{"id":102,"date":"2005-10-04T13:47:01","date_gmt":"2005-10-04T11:47:01","guid":{"rendered":"http:\/\/blog.ikiru.ch\/?p=102"},"modified":"2020-01-25T13:07:21","modified_gmt":"2020-01-25T18:07:21","slug":"le-troma-de-lloyd-kaufman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/2005\/le-troma-de-lloyd-kaufman","title":{"rendered":"Le Troma de Lloyd Kaufman"},"content":{"rendered":"<p>Je ne suis pas du tout un fan de gore. Non, je trouve m\u00eame \u00e7a plut\u00f4t chiant, hormis quelques perles comme <!--imdb-->Evil Dead<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Bad Taste<!--\/imdb-->, et quelques autres qui ne me viennent pas \u00e0 l&rsquo;esprit. N&#8217;emp\u00eache que, \u00e0 force de me dire que c&rsquo;est niais, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien d&rsquo;intelligent, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de tenter de d\u00e9nicher quelques trucs sur le sujet. Et c&rsquo;est l\u00e0 que j&rsquo;ai d\u00e9couvert (il y 3-4 ans maintenant) un certain Lloyd Kaufman, qui se trouve \u00eatre l&rsquo;un des plus grands producteurs de gore aux USA. Il a faillit me faire changer d&rsquo;avis sur le sujet, en particulier lorsqu&rsquo;il parle d&rsquo;Hollywood.<\/p>\n<p><strong>Du Gore!!! De l&rsquo;Humour!!! Du Sexe!!!<\/strong><\/p>\n<p>Tels sont les trois chevaux de bataille de la Troma, doyenne des soci\u00e9t\u00e9s de production ind\u00e9pendantes am\u00e9ricaines. Depuis plus de 30 ans, ces lilliputiens du cin\u00e9ma luttent contre les majors Hollywoodiennes en osant toujours plus, en allant toujours plus loin dans le vulgaire et la Z-erie. Tant et si bien que la petite soci\u00e9t\u00e9 a acquis au fil des ans et des productions (pas loin de 200 films \u00e0 leur catalogue de distributeurs) un statut culte et le soutien de milliers de fans \u00e0 travers le monde.<br \/>\n<!--more--><br \/>\n<strong>Qu&rsquo;est ce que la Troma ?<a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/kauffman-troma.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2118 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/kauffman-troma-150x150.jpg\" alt=\"kauffman troma\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand on regarde un film de la Troma, il ne suffit pas de mettre en veille son incr\u00e9dulit\u00e9 et ses pr\u00e9jug\u00e9s; il faut les boucler \u00e0 double tour dans une cage et les torturer.<br \/>\nMes films tournent autour de th\u00e8mes commun\u00e9ment appel\u00e9s \u00ab\u00a0sexe et violence\u00a0\u00bb par les m\u00e9dias, mais que je d\u00e9finirais plut\u00f4t comme une journ\u00e9e typique dans mon cerveau.\u00a0\u00bb<br \/>\nLloyd Kauffman, 57 ans, p\u00e8re de famille, dipl\u00f4me de Yale, r\u00e9alisateur et co-fondateur et pr\u00e9sident de la Troma <!--imdb-->Surf Nazis Must Di<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Cannibal: The Musical<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Toxic Avenger<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Tromeo and Juliet<!--\/imdb-->&#8230; Ces titres ne vous disent peut-\u00eatre rien. C&rsquo;est un fait, les films de la Troma Team sont peu connus en France et, malgr\u00e9 tout, leur influence est loin d&rsquo;\u00eatre n\u00e9gligeable. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de Sam Raimi (Evil Dead), Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux) ou encore Quentin Tarantino, nombreux sont les r\u00e9alisateurs am\u00e9ricains reconnaissant une dette envers les prolifiques studios Troma, qui ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;en marge d&rsquo;Hollywood, un autre cin\u00e9ma est possible. Plus pr\u00e8s de nous, La Troma peut compter parmi ses d\u00e9fenseurs et ardents supporters des types comme Gaspard No\u00eb (<!--imdb-->Seul contre tous<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Irr\u00e9versible<!