout le s\u00e9rieux dont je pouvais faire preuve, que lui demandai de me relater sa conversation avec sa juriste, qui avait d\u00e9cid\u00e9ment trop \u00e0 faire pour prendre deux minutes \u00e0 m&rsquo;expliquer des choses aussi basiques : un billet, sur lequel \u00e9tait grifonn\u00e9 un article de l&rsquo;ordonnance sur l&rsquo;assurance ch\u00f4mage, \u00e9tait le seul r\u00e9sultat visible d&rsquo;une discussion qui devait avoir dur\u00e9 une vingtaine de minutes.<\/p>\n<p>A nouveau embarqu\u00e9 dans ce qui ressemblait de plus en plus \u00e0 une empoignade, je tentais d&rsquo;expliquer que mon seul souhait \u00e9tait de consulter l&rsquo;article montr\u00e9 sur ce post-it jaun\u00e2tre, et rien de plus. Que, \u00ab\u00a0piti\u00e9\u00a0\u00bb, je ne voulais pas \u00eatre le client chiant pendant plus longtemps. Rien \u00e0 faire, la pr\u00e9dicatrice continuait \u00e0 me mettre sous le nez son recueil de lois, m&rsquo;expliquant que je savais tout, et qu&rsquo;elle en avait assez que j&rsquo;insiste.<\/p>\n<p>Heureusement pour moi, ou peut-\u00eatre n&rsquo;\u00e9tais-ce l&rsquo;appel au ciel de cette dame qui l&rsquo;entendais, mais toujours est-il qu&rsquo;un homme, un peu plus s\u00fbr de lui, se d\u00e9cide \u00e0 reprendre le \u00ab\u00a0client chiant de la journ\u00e9e\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Vous connaissez comment \u00e7a marche, la loi ?\u00a0\u00bb, me lance-t-il, avec un regard protecteur envers sa coll\u00e8gue. Mi-amus\u00e9, mi-agac\u00e9, je lui r\u00e9ponds que oui, peut-\u00eatre m\u00eame de mani\u00e8re m\u00e9prisante. J&rsquo;esp\u00e8re pas que ce dernier sentiment n&rsquo;a pas transparu, tant cela m&rsquo;est \u00e9tranger.<\/p>\n<p>Ma pr\u00e9c\u00e9dente camarade de jeu ne se fait pas prier, et s&rsquo;en va imm\u00e9diatement renseigner des clients plus affables, sans un regard vers moi. N&rsquo;ayant pas particuli\u00e8rement envie de mettre cela sur le tapis, je me fais lire l&rsquo;article indiqu\u00e9 par la fantomatique juriste&#8230; ou plut\u00f4t son \u00e9quivalent dans la loi. Ne le remarquant pas imm\u00e9diatement, je commence \u00e0 douter s\u00e9rieusement des qualit\u00e9s de l\u00e9galiste de la juriste, apr\u00e8s avoir dout\u00e9 de ses qualit\u00e9s humaines. Lorsque&#8230; cette personne, pleine de bonnes intentions, m&rsquo;avait lu la loi, et non l&rsquo;ordonnance. Cependant, la n\u00e9gociation de la lecture de l&rsquo;ordonnance aboutit avec ce preux chevalier, et me voil\u00e0 enfin renseign\u00e9. Il m&rsquo;a fallut une heure, montre en main, pour voir noir sur blanc pourquoi j&rsquo;avais le droit \u00e0 une retenue suppl\u00e9mentaire de ch\u00f4mage. Bon sang, je leur ai fait perdre leur temps, mais eux aussi me l&rsquo;on fait perdre&#8230;<\/p>\n<p>Ravi, soulag\u00e9, je tente maladroitement quelques justifications de mon opini\u00e2tret\u00e9, explicant que vouloir comprendre n&rsquo;est pas si condamnable, apr\u00e8s tout. Un sourire convenu aux l\u00e8vres, le bonhomme se fend d&rsquo;un \u00ab\u00a0ouioui\u00a0\u00bb, impatient de me voir vider les lieux. A n&rsquo;en pas douter, une fois dehors, mes deux anciens camarades de jeux ont d\u00fb se lancer un regard convenu, pousser un soupir de soulagement, et rire de tous ces emmerdeurs qui n&rsquo;ont rien \u00e0 faire de la journ\u00e9e, si ce n&rsquo;est venir leur faire perdre leur temps. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout, ces ch\u00f4meurs n&rsquo;ont rien \u00e0 faire de la journ\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le simple fait de vouloir comprendre emmerdre tout le monde. L&rsquo;Etat, machine bureaucratique habitu\u00e9e \u00e0 pondre des d\u00e9cisions administratives comme d&rsquo;autres <a title=\"la fum\u00e9e passive\" href=\"\/blog\/2005\/ouvrons-le-rideau-de-fumee-fumer-dans-les-lieux-publics\">s&rsquo;allument une cigarette<\/a>, ne r\u00e9alise m\u00eame plus que parfois, certains citoyens souhaiteraient comprendre ces d\u00e9cisions. J&rsquo;avais conscience, d\u00e8s le d\u00e9part, que seule une chance infinit\u00e9simale pourrait me voir d\u00e9boucher sur une lacune l\u00e9gale. Bien qu&rsquo;ayant vu durant plus d&rsquo;une ann\u00e9e mon propre service \u00e9mettre des d\u00e9cisions enti\u00e8rement ill\u00e9gales \u00e0 des centaines de personnes, j&rsquo;\u00e9tais conscient que ce type de carence reste assez isol\u00e9. Ce qui ne m&#8217;emp\u00eachait pas de&#8230; vouloir comprendre, simplement. J&rsquo;aurais eu affaire \u00e0 un juriste, l&rsquo;affaire \u00e9tait r\u00e9gl\u00e9e en deux minutes, et chacun aurait repris ses activit\u00e9s le plus naturellement du monde.<\/p>\n<p>Cette longue histoire personnelle pour conclure ceci : cette schizophr\u00e9nie de l&rsquo;assurance ch\u00f4mage pousse ses employ\u00e9s \u00e0 exp\u00e9dier <em>presto<\/em> leurs clients (et non leurs assur\u00e9s). Outre le manque de connaissance juridique de cette dame qui avait tendance \u00e0 la mettre en p\u00e9tard elle-m\u00eame, il ne serait pas \u00e9tonnant que ses responsables lui demandent de ne pas d\u00e9passer un temps maximum avec les clients. Qu&rsquo;il faut que \u00ab\u00a0\u00e7a tourne\u00a0\u00bb, que les deniers publics sont engag\u00e9s en l&rsquo;affaire. Oui, mais si l&rsquo;argent du contribuable est la source de tout financement, serait-il d\u00e9plac\u00e9 d&rsquo;attendre compr\u00e9hension et empathie du service, divulguant une information qui ne tiendrait pas de la faveur accord\u00e9e, mais de la communication entre l&rsquo;Etat et ses citoyens ? C&rsquo;est du moins l&rsquo;image que j&rsquo;ai d&rsquo;un service public. La valeur ajout\u00e9e, le plus propre \u00e0 l&rsquo;Etat : une conscience du r\u00f4le particulier qu&rsquo;il a \u00e0 jouer, un \u00e9change avec les citoyens qui d\u00e9passe le simple transfert p\u00e9cunier.<\/p>\n<p>En somme, voici que les services publics sont soumis \u00e0 la concurrence, et se comportent comme n&rsquo;importe quel acteur priv\u00e9, d\u00e9daignant les d\u00e9biteurs et d\u00e9roulant tapis rouge pour les cr\u00e9anciers. Le concept \u00ab\u00a0d&rsquo;assur\u00e9\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 bout\u00e9 par celui de \u00ab\u00a0client\u00a0\u00bb. Les cadres, source d&rsquo;information plus fiable pour le public, ne prenent m\u00eame pas la peine de se d\u00e9placer pour renseigner les clients : il faut faire du chiffre, et ne pas perdre de temps avec le service apr\u00e8s-(ou pr\u00e9)vente. Si dans le cas de Swisscom c&rsquo;est compr\u00e9hensible, car plus ou moins anonc\u00e9 \u00e0 la population (mais restant condamnable, discutez-en avec un employ\u00e9 du g\u00e9ant bleu), dans le cas des services publics&#8230; c&rsquo;est inacceptable. Et pourtant, c&rsquo;est le monde que le citoyen-contribuable demande \u00e0 l&rsquo;Etat de construire : plus froid, plus dur, et plus rationnel. Plus rentable, mais plus inhumain. C&rsquo;est pas bon signe, \u00e0 mon avis. Reste \u00e0 voir si, les gens qui partagent mon avis en ce moment \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;ex\u00e9cutif de Gen\u00e8ve, vont combattre et inverser ce flux semblant inexorable; rien n&rsquo;est jamais inexorable.<\/p>\n<p>Toujours est-il que, hormis mes plus pos\u00e9s camarades, je ne vois qu&rsquo;une droite aveugl\u00e9e par son id\u00e9ologie de main invisible, r\u00eavant de march\u00e9 tout puissant, qui gagne sans cesse du terrain, et une gauche aux relents de stalinisme-oportunisme, croyant encore qu&rsquo;un service public existe. Esp\u00e9ront que malgr\u00e9 ces deux yeux poch\u00e9s, un semblant de raison \u00e9mergera au milieu.<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"131\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"131\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span 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