--\/imdb-->), Ariel Wizman et Edouard Baer, qui ont jou\u00e9 dans <!--imdb-->Terror Firmer<!--\/imdb-->, ainsi qu&rsquo;Alain Chabat, qu&rsquo;on a souvent vu arborer des T-shirts Troma.<\/p>\n<p>Souvent b\u00eates et m\u00e9chants, et revendiqu\u00e9s comme tels, toujours dr\u00f4les et parfois corrosifs, les films Troma reposent sur trois piliers: femmes en string et en gros seins, gicl\u00e9es d&rsquo;h\u00e9moglobine \u00e0 gogo et humour d\u00e9cal\u00e9 &#8211; de l&rsquo;absurde au burlesque en passant par le scatologique. Pour faire vite, certains disent : sexe, violence et vomi&#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est donc avec ces armes que depuis plus de 30 ans, le studio new-yorkais d\u00e9fie le syst\u00e8me de production hollywoodien et les diktats moralistes impos\u00e9s par les ligues bien pensantes. Face \u00e0 une industrie cin\u00e9matographique si soucieuse d&rsquo;\u00e9radiquer tout risque financier que l&rsquo;innovation est syst\u00e9matiquement sacrifi\u00e9e aux imp\u00e9ratifs de rentabilit\u00e9, la Troma, avec ses budgets ridicules, s&rsquo;affirme comme un \u00eelot de cr\u00e9ativit\u00e9 et d&rsquo;ind\u00e9pendance. Voire comme une v\u00e9ritable avant-garde : sans l&rsquo;aiguillon de Troma, jamais Hollywood n&rsquo;aurait ouvert ses portes aux politiquement incorrects fr\u00e8res Farrelly (Mary \u00e0 tout prix, Fous d&rsquo;Ir\u00e8ne) qui servent aujourd&rsquo;hui au grand public ce qui se faisait chez Troma dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>Mais on ne peut parler longtemps de la Troma sans \u00e9voquer son pr\u00e9sident, Lloyd Kaufman. D\u00e9bordant d&rsquo;\u00e9nergie, obs\u00e9d\u00e9 par la machiav\u00e9lique conspiration de la droite ultra-conservatrice et des majors hollywoodiennes, proche de la sc\u00e8ne punk, cet improbable gentleman new-yorkais presque sexag\u00e9naire est l&rsquo;ambassadeur et le visage de la Troma.<\/p>\n<p><strong>Mais qui est donc Lloyd Kaufman ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s avoir d\u00e9pass\u00e9 les stades d&rsquo;une enfance plut\u00f4t sage et d&rsquo;une pubert\u00e9 pas tout \u00e0 fait explosive que Lloyd Kaufman commence \u00e0 sortir de sa chrysalide conformiste pour se m\u00e9tamorphoser en cette improbable petit \u00eatre qui deviendra au fil des ans le pape de la com\u00e9die \u00e9rotico-gore, le saint homme, trop m\u00e9connu, qui se bat contre l&#8217;emprise d\u00e9l\u00e9t\u00e8re d&rsquo;Hollywood, le d\u00e9licieux gentleman qui se fait ap\u00f4tre de la scatologie sur la Croisette.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tonnant parcours de Lloyd Kaufman sur la voie du succ\u00e8s commence en 1964. Admis \u00e0 la prestigieuse Yale University, Kaufman arrive \u00e0 la fac sans trop vraiment savoir ce qu&rsquo;il vient y faire. Apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre bizarrement d\u00e9cid\u00e9 pour la fili\u00e8re Chinese Studies, il m\u00e8ne quelque temps une vie de patachon sans avenir artistique, aspirant en id\u00e9aliste \u00e0 une respectable carri\u00e8re de travailleur social. C&rsquo;\u00e9tait sans compter l&rsquo;influence d\u00e9cisive de deux de ses camarades de cit\u00e9 U, Robert Edelstein et Eric Sherman. Passionn\u00e9s de cin\u00e9ma, Edelstein et Sherman lui font d\u00e9couvrir les oeuvres de John Ford, Howard Hawks, Renoir, Warhol, Lubitsch, Kurosawa, Sam Fuller et Rossellini, mais \u00e9galement des talentueux Roger Corman et Russ Meyer.<\/p>\n<p>Devenu un lecteur assidu des Cahiers du Cin\u00e9ma, Kaufman investit dans une petite cam\u00e9ra Bolex 16mm noir et blanc, et commence \u00e0 tourner sur le campus. En 1966, son premier chef d&rsquo;oeuvre voit le jour. <!--imdb-->The Girl Who Returned<!--\/imdb-->, com\u00e9die utopique, f\u00e9minine et sportive qui se d\u00e9roule dans un Luxembourg post- apocalyptique, annonce une brillante carri\u00e8re et lui rapporte pr\u00e8s de 100 dollars. Certains sont tout de m\u00eame surpris par son aspect exp\u00e9rimental, un bon quart du film \u00e9tant compos\u00e9 de plans fixes d&rsquo;une fille qui court, et par un montage alternant \u00e9crans noirs de 15 secondes et sc\u00e8nes de corde \u00e0 sauter, rythm\u00e9es par une bande son post-synchro plut\u00f4t b\u00e2cl\u00e9e. Lloyd Kaufman apporte \u00e0 ce sujet un point de pr\u00e9cision tout \u00e0 fait \u00e9clairant : \u00a0\u00bb J&rsquo;ai travaill\u00e9 sous LSD pendant une partie du montage du film et le r\u00e9sultat \u00e9tait plut\u00f4t int\u00e9ressant. Mais pourtant, au final on ne voyait plus aucune diff\u00e9rence entre les passages mont\u00e9s sous acide et les autres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 1970, le jeune Lloyd Kaufman travaille \u00e0 Hollywood en tant qu&rsquo;assistant \u00e0 la production sur les films de John G. Avildsen, le futur r\u00e9alisateur de Rocky (dans lequel il joue d&rsquo;ailleurs un alcoolique). Il se lance dans la r\u00e9alisation avec <!--imdb-->The battle of Love&rsquo;s return<!--\/imdb--> en 1971, dont il assure \u00e9galement le sc\u00e9nario, le r\u00f4le principal et la musique. Son premier film pose d\u00e9j\u00e0 les bases corrosives et d\u00e9cal\u00e9es de ce que sera sa future soci\u00e9t\u00e9 de production TROMA : l&rsquo;histoire est celle d&rsquo;un homme qui tente de s&rsquo;ins\u00e9rer dans la soci\u00e9t\u00e9 en faisant le bien autour de lui mais qui se voit sans cesse injustement accus\u00e9 d&rsquo;agression.<\/p>\n<p>Lloyd Kaufman fonde ensuite \u00ab\u00a0Melody Pictures\u00a0\u00bb, une soci\u00e9t\u00e9 avec laquelle il distribue ses propres films, des productions pornos softs aux titres \u00e9vocateurs : \u00ab\u00a0Nymphoteens\u00a0\u00bb , \u00ab\u00a0My sex rated Life\u00a0\u00bb. Suivent des com\u00e9dies bas\u00e9es sur des faits divers tragiques :\u00a0\u00bbSqueeze Play\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Waitress\u00a0\u00bb, consid\u00e9r\u00e9s comme les premiers vrais films TROMA. La plupart sont r\u00e9alis\u00e9s par Lloyd Kaufman et son ami d&rsquo;enfance, Michael Herz.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, le soleil se l\u00e8ve sur Tromaville, une petite bourgade sympathique peupl\u00e9e de punks d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9s, de bimbos d\u00e9nud\u00e9es et o\u00f9 de gentils \u00e9tudiants se transforment en mutants baveux sous l&rsquo;action de d\u00e9chets radioactifs. Ajoutez \u00e0 cela, sans grande coh\u00e9rence, des t\u00eates arrach\u00e9es, du sexe, un peu de science-fiction, beaucoup d&rsquo;humour potache et vous aurez TROMA, la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 de production fond\u00e9e par Lloyd Kaufman.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/tromaville.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2094 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-content\/uploads\/tromaville-150x150.jpg\" alt=\"tromaville panneau\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a>TROMA, ce sont des films et un univers qui ne ressemblent \u00e0 rien d&rsquo;autre, un espace de libert\u00e9 anarchisant et irr\u00e9v\u00e9rencieux o\u00f9 l&rsquo;on ne respecte rien ni personne : une peinture gore de l&rsquo;Am\u00e9rique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les titres des films parlent d&rsquo;eux-m\u00eames : <!--imdb-->Class of Nuke &lsquo;Em High<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Tromeo and Juliet<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Killer Condom<!--\/imdb-->, <!--imdb-->Surf Nazis Must Die<!--\/imdb--> et bien s\u00fbr <!--imdb-->Toxic Avenger<!--\/imdb--> (super h\u00e9ros Trash devenu en 1985 l&#8217;embl\u00e8me de la soci\u00e9t\u00e9) qui met en sc\u00e8ne Melvin, un concierge laid et ridicule, qui \u00e0 la suite d&rsquo;un s\u00e9jour prolong\u00e9 dans un baril de d\u00e9chets toxiques se transforme en grand monstre vert \u00e0 la puissance physique d\u00e9cupl\u00e9e.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 des d\u00e9buts difficiles, TROMA r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;imposer sur le long terme au sein du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant am\u00e9ricain comme un OVNI incontournable, en r\u00e9ussissant \u00e0 rebondir sans cesse sur l&rsquo;actualit\u00e9: ils r\u00e9alisent ainsi <!--imdb-->Class of Nuke &lsquo;Em High<!--\/imdb--> en pleine psychose Tchernobyl ou sortent <!--imdb-->Tromeo et juliette<!--\/imdb--> en 1996, au moment de la version new look avec Leonardo Di Caprio <!--imdb-->Romeo + Juliette<!--\/imdb-->.<\/p>\n<p>Anti-superh\u00e9ros, anti-hollywood, anti-bon go\u00fbt, les films TROMA participent d&rsquo;une contre-culture dont beaucoup de r\u00e9alisateurs actuels sont les enfants naturels : Kevin Smith, le r\u00e9alisateur de <!--imdb-->Clerks<!--\/imdb--> et du blasph\u00e9matoire <!--imdb-->Dogma<!--\/imdb-->, Peter Jackson, qui r\u00e9alise actuellement \u00ab\u00a0Le Seigneur des anneaux\u00a0\u00bb et qui a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re avec le tr\u00e8s gore <!--imdb-->Bad Taste<!--\/imdb-->, Mike Judge, le cr\u00e9ateur de <!--imdb-->Beavis et Butthead<!--\/imdb-->, et bien-s\u00fbr Trey Parker et Matt Stone, les cr\u00e9ateurs de <!--imdb-->South Park<!--\/imdb--> qui ont d&rsquo;ailleurs d\u00e9but\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9curie TROMA en r\u00e9alisant <!--imdb-->Cannibal ! The Musical<!--\/imdb-->, une com\u00e9die musicale sur le cannibalisme chez les mineurs dans l&rsquo;Oklahoma&#8230;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;avis de Lloyd Kaufman sur les films d&rsquo;Hollywood :<\/strong><\/p>\n<p><!--imdb-->Bloodsucking Freaks<!--\/imdb--> a la r\u00e9putation d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des films les plus choquants de tous les temps. J&rsquo;admets \u00e9prouver moi-m\u00eame un certain malaise en voyant Sardu jouer aux fl\u00e9chettes sur les fesses d&rsquo;une femme. En plus, on dirait que le cadreur devait particuli\u00e8rement en raffoler. Malsain ? Oui, carr\u00e9ment. Franchement d\u00e9gradant ? Peut-\u00eatre. Choquant ?<\/p>\n<p>Par rapport aux films hollywoodiens ? laissez moi rire ! Un avertissement signale le \u00ab\u00a0contenu graphique\u00a0\u00bb de <!--imdb-->Bloodsucking Freaks<!--\/imdb--> : les enfants ne peuvent pas le voir sans la permission de leurs parents.<\/p>\n<p>Par contre, il y a quelques ann\u00e9es, alors que j&rsquo;\u00e9tais dans l&rsquo;avion pour revenir de France avec mes trois filles de 11, 6 et 4 ans, nous avons du supporter la projection de <!--imdb-->Pretty Woman<!--\/imdb-->, \u00e0 peine censur\u00e9. J&rsquo;ai alors r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 quel point les messages de la plupart des films de Hollywood sont bien plus choquants que le sexe et la violence exacerb\u00e9s des films Troma.<\/p>\n<p><em>Cas num\u00e9ro 1 : Pretty Woman<\/em><\/p>\n<p><!--imdb-->Pretty Woman<!--\/imdb--> comporte tr\u00e8s peu des \u00e9l\u00e9ments jug\u00e9s \u00a0\u00bb choquants \u00a0\u00bb par le grand public et la diabolique Motion Picture Rating Association (organisme charg\u00e9 de la censure) : Pas de poils pubiens, ni t\u00e9tons qui pointent, et aucune sc\u00e8ne sanglante du genre qui passe au journal de 20 heures. Bref, aucune de ces horreurs. Et, Dieu merci, on y entend tr\u00e8s peu de grossi\u00e8ret\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;est-ce que <!--imdb-->Pretty Woman<!--\/imdb--> apprend \u00e0 mes trois filles, bien oblig\u00e9es de regarder le film pendant le vol ? Que la vie d&rsquo;une prostitu\u00e9e (et attention pas une call girl de luxe, non, une fille de la rue \u00e0 prix discount), eh bien, c&rsquo;est pas si horrible que \u00e7a apr\u00e8s tout : elle finissent toutes par \u00e9pouser un riche prince charmant un jour ou l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Une discussion tr\u00e8s r\u00e9v\u00e9latrice \u00e0 ce sujet aurait eu lieu pendant la pr\u00e9production de <!--imdb-->Pretty Woman<!--\/imdb-->, alors que la talentueuse actrice Jennifer Leigh passait une audition avec le r\u00e9alisateur Garry Marshall. Alors que Jennifer Leigh venait de faire une lecture du script sur un ton dramatique, Marshall lui demanda si elle pouvait la refaire, cette fois-ci avec plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et un poil d&rsquo;entrain.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0\u00bb plus de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ? \u00a0\u00bb aurait r\u00e9pondu Jennifer Leigh. \u00a0\u00bb Mais cette pauvre femme tire des pipes \u00e0 des sales types sur des parkings pour 5 dollars ! \u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211;\u00a0\u00bb Ouais \u00ab\u00a0, aurait r\u00e9pondu Marshall. \u00a0\u00bb C&rsquo;est s\u00fbr, mais elle a pas fait \u00e7a pendant bien longtemps \u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>Cas num\u00e9ro 2 : Forrest Gump<\/em><\/p>\n<p>Le bien aim\u00e9 (h\u00e9las) <!--imdb-->Forrest Gump<!--\/imdb--> n&rsquo;est pas mal dans le genre non plus. J&rsquo;aime bien d\u00e9finir Troma comme anti-Hollywood, anti-\u00e9lites, anti-Forrest Gump. Evidemment, \u00e7a passe mal avec un certain nombre de gens, dont ma propre \u00e9pouse (pourtant de bon go\u00fbt la plupart du temps), pour lesquels <!--imdb-->Forrest Gump<!--\/imdb--> n&rsquo;est que la touchante histoire du triomphe d&rsquo;un simple d&rsquo;esprit.<\/p>\n<p>Mais, en r\u00e9alit\u00e9, qu&rsquo;est-ce que nous raconte ce film ? <!--imdb-->Forrest Gump<!--\/imdb--> agit exactement comme la soci\u00e9t\u00e9 et le gouvernement lui disent de se comporter. Il ne fait qu&rsquo;ob\u00e9ir aux ordres, puis devient un h\u00e9ros de la guerre du Vietnam, et rencontre des pr\u00e9sidents des Etats Unis. Il est champion du monde de ping-pong, et devient multi-milliardaire, tout \u00e7a sans aucun effort. Sa vie est en opposition totale avec celle de la femme dont il est cens\u00e9 \u00eatre amoureux, jou\u00e9e par Robin Wright. Cette jeune femme, ind\u00e9pendante, proche de la culture underground, engag\u00e9e contre la guerre du Vietnam, finit par mourir du SIDA. La le\u00e7on que ce film donne \u00e0 notre jeunesse est tout \u00e0 fait remarquable : NE PENSES PAS PAR TOI-M\u00c3\u0160ME. AGIS COMME LE TROUPEAU. OBEIS A BIG BROTHER, SURTOUT SI TU ES UNE FEMME, SINON TU ATTRAPERAS LE SIDA ET TU FINIRAS PAR CREVER.<\/p>\n<p><!--imdb-->Forrest Gump<!--\/imdb--> a remport\u00e9 six Academy Awards, dont celui du Meilleur Film.<\/p>\n<p><em>Cas num\u00e9ro 3 : G\u00e9n\u00e9ration 90<\/em><\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ration 90 (<acronym title=\"as known as\">aka<\/acronym> <!--imdb-->Reality Bites<!--\/imdb-->), film interdit aux moins de 13 ans. Une jolie petite fable moderne, l&rsquo;histoire d&rsquo;une jeune fille qui pr\u00e9f\u00e8re l&rsquo;intelligence aux apparences.<\/p>\n<p>Winona Ryder (je-minaude-pour-compenser-mon-jeu-inexistant) est l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne ; elle doit se d\u00e9cider entre deux amoureux. Le premier est jou\u00e9 par Ben Stiller (qui, \u00f4 surprise, est aussi le r\u00e9alisateur) qui bosse pour une cha\u00eene t\u00e9l\u00e9 dans le genre MTV. Malheureusement, il se livre \u00e0 une activit\u00e9 totalement abhorr\u00e9e dans ce film : il travaille pour payer son loyer. Stiller traite Winona avec gentillesse, tendresse et g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et lui propose m\u00eame d&rsquo;abandonner son boulot pour se consacrer enti\u00e8rement \u00e0 elle. Stiller est donc le MECHANT du film. Le GENTIL est incarn\u00e9 par ce connard de Ethan Hawke. Ethan est un branlo qui se la p\u00e8te. Il lit du Heidegger au resto, la page de titre bien en vue. Il ne montre jamais ses sentiments, et passe son temps \u00e0 se foutre de la gueule de Winona, remettant en cause son intelligence et ses d\u00e9cisions. Il est cruel, mais cool. Vers la fin du film, alors qu&rsquo;il joue sur sc\u00e8ne avec son groupe de rock, Winona entre dans le bar. L\u00e0, il se met \u00e0 chanter que Winona, c&rsquo;\u00e9tait juste pour le cul en fait. Et \u00e0 la fin, Winona lui roule une pelle \u00e0 cette grosse merde. Au fait, c&rsquo;est cens\u00e9 \u00eatre un happy ending. Et oui, parce que Ethan est un mec profond.<\/p>\n<p>Ce film est une fable post-moderne : SOIS COOL ET TU TE TAPERAS TOUTES LES FEMMES. Il affirme aussi : LIS DES PHILOSOPHES A LA MODE DANS DES LIEUX PUBLICS ET TU DEVELOPPERAS AUTOMATIQUEMENT UNE INTELLIGENCE DIGNE DE BERNARD PIVOT.<\/p>\n<p>En bref\u2026Contrairement \u00e0 <!--imdb-->Bloodsucking Freaks<!--\/imdb-->, tout \u00e0 fait honn\u00eate quant \u00e0 son contenu plut\u00f4t d\u00e9gueulasse, ces films tentent d&rsquo;imposer subrepticement une fa\u00e7on de penser qui sert les int\u00e9r\u00eats de la classe dominante.<\/p>\n<p>Pour parler dans un langage cod\u00e9, comme le font ces films, je dirais que j&rsquo;esp\u00e8re que ces r\u00e9alisateurs mourront comme il se doit, c&rsquo;est \u00e0 dire d&rsquo;une h\u00e9morragie interne provoqu\u00e9e par l&rsquo;insertion d&rsquo;une pompe \u00e0 v\u00e9lo dans leur mignon petit ur\u00e8tre. Apr\u00e8s tout, il le m\u00e9ritent.<\/p>\n<p>Et dire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque certains d&rsquo;entre eux ont probablement manifest\u00e9 contre la guerre du Vietnam&#8230;<\/p>\n<p>Sources : <a title=\"canalplus\" href=\"http:\/\/www.canaplus.fr\">Canalplus.fr<\/a>, Site officiel <a title=\"site officiel de la Troma en Franche\" href=\"http:\/\/tromafrance.free.fr\">troma<\/a> en France<\/p>\n<div class=\"pld-like-dislike-wrap pld-template-1\">\r\n    <div class=\"pld-like-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-like-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Super article!\" data-post-id=\"102\" data-trigger-type=\"like\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-up\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-like-count-wrap pld-count-wrap\">0    <\/span>\r\n<\/div><div class=\"pld-dislike-wrap  pld-common-wrap\">\r\n    <a href=\"javascript:void(0)\" class=\"pld-dislike-trigger pld-like-dislike-trigger  \" title=\"Pas terrible...\" data-post-id=\"102\" data-trigger-type=\"dislike\" data-restriction=\"cookie\" data-already-liked=\"0\">\r\n                        <i class=\"fas fa-thumbs-down\"><\/i>\r\n                <\/a>\r\n    <span class=\"pld-dislike-count-wrap pld-count-wrap\">0<\/span>\r\n<\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je ne suis pas du tout un fan de gore. Non, je trouve m\u00eame \u00e7a plut\u00f4t chiant, hormis quelques perles comme Evil Dead, Bad Taste, et quelques autres qui ne me viennent pas \u00e0 l&rsquo;esprit. N&#8217;emp\u00eache que, \u00e0 force de me dire que c&rsquo;est niais, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien d&rsquo;intelligent, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de tenter de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":2118,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"ocean_post_layout":"","ocean_both_sidebars_style":"","ocean_both_sidebars_content_width":0,"ocean_both_sidebars_sidebars_width":0,"ocean_sidebar":"","ocean_second_sidebar":"","ocean_disable_margins":"enable","ocean_add_body_class":"","ocean_shortcode_before_top_bar":"","ocean_shortcode_after_top_bar":"","ocean_shortcode_before_header":"","ocean_shortcode_after_header":"","ocean_has_shortcode":"","ocean_shortcode_after_title":"","ocean_shortcode_before_footer_widgets":"","ocean_shortcode_after_footer_widgets":"","ocean_shortcode_before_footer_bottom":"","ocean_shortcode_after_footer_bottom":"","ocean_display_top_bar":"default","ocean_display_header":"default","ocean_header_style":"","ocean_center_header_left_menu":"","ocean_custom_header_template":"","ocean_custom_logo":0,"ocean_custom_retina_logo":0,"ocean_custom_logo_max_width":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_width":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_width":0,"ocean_custom_logo_max_height":0,"ocean_custom_logo_tablet_max_height":0,"ocean_custom_logo_mobile_max_height":0,"ocean_header_custom_menu":"","ocean_menu_typo_font_family":"","ocean_menu_typo_font_subset":"","ocean_menu_typo_font_size":0,"ocean_menu_typo_font_size_tablet":0,"ocean_menu_typo_font_size_mobile":0,"ocean_menu_typo_font_size_unit":"px","ocean_menu_typo_font_weight":"","ocean_menu_typo_font_weight_tablet":"","ocean_menu_typo_font_weight_mobile":"","ocean_menu_typo_transform":"","ocean_menu_typo_transform_tablet":"","ocean_menu_typo_transform_mobile":"","ocean_menu_typo_line_height":0,"ocean_menu_typo_line_height_tablet":0,"ocean_menu_typo_line_height_mobile":0,"ocean_menu_typo_line_height_unit":"","ocean_menu_typo_spacing":0,"ocean_menu_typo_spacing_tablet":0,"ocean_menu_typo_spacing_mobile":0,"ocean_menu_typo_spacing_unit":"","ocean_menu_link_color":"","ocean_menu_link_color_hover":"","ocean_menu_link_color_active":"","ocean_menu_link_background":"","ocean_menu_link_hover_background":"","ocean_menu_link_active_background":"","ocean_menu_social_links_bg":"","ocean_menu_social_hover_links_bg":"","ocean_menu_social_links_color":"","ocean_menu_social_hover_links_color":"","ocean_disable_title":"default","ocean_disable_heading":"default","ocean_post_title":"","ocean_post_subheading":"","ocean_post_title_style":"","ocean_post_title_background_color":"","ocean_post_title_background":0,"ocean_post_title_bg_image_position":"","ocean_post_title_bg_image_attachment":"","ocean_post_title_bg_image_repeat":"","ocean_post_title_bg_image_size":"","ocean_post_title_height":0,"ocean_post_title_bg_overlay":0.5,"ocean_post_title_bg_overlay_color":"","ocean_disable_breadcrumbs":"default","ocean_breadcrumbs_color":"","ocean_breadcrumbs_separator_color":"","ocean_breadcrumbs_links_color":"","ocean_breadcrumbs_links_hover_color":"","ocean_display_footer_widgets":"default","ocean_display_footer_bottom":"default","ocean_custom_footer_template":"","ocean_post_oembed":"","ocean_post_self_hosted_media":"","ocean_post_video_embed":"","ocean_link_format":"","ocean_link_format_target":"self","ocean_quote_format":"","ocean_quote_format_link":"post","ocean_gallery_link_images":"on","ocean_gallery_id":[],"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[1446],"class_list":["post-102","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema","tag-cinema","entry","has-media"],"aioseo_notices":[],"language":"fr","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=102"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/102\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2118"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=102"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=102"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.jcvignoli.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=102"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